Caisson de recompression mobile

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Caisson de recompression mobile

Message par CPIO le Sam 16 Nov 2013 - 1:02

Comme évoqué à la rubrique relative aux moyens techniques, l'arrivée de ces caissons de recompresssion mobile sur remorque a donné lieu à quelques anecdotes amusantes.

A l'arrivée des deux premiers exemplaires de ces caissons à l'Ecole de Plongée de La Valbonne, j'assure entre autre chose, les fonctions de patrons de la section technique et expérimentation de l'EPAT. Je suis secondé par l'A/C G..... de l'ABC et l'Adj Jean H....... du Génie.

Nous sommes en fin 75 ou début 76, et nous sont livrés à l'EPAT deux caissons multiplace mobile sur remorque Banse.
Découverte de la bête, étude du manuel technique. Mais la dedans il y a deux choses différentes: le caisson et la remorque. Si le caisson ne nous pose pas de problème, la remorque oui. C'est une remorque à freinage par air comprimé. Donc il faut un véhicule tracteur avec un dispositif de freinage compatible. L'EPAT est doté de SIMCA 4X4 et 4X2 comme toutes les Cie du régiment sauf la 25éme Cie.
Nous rendons compte au commandant de l'Ecole de plongée, Le Cdt B.........., un homme haut en couleur.
Il n'est pas question de transférer deux GBC tout neufs de la 25 à l'EPAT. Donc l'info remonte les tortueux échelons hiérarchiques de l'Arme pour redescendre au final par le canal de l'ERM de Lyon.
Le Cdt B.....m'annonce tout joyeux que deux camions nous sont affectés, il nous suffit d'aller les prendre en compte à l'ERM.
Nous voilà parti avec l'A/C G........ Quelle surprise en arrivant. Nous découvrant deux monstres antiques, rutilant certes car nos amis du matériel ont appliqué une vielle méthode de la Marine: peinture sur Merde = Propreté: deux camions SAVIEM à moteur dit fainéant (car moteur à plat positionné sous la caisse). Ils ne sont même pas bâché, ni la caisse ni la cabine, celles ci toutes neuves sont pliées dans la caisse.
Formalités accomplies nous prenons la route de la Valbonne et faisons une arrivée remarquée à l'Ecole avec nos antiquités.
Dés le lendemain, nous voulons faire des essais d'attelage et de traction de l'ensemble. Mais arrivé au garage, nos deux SAVIEM ne veulent rien savoir, pas moyens de les mettre en route. Donc nous allons emprunter des câbles, pontage avec un SIMCA et ce joyeux cirque va durer plusieurs jours sans dépasser le périmètre des hangars du camp, pour ceux qui connaissent La Valbonne il y à de quoi tourner. Avec G..... nous découvrons par la même occasion qu'il existe un dispositif appelé prépondérance au freinage, en clair dans un attelage, il est préférable que l'essieux le plus en arrière bloque avant les essieux avants. Après avoir vu deux ou trois fois la remorque et le précieux caisson se mettre en travers nous sommes allés voir les petits copain de 2B qui nous ont expliqués.
Bref après je ne sais combien de temps, le problème de démarrage des camions persiste et  ils ne sont pas adaptés pour tracter ces remorques modernes à l'époque. Donc un rapport remonte vers le haut pour redescendre quelques temps plus tard et nous annoncer la venue d'une commission ou d'une équipe composée d'Officiers et de Sous Officier (bien sur spécialisés et compétents) du Matériel et du Génie, qui bien sur va statuer sur le devenir des deux bahuts.

Le commandant B....... souhaite que tout soit parfait pour la venue de ces "experts".
Le jour dit, alors que le patron de l'EPAT accueille ces gens là, avec l'A/C G......... nous sommes aux hangars pour mettre les camions en route. Prudent, nous avons mis les batteries en charge la veille.
Ils ne veulent rien savoir, pas moyens de démarrer, et nous n'avons plus les câbles (je ne sais plus pour quelles raisons) pour faire un pontage, technique que nous avions toujours employées.
Donc au grands maux les grands remèdes. L'A/C G...... positionne un SIMCA devant le SAVIEM et  deux élingues sont accrochées à deux espèces de queues de cochon en tire-bouchon qui se trouvent sous le pare-chocs avant du SAVIEM.
Et en avant c'est parti sur les grandes allées bétonnées entre les hangars.  Sous la traction fougueuse du SIMCA, le SAVIEM finit par démarrer. A cet instant le Cdt B.... arrive avec la délégation, mais absorbé par nos problèmes nous ne les voyons pas.
Au volant du SAVIEM, je fais signe à G........ que c'est OK et au même instant je pense au fait que les bouteilles d'air sont vides, donc pas de frein. Je fais signe à G...... et lui aussi a compris et  il accélère  pour éviter que nous nous percutions; Les deux élingues se tendent, il y a un choc, un craquement sinistre et comme dans les films comiques, je vois le SIMCA partir avec le pare-chocs et un bout de la calandres du SAVIEM. Une fois arrêté, je me lève (nous n'avions jamais mis la bâche sur la cabine) et par dessus le pare-brise, constate l'ampleur du désastre et les regards étonnés de la délégation que je découvre.
Je descend de la cabine et bien que n'ayant jamais été d'une nature soucieuse et inquiète, je m'attend quand même à être qualifié de quelques noms d'oiseaux.
Et bien non, le LcL du Matériel qui menait l'ensemble nous à regarder avec un fin sourire, n'en revenait pas que l'on puisse encore trouver de telles antiquités. L'atmosphère a été instantanément moins pesante et les braves camions ont été reversés.

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Sur cette photo du SAVIEM, on observe au niveau de la caisse un décochement, visible aussi au niveau de la bâche. C'est sous la caisse, en partie avant que se trouvait le moteur, un 18 cylindres à plats. D'où le surnom de SAVIEM à moteur fainéant.


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Re: Caisson de recompression mobile

Message par KRAL DOMINIQUE le Sam 16 Nov 2013 - 2:37

bonjour GILLES,
ton anecdote résume bien la problématique de l'armée française quant au matériel et les bastions que se créent certains pour ne pas les affecter à bon droit; mais bon ça fait bien marrer tellement c'est burlesque .
1 petit détail cependant,vu l'age de l'antiquité que tu nous présentes ,ce n'est pas un SAVIEM ,dont le premier sorti à cette marque doit dater de 1957 ,ton truc( et pas ton truck) est bien un RENAULT des années 50 .Pour une antiquité c'était une antiquité . ci dessous lien sur l'historique des camions Renault on croit bien reconnaitre le tien en version civile dit le fainéant de 1950  .
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Et alors au bout du compte vous avez touché quoi?
En voyant tes photos je revois bien le dispositif sur remorque des ploufs du 10 en 1985 .Cordialement
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Re: Caisson de recompression mobile

Message par CPIO le Sam 16 Nov 2013 - 4:23

Bonjour Dominique,

Oui tu as raison, ce SAVIEM est bien un camion qui date de 1950. Inadapté à notre besoin, nous nous sommes vu doté de GBC 8KT pour tracter cet ensemble caisson remorque.
Je me souviens de quelques chiffres en ce qui concerne le GBC, 80 et quelques graisseurs, mais surtout un moteur de 5 cylindres en ligne  ne développant que 125CV. Donc un manque de pêche dans les côtes et un important fumée très noire.

Pour ce qui me concerne, lors de mon passage à l'équipe SAF des 33 et 32 RG, outre les plongées fictives, ce caisson servait au portes ouvertes, foires expo et autres présentations.

3 courtes anecdotes relatives à ces fonctions représentatives  de notre beau matériel.

Nous sommes demandés pour les portes ouvertes d'un Régiment de Cavalerie (AMX30T), je ne sais plus si c'était Reutlingen ou Tübingen (je penserai plutôt pour le second). Pour ce faire, en partant de Kehl, il faut franchir la Forêt Noire en passant par le col du Kneibis à une altitude d'environ 1000m. Par une belle journée de juin, un vendredi, notre petit convoi se présente en bas du col (1jeep, une ambulance TP3 et le GBC 8KT plein ras la gueule et avec le caisson en remorque). Nous attaquons la grimpé (14 Km), le Sgt D... est  au volant. Force est de constater que notre brave camion va grimper, mais à quelles conditions: dans les parties les plus raide, nous sommes en première, le chauffeur se sert de l'accélérateur à main et les vitres du pare-brise sont relevées car la chaleur ambiante cumulée à celle du moteur nous étouffons. Comble de l'ironie, nous nous sommes fait doubler par un cyclistes, sans doute excellent sportif, mais cyclistes quand même.

Une autrefois, dans le cadre de la foire internationale de Strasbourg, nous animions un stand.  Un Alsacien d'un âge certain, qui avait sans doute sévit sur la ligne Maginot, explique à ces petits enfants et à ceux qui l'accompagnaient, avec bien sur un accent très prononcé et en désignant le caisson, qu'il se rappelait très bien de cet engin: le DEPOUILLEUR. Expliquant que les soldats rentraient d'un coté et ressortaient de l'autre débarrassés de la vermine. Nous avons eu du mal à rester Zen.


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Ces deux photos ont été prises à la foire expo de Strasbourg. Sur la première tout à fait à droite on devine le caisson, j'ai mis la seconde pour le magnifique scaphandre "pieds lourds", un équipement d'un autre temps.



Une petite dernière. A la section SAF, nous organisions souvent des pots relativement musclés pour entretenir de bonne relation avec les autre unités ou service du Régiment.
Donc en fin de journée, sans doute un vendredi, apéritif/brochette. Parmi les invités  le Médecin Capitaine M........
Nous avions mis en place le caisson et proposons à ceux qui le souhaitent,  une plongée en caisson à 30m, avec toute les précautions d'usage.
Donc j'entre dans le caissons avec deux ou trois volontaires, dont le médecin Capitaine qui est en tenue de sortie. Une fois les 30m atteint, je leur dis que pour eux ça va être une grande première, ils vont déguster par une pression de 4kg/Cm2 une brochette et un verre de coca. Nous passons tous ça par le SAS médicament et nos invités dégustent leur brochette et boivent leur verre. Les plongeurs présent nous nous en gardons bien. Après une dizaine de minutes à 30m, nous attaquons la décompression, à la limite de la vitesse haute de remonté. Le résultat ne c'est pas fait attendre: le coca quand il est comprimé à 4Kg et que subitement on revient à la pression atmosphérique, ça fait de très très grosse bulles. Et donc de très très grosse tâches sur la belle veste du médecin Capitaine.


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Re: Caisson de recompression mobile

Message par Admin le Sam 16 Nov 2013 - 5:41

Merci Gilles pour ces explications et surtout pour ces anecdotes croustillantes. Traînant souvent avec les plongeurs, je me souviens que cette tradition de comique s'est transmise de génération en génération, mais dans les cies de franchissement aussi ça rigolait bien.

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Re: Caisson de recompression mobile

Message par KRAL DOMINIQUE le Sam 16 Nov 2013 - 6:08

bonsoir GILLES ,mais c'est qu'on sait se marrer chez les PLOUFS !!!! Entre nous le PITAINE MEDECIN ,il c'est fait avoir comme un bleu ,c'était à prévoir ce coup là surtout pour un toubib,j'espère qu'il était plus efficace que futé .
cordialement

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Message par joe 13/4 le Sam 16 Nov 2013 - 6:21

Bonjour à toutes et à tous.
Bonjour Gilles.

Le IIéme cuir (Cardinal Duc), était stationné à Reutlingen, à Ypern ( Ypres) Kaserne.

Salutations!

Nota: la monté du Kniebis était encore plus redoutable l'hiver.
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Re: Caisson de recompression mobile

Message par CPIO le Sam 16 Nov 2013 - 8:45

Bonsoir Joe 13/4

Ce dont je me souviens est que la ville ou nous sommes allés, était je crois la ville natal du Maréchal Rommel ou avait un lien avec lui.

Par ailleurs tu as raison le col du Kniebis l'hiver, c'était quelque chose. Il y avait là haut une petite station ou il m'arrivait d'aller skier. Toutefois à l'époque, les services de la voirie Allemande étaient meilleurs que notre DDE dans le dégagement d'itinéraire, ce qui n'est pas difficile.

Bonne soirée

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Kniebisdorf

Message par joe 13/4 le Sam 16 Nov 2013 - 12:24

Bonsoir tous ;
Re : Gilles.

Cette station de ski comportait surtout un restaurant où, en plein hiver, et complètement gelé, je me suis arrêté un jour engloutir une large portion de soupe aux pois et au lard, après avoir grimpé le col à bord d’une méhari que j’amenais à Tübingen.
Je ne sais pas si le Mal Rommel est natif de Reutlingen, mais son fils à été arrêté à Stuttgart par les gars de la 5éme DB en avril 45, et aussitôt libéré. Sur ordre express du général commandant la division ; Mr Schlesser, je crois
Herr Rommel fils a été longtemps bourgmestre de Stuttgart.
Bacchus m’a raconté qu’étant enfant, il avait bien connu Mme Rommel. Mais je ne sais plus où ; si je l’ai su.
Comme il est sur le forum, peut être nous en dira t il plus.


Cordialement.

PS : Je dévie un peu du sujet, les PAF. J’espère que l’on ne m’en voudra pas. Par contre, je crois être dans l’adaptation des moyens mécaniques aux missions du sapeur.
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Re: Caisson de recompression mobile

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