Chronique des franchissements du Rhin en mars et avril 1945

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Chronique des franchissements du Rhin en mars et avril 1945

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 3:06

Chroniques des franchissements du Rhin en mars et avril 1945


A l’occasion du 70e anniversaire des franchissements du Rhin en mars et avril 1945, je vais essayer de reconstituer l’ensemble des opérations de franchissement du Rhin des armées alliées.

Ce sujet a certes déjà été abordé et je vous ai déjà fait un post sur le franchissement de Remagen. Toutefois, si je dispose d’une documentation assez complète sur les franchissements de la 1ère Armée française, j’ai encore pas mal de lacunes sur les autres armées alliées. Par ailleurs, de nombreuses photographies ne comporte ni date ni lieu ; cela prendra un peu de temps pour essayer de repérer le point de franchissement concerné. D’autres photos comme celles du franchissement d’assaut de Germersheim, ont en majorité été prises lors des diverses reconstitutions. C’est pour cette raison que ma chronique ira au-delàs de 1945 pour aborder également ce sujet.

Compte tenu que je me permettrais de compléter ultérieurement les différents sujets, je vais rédiger ce sujet sous forme de chronique qui me permettra de procéder plus facilement à des ajouts et / ou à des corrections ultérieures. Aussi je vois conseille de relire de temps en temps les modifications que j’essayerai de vous indiquer.

Le franchissement du Rhin par les armées alliées est un symbole très fort : Il s’agit par cette opération de pénétrer au cœur du Reich allemand et de franchir une coupure de grande largeur, avec un fleuve dont les crues sont violentes, et des troupes allemandes qui dès fois défendent âprement leur territoire. Tout au long du récit, vous constaterez l’immense différence des moyens matériels entre celles des troupes britanniques, canadiennes et américaines, et les maigres moyens de la Ire armée française. Par ailleurs, j’essaye de compléter les opérations de franchissement par d’autres informations comme les opérations aériennes et les témoignages qui permettront de se faire une idée du contexte.

Initialement je souhaitais publier chaque jour du 70e anniversaire le texte des événements correspondant. Malheureusement la recherche des informations et la traduction des différents documents anglais et allemands ont pris un peu plus de temps que prévu. Naturellement vous pouvez également compléter ce récit sous réserve de ne traiter que les opérations publiées, de telle sorte que pour les lecteurs, la chronologie des événements reste clair et concis.  


Chroniques des franchissements du Rhin des mois de mars et avril 1945


La préparation des franchissements du Rhin automne 1944 et hiver 1944-1945


Après les débarquements en Normandie et en Provence les Alliés sont conscient que pour atteindre le cœur de l’Allemagne il faudra inévitablement passer par un obstacle majeur, le Rhin. En automne 1945, Hitler ordonne un repli général derrière le Rhin tout en demandant une défense ferme pour empêcher les Alliés d’atteindre le cœur du territoire allemand. Le général D. Eisenhower commandant en chef des forces Alliées en Europe de l’ouest, demande aux armées américaines, canadiennes, britanniques et françaises et placées sous ses ordres d’attaquer l’ennemi sur toute la ligne de la mer du Nord à la frontière suisse. L’attaque au-delà du Rhin ne devait être lancée que lorsque toutes les forces auraient atteintes la rive gauche.


Préparation des armées alliées du front de l’Ouest


Même si Berlin demeurait la cible finale de la poussée alliée, on n’ignorait pas au G.Q.G. des armées alliées que l’obstacle essentiel était le Rhin. Avant la capitale de l’Allemagne, il fallait franchir ce fleuve-barrière qui risque de bloquer toute avance des armées alliées. La région industrielle de la Ruhr devient ainsi pour l’état-major d’Eisenhower le but le plus pratique à atteindre dans la percée vers le centre de l’Allemagne. En isolant cette région, les Alliés réduiraient à néant l’effort des troupes allemandes. Les plans initiaux du G.Q.G. allié prévoyaient deux attaques principales contre l’Allemagne : l’une constituée par le XXIe groupe d’armées de Montgomery, qui au nord avancerait à travers la Belgique vers la Ruhr et l’Allemagne du Nord et l’autre, avec le XIIe groupe d’armée du général Bradley, qui au sud, passerait au sud des Ardennes pour s’emparerait de la Sarre et remonter vers le nord-est pour contribuer à l’encerclement de la Ruhr.

Après le débarquement de Normandie, Montgomery suggéra de foncer directement sur l’Allemagne en passant le Rhin en Hollande. Le commandant en chef, le général Eisenhower est plus réaliste et se contenta d’autoriser l’opération « Market Garden » à Arnhem. Ce fut un échec car les Anglais ne peuvent traverser le Rhin inférieur et subirent des pertes sévères.

Entre temps l’hiver s’installe et les Allemands déclenchent la contre-offensive des Ardennes, puis l’offensive « Nordwind » au Nord de l’Alsace et les alliées rencontrent des problèmes logistiques compte tenu de l’éloignement des ports. Il faudra attendre que les ports soient remis en état et surtout que le port d’Anvers soit pris pour que la situation s’améliore afin que l’acheminement des vivres, des munitions et du carburant puisse être assuré pour les quelques soixante divisions alliées qui avançaient vers les frontières du IIIe Reich. L’état-major allié se remit à penser au passage du Rhin et à combiner des plans.


Préparation des personnels


Troupes britanniques et canadiennes.


Compte tenu de l’échec d’Arnhem, le maréchal Montgomery avait pris soin cette fois de bien se préparer au nord. Montgomery avait à sa disposition 1 250 000 hommes et la préparation des opérations de franchissement du Rhin ressemblait au débarquement en Normandie par l’ampleur des moyens mis en œuvre.
La IIe armée britannique de Dempsey se préparait solidement à franchir le fleuve et, depuis de nombreux mois, des spécialistes du Génie et de l’Artillerie conféraient pour trouver des solutions viables. Dès novembre 1944, des unités reçurent un entraînement spécial pour un débarquement amphibie.
Montgomery contrôlait donc trois armées : la canadienne de Crerar, la britannique de Dempsey et l’américaine de Simpson.


Troupes américaines.


Les Américains vont former et spécialiser des unités pour les opérations de franchissement de cours d’eau. Elles assureront d’ailleurs la plupart des franchissements de la Normandie au Rhin. Je les évoquerais directement dans le récit des différentes opérations.


Préparation du matériel



Troupes britanniques et canadiennes.


La Royal Navy fournie 26 types d’embarcations différentes et emmène les équipages et les moyens techniques nécessaires à faire passer le Rhin aux soldats et aux véhicules. La IIe armée possédait 60 000 tonnes de munitions, 30 000 tonnes de matériel de Génie et 28 000 tonnes d’approvisionnements divers. La IIe armée de Dempsey se voit dotée de 24 péniches de chaque type, et à la Ire de Crerar de 12 péniches. Certaines embarcations mesuraient 16 mètres de long, et leur acheminement par les petites routes belges et hollandaises entraîne de nombreuses difficultés. Il fallait également démonter et acheminer les remorqueurs de 12 mètres, qu’on appelait « mules de mer », et qui étaient dotés de deux moteurs. Pour améliorer le flux logistique, le maréchal Montgomery fait construire huit ponts supplémentaires sur la Meuse.


Troupes américaines.


Le général Eisenhower avait réuni à son Q.G. les spécialistes de toutes les armes concernées par les opérations de franchissement des fleuves. La première question qui se posait est celle des stocks d’embarcations et de matériels de pontage pour faire passer le Rhin aux Alliés. Il dut en effet demander des secours à Washington. Pour assurer les flux logistiques on estimait que chaque division nécessitait 540 tonnes quotidiennes de ravitaillement qu’il faudra faire passer de l’autre côté du Rhin !


Concentration des moyens au cours des mois de février et mars 1945


Au fur et à mesure que la date des opérations de franchissement s’approchait, le terrain se préparait pour les passages envisagés. Les effectifs des sapeurs des armées britanniques et américaines sont colossaux : 22 000 sapeurs américains et 37 000 britanniques s’étaient occupés aux travaux de génie préparatoire. L’artillerie également préparait l’appui feu et la protection anti-aérienne avec 5 500 pièces : canons antiaériens, antichars et lance-roquettes. On planifiait de savants camouflages par un épais rideau de fumée artificielle. Il fallait donc procéder au stockage des munitions destinées à ce soutien. Progressivement, les rives du Rhin une fois libérée, prenaient un aspect inaccoutumé, avec tout un attirail de guerre amphibie qui rappelait aux troupes leur débarquement du 6 juin 1944.
Enfin, pour préparer l’assaut final, les forces aériennes pilonnaient systématiquement la Ruhr, visant surtout les ponts routiers et ferroviaires, les usines, les centres de communication et les sites de production de carburant synthétique.
On constate toutefois que cette préparation ne concernait pas la Ire armée française. Dans les plans initiaux devaient se contenter de garder la rive gauche du Rhin, en Alsace de la frontière suisse à Lauterbourg et lorsqu’elle sera autorisée à franchir le Rhin, il faudra en toute urgence trouver le matériel adéquat. Mais heureusement que le général Dromard commandant le Génie de la Ire armée française avait pris des dispositions.


Préparations de la 1ère armée française


Le matériel de pontage


Avant le débarquement en Italie et en Provence, le corps expéditionnaire français qui devient la Ire armée française est équipé de matériel américain et équipé conformément à la dotation des unités américaines. Néanmoins, le franchissement d’une coupure comme le Rhin demande des moyens et un entraînement conséquent.
Le Génie de la Ire armée française avait pris ses précautions. Dès le 7 septembre 1944 à Mâcon, le général Dromard avait fait commander, par le colonel Cressain, aux chantiers français, un matériel de pontage destiné à franchir le Rhin. Faute de pouvoir faire fabriquer un matériel de force portante supérieure, on s’était contenté de 600 m de ponts de 10 tonnes. Ce pont s’inspirait d’ailleurs de l’ancien pont français 1935, mais, étant donné la situation de notre industrie, on avait dû remplacer le bateau en duralumin par un support flottant en acier divisible en deux parties.


L’entraînement du personnel


Les unités du 101ème régiment du génie avaient été informées depuis septembre 1944 qu’elles seraient désignées pour conduire un éventuel d’assaut sur le Rhin. Elles ont été spécialement entraînées aux franchissements à Estressin (école américaine) sur le Rhône, puis sur le Doubs.
Mais lorsqu’arrive l’heure de la mise en œuvre fin mars 1945, on constate que les compagnies ont déjà perdu tous les personnels des classes anciennes et doivent recevoir d’autres propulsistes à venir d’unité non engagées ce qui entraînera quelques difficultés lors de la mise en œuvre.


Sources


Collectif d’auteurs : plaquettes édité par le 1er RG à l'occasion de l'exposition sur le franchissement du Rhin de 1945.
Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Général Perdu : corrections du texte pour l’exposition du 1er RG sur le franchissement de Germersheim (2005 environ).

Après cette partie introductive concernant la préparation des opérations de franchissement nous passons à la chronique journalière à partir du mois de janvier 1945.


Dernière édition par MJR le Jeu 9 Juil 2015 - 1:37, édité 1 fois

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Chroniques des franchissements du Rhin : janvier 1945

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 3:11

CHRONIQUE DES FRANCHISSEMENT DU RHIN EN 1945


Dernière mise à jour : 28 mars 2015



Janvier 1945



Au travers de quelques villes des rives du Rhin que j’ai choisies, vous allez vous apercevoir du harcèlement et de la destruction systématique des voies de communication, de l’industrie et des villes.


Mercredi 3 janvier 1945

Allemagne, Germersheim, Maximiliansau, Mannheim : bombardement de jour.
La 8e US Air-Force effectue le 3 janvier 1945 un bombardement de jour avec pour objectif les gares de triage et les ponts du Rhin. Il s’agit de la mission n°791 comportant 958 bombardiers et 469 chasseurs d’escorte. A côté des cibles comme Mayence, Worms et Kaiserslautern, le 3e groupe comportant 315 bombardiers B17 et 77 chasseurs d’escorte qui sont envoyés en direction de Germersheim, Maximiliansau et Mannheim.
Le pont ferroviaire de Germersheim est bombardé avec 71 bombes grâce au système de navigation Gee-H. Le pont ferroviaire de Maximiliansau est traité avec 159 bombes, et les ponts routiers et voies ferrés de Mannheim avec 76 bombes. Un des bombardiers a été dérouté sur un objectif de rechange.
Bilan : 5 B17 perdus, 4 B17 endommagés et irréparables et 9 B17 endommagés. Parmi les équipages des bombardiers : 3 morts, 7 blessés et 42 disparus. 2 chasseurs d’accompagnement ont été abattus.
Pour éloigner les chasseurs allemands, un quatrième groupe a été ajouté avec des chasseurs : 102 P-47 et P-51 qui tournaient au-dessus de Mannheim et de Trèves.

Mercredi 3 au jeudi 4 janvier 1945

Allemagne, Ludwigshafen : bombardement britannique de la RAF.
Attaque aérienne de 3 bombardiers Mosquito sur diverses gares de triage de Ludwigshafen. Aucune perte en avions.

Vendredi 5 janvier 1945

Allemagne, Ludwigshafen : grand bombardement de la ville.
Le 5 janvier 1945 est un des derniers grands bombardement massif sur la ville industrielle de Ludwigshafen, qui marquait le début de la fin du régime nazi : bombardement des gares de triage à Ludwigshafen par 160 bombardiers Lancaster. Deux bombardiers Lancaster sont perdus.
En ces débuts de l’année 1945, la ville n’était plus qu’un amoncellement de ruines après des mois de bombardement aériens américains et britanniques. Lors de cette attaque, le bilan était de 275 morts et 173 blessés.

Les dernières attaques ont complètement paralysé la ville. La plupart des magasins étaient détruits et les commerçant avaient arrêté leurs activités et quitté la ville. Les autorités réussissent à maintenir leurs activités. Ils réussissent à assurer les besoins vitaux de la population en vivres, et malgré les nombreuses coupures qui bloquaient l’activité des bouchers et des boulangers entraînant des pénuries de pain, ils arrivent toutefois à rétablir l’alimentation en gaz, eau et électricité.

Samedi 6 janvier 1945


Allemagne : appel au sacrifice du peuple du IIIe Reich, pour qu’il se rassemble au sein du Volksturm (l’Armée du peuple).

Allemagne, Ludwigshafen : bombardement de jour américain.
Le 6 janvier 1945, la 8e US Air Force procède à un bombardement de jour sur Ludwigshafen. Il s’agit de la mission 783 comportant 816 bombardiers et 622 chasseurs d’accompagnement qui ont pour objectif les installations ferroviaires et la destruction des lignes de communication avec l’utilisation du système de navigation H2X-Radar. Le premier groupe de bombardiers comportant 258 B17 dont 64 attaquèrent comme objectif de rechange la gare de triage de Ludwigshafen. Les cibles initiales étaient la gare de triage de Worms, qui a été attaqué par 62 bombardiers et la gare de triage de Kaiserslautern attaquée par 34 bombardiers.

Mercredi 10 au jeudi 11 janvier 1945, nuit

Allemagne, Mannheim : bombardement de la RAF.
La nuit du 10 au 11 janvier 1945 3 bombardiers Mosquito bombardent des objectifs à Mannheim. Aucune perte en avions.

Mardi 16 au mercredi 17 janvier 1945, nuit

Allemagne, Mannheim : bombardement de la RAF.
Dans le cadre de la grande attaque sur Magdeburg et une installation pétrolière à Leipzig, 17 bombardiers Mosquito attaquent des objectifs à Mannheim.

Mercredi 17 au jeudi 18 janvier 1945, nuit

Allemagne, Mannheim : bombardement de la RAF.
Trois bombardiers Mosquito attaquent des objectifs à Mannheim. Aucune perte en avions.

Samedi 20 janvier 1945

Allemagne, Mannheim : bombardement américain de jour.
La 8e Air-Force a menée le 20 janvier 1945 une attaque de jour sur Mannheim et sa région. Il s’agit de la mission 801 comportant 772 bombardiers et 455 chasseurs d’escorte qui ont bombardés un site de production de carburant synthétique à Sterkrade et des installation ferroviaires et des ponts à l’ouest de l’Allemagne en utilisant le radar de navigation H2X-Radar. A côté des objectifs militaires de Sterkrade, de Rheine et d’Heilbronn, un groupe de 230 bombardiers B-17 et de 130 chasseurs d’accompagnement P-51 a été envoyé contre Mannheim où 170 bombardiers ont attaqué la gare de triage et les ponts ferroviaires ; 24 autres bombardiers ont attaqué des objectifs d’opportunité à Stuttgart et 21 autres bombardiers les mêmes types d’objectifs à Mannheim. Bilan : 1 B-17 perdu, le pilote est disparu. En tout, des 772 bombardiers et des 455 chasseurs d’accompagnement, 4 bombardiers et 3 chasseurs ont été perdus.

Dimanche 21 janvier 1945


Allemagne, Mannheim : bombardement américain de jour.
La 8e Air-Force a menée le 21 janvier 1945 une attaque de jour sur Mannheim et sa région. Il s’agit de la mission 803 comportant 912 bombardiers et 523 chasseurs d’escorte qui ont bombardés des sites industriels et des installations ferroviaires dans le secteur C de l’Allemagne avec utilisation d’avions destinés au marquage des objectifs à vue (Pfadfinder).
Un premier groupe de 379 B-17 et de 112 chasseurs d’accompagnement P-51 avec l’utilisation du système de navigation Gee-H et Radar-H2X ont bombardé la gare de triage et la raffinerie d’Aschaffenburg. Ils ont également traité des objectifs d’opportunité comme la gare de triage de Pforzheim avec 24 bombardiers et 3 autres bombardiers ont attaqué une usine de fabrication de véhicules militaires à Mannheim.
Bilan : 2 bombardiers perdus, 2 endommagés et irréparables, et 4 endommagés. Pour les équipages : 18 tués et 2 disparus.
Un deuxième groupe de 382 bombardiers B-17 et de 138 chasseurs d’accompagnement P-51 a été envoyé directement à Mannheim. Ils ont utilisé les systèmes de navigation Micro-H et H2X-Radar. 254 bombardiers ont attaqué la gare de triage de Mannheim, 21 ont traité l’usine de production de véhicules militaires et 16 ont attaqué les ponts routiers et ferroviaires. Pour les objectifs d’opportunité, 16 bombardiers ont attaqué la gare de triage de Pforzheim et 4 bombardiers ont attaqué Spire. Trois autres bombardiers ont traités des objectifs d’opportunité divers.
Bilan : 6 bombardiers B-17 perdus, 3 endommagés et irréparables et 53 endommagés. Pour les équipages des bombardiers : 3 tués, 12 blessés et 55 disparus. En tout, des 912 bombardiers, 8 ont été perdus.

Jeudi 25 janvier 1945

Allemagne du sud-ouest et Belgique : survol d’un groupe de chasseurs américains.
La 8e Air-Force a menée le 25 janvier 1945 un survol d’attaque avec un groupe de 111 chasseurs P-51 sur la Belgique et le sud-ouest de l’Allemagne, pour inciter l’aviation allemande à faire décoller ses chasseurs et à consommer son carburant. Bilan : 51 chasseurs P-51 perdus.

Vendredi 26 janvier 1945


Suisse-USA : le président américain Franklin Roosevelt demande à la Suisse de stopper les livraisons de vivres et de produits manufacturés à l’Allemagne.

Samedi 27 janvier 1945

Pologne, Auschwitz : l’Armée Rouge libère le camp de concentration d’Auschwitz où ils trouvent encore 7 600 déportés.

Mardi 30 janvier 1945

Allemagne : dans un discours radiophonique, Adolf Hitler appelle à la victoire finale par l’emploi des « armes miracles » (Wunderwaffen).

Sources

Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Wolfgang Gückelhorn : 7. März 1945 – Das Wunder von Remagen ; Helios Verlag, 2008, pages 30.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978, pages 58-59.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999 ; page 176.


Sites Internet

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Dernière édition par MJR le Jeu 25 Juin 2015 - 23:12, édité 5 fois

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Chroniques des franchissements du Rhin : février 1945

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 3:13


Chroniques des franchissements du Rhin : février 1945



France : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin : livraison des matériels de pontage.
Le matériel de pontage français modèle 1935/44 commence à sortir de l’usine au début de février et le 25 mars, nous possédons déjà 80 bateaux et 300 m de travure.

Allemagne : 9e armée US passe sous le commandement de Montgomery.
La 9e armée US reste sous le commandement opérationnel du XXIe groupe d’armées britannique pour la bataille du Rhin.


1er février 1945


Allemagne, Mannheim : bombardement américain de jour.
La 8e Air-Force a mené le 1er février 1945 un bombardement diurne. Il s’agit de la mission 814 avec 699 bombardiers B-17 escortés par 328 chasseurs P-51, en utilisant les systèmes de navigation Micro-H et H2X-Radar pour traiter les installations ferroviaires et les ponts en Allemagne de l’ouest. D’un groupe de 463 bombardiers B-17 et de 142 chasseurs d’escorte P-51, 74 bombardiers ont attaqué la gare de triage de Mannheim et 70 autres la gare de triage de Ludwigshafen. 270 autres bombardiers ont traités en objectifs d’opportunité les ponts ferroviaires et routiers de Mannheim. La cible occasionnelle de Pforzheim a été bombardée par 1 B-17 et 3 autres appareils cherchèrent d’autres objectifs d’opportunité. Bilan : 2 B-17 endommagés et irréparable, 24 endommagés. Pour les équipages des bombardiers : 3 blessés. D’autres groupes de bombardement ont attaqué Wesel et Krefeld sans perte d’appareils.

1er au 2 février 1945, nuit


Allemagne, Ludwigshafen, Mayence et Siegen : bombardement de la RAF.
La RAF mène une grande attaque contre les villes de Ludwigshafen, Mayence et Siegen avec 382 bombardiers Lancaster et 14 Mosquito. Les groupes 1, 6 et 8 bombardent Ludwigshafen. L’essentiel des bombes atteint l’objectif, mais les journaux locaux annoncent que les bombes tombent sur de nombreux quartiers de Ludwigshafen entraînant de nombreux dégâts. 900 immeubles sont détruits ou très endommagés et 3 bombes tombent sur le pont routier sur le Rhin entraînant une interruption de la circulation. Bilan : aucune perte d’appareils.

2 au 3 février 1945, nuit

Allemagne, Mannheim : attaque de diversion de la RAF.
Dans le cadre des attaques principales sur Wiesbaden, Wanne-Eickel et Karlsruhe, la RAF mène une attaque de diversion avec 20 Mosquito qui bombardent Mannheim. Bilan : aucune perte d’appareil.

4 au 11 février 1945

Russie-Crimée : conférence au sommet de Yalta.
Le chef du parti et du gouvernement soviétique Joseph Staline, le premier ministre britannique Winston Churchill et le président des Etats-Unis Roosevelt se rencontrent à la conférence de Yalta.
A Yalta, les trois Grands s’entendirent sur la formation de gouvernements démocratiques dans l’Europe libérée, même s’il est clair que le terme « démocratie » n’avait pas, pour les Occidentaux, la même signification que pour Staline. Le seul résultat tangible de Yalta était le partage des zones d’influence en Allemagne. La France n’est pas conviée mais Churchill obtiendra qu’elle soit reconnue en tant que force d’occupation.

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Europe : planification des opérations de franchissement du Rhin par les armées des Alliés de l’ouest.
L’unité de commandement allié a enfin été réalisée avec Eisenhower, celui-ci refusa de voir les implications politiques de Yalta. Ignorant du sort présidentiel qui l’attendait un jour, il se rabattait sur la décision prise à Yalta de fixer la ligne de démarcation à trois cents kilomètres de Berlin. Il s’évertuait à répéter que la prise de la capitale allemande, uniquement pour le prestige, ne valait pas la vie d’un G.I. ! Pour hâter la fin de la guerre il fallait pousser les forces alliées vers l’Allemagne centrale, dernière région industrielle qui permettait encore à l’ennemi de tenir dans les efforts de tous.
Eisenhower avait arrêté un plan précis pour le franchissement du Rhin. Il comptait passer en deux endroits : dans une zone située au nord de la Ruhr, entre Emmerich et Wesel, et au sud de la Ruhr, dans la zone située entre Mayence et Karlsruhe.

4 février 1945

Belgique : retrait des dernières troupes allemandes.

8 février 1945

Allemagne, Reichswald, 21e groupe d’armée : lancement de l’opération « Veritable ».
La 1re armée canadienne lance l’opération « Veritable » pour nettoyer la zone de Reichswald, en Rhénanie.

10 février 1945 environ

France : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin : les premières reconnaissances.
L’offensive contre la poche de Colmar est à peine terminée que le Génie de l’armée commença à reconnaître la rive gauche et le cours du Rhin entre Strasbourg et Huningue. Le Rhin lui-même, depuis la régularisation entreprise en 1874 par le colonel badois Tulla, est un obstacle de 300 m d’eau vive coulant à une vitesse de 2,50 m à 3 m par seconde entre deux lignes sur lesquelles s’appuient des épis.
Néanmoins, compte tenu des défenses ennemies, la zone prévue n’est pas favorable. Les Allemands avaient installés avant la guerre toute une série de lignes de casemates le long du Rhin, fortifié les cols de la Forêt-Noire et installé des pièces d’artillerie lourde qui menaçaient l’Alsace.
Il était donc difficile de franchir dans de telles conditions et les débouchés par les routes escarpées de la Forêt-Noire sont limités.

13 au 14 février 1945


Allemagne, Dresde : destruction presque complète de la ville par un bombardement massif américain et britannique.
Compte tenu que de nombreux réfugiés de l’est passaient par cette ville, le nombre des victimes est estimé à environ 25 000 personnes. L’objectif militaire de ce bombardement reste controversé, puisque Dresde n’était pas proche du front, ni une ville industrielle, ni une ville importante au point de vue de la défense.

15 février 1945

Allemagne : lutte contre le défaitisme par instauration des tribunaux d’exceptions locaux.
Pour préserver le moral des combattants, le ministre de la justice du Reich instaure la possibilité de créé des tribunaux d’exemptions dans les localités proches du front.

18 au 19 février 1945, nuit

Allemagne, Mannheim : attaque de la RAF.
La RAF bombarde des objectifs à Mannheim avec 32 bombardiers Mosquito.

20 au 21 février 1945, nuit

Allemagne, Mannheim : attaque de diversion de la RAF.
Dans le cadre d’une grande attaque des grands groupes de bombardiers par-dessus la mer du Nord, la RAF mène une attaque de diversion sur des objectifs à Mannheim avec 16 bombardiers Mosquito. Cette attaque est destinée à inciter les chasseurs allemands au décollage et à consommer du carburant.

23 février 1945

Allemagne : lancement de l’opération « Grenade ».
La 9e armée US lance l’opération « Grenade » pour franchir la rivière Roer et nettoyer la Rhénanie sur le flanc droit de la 1re armée canadienne.

Allemagne, unités britanniques : lancement d’une offensive.
Lancement d’une offensive britannique sur le front ouest pour repousser l’armée allemande (Wehrmacht) sur la rive droite du Rhin.

24 février 1945


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Cologne bombardé le 24 février 1945

26 février 1945


Allemagne : répression contre le manque de combativité.
Himmler ordonne la mise en place des tribunaux d’exception du front pour lutter contre la vague de défaitisme des unités de l’armée de terre allemande.



Sources

Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Wolfgang Gückelhorn : 7. März 1945 – Das Wunder von Remagen ; Helios Verlag, 2008, pages 30.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978, pages 58-59.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999 ; page 176.


Sites Internet

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Dernière édition par MJR le Mer 9 Sep 2015 - 7:01, édité 3 fois

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Chronique des franchissements du Rhin : mars 1945

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 3:42


Chronique des franchissements du Rhin : mars 1945


Dernière modification de la page : 13 avril 2015


Jeudi 1er mars 1945, 14h00

Allemagne, Karlsruhe : bombardement américain.
Le 1er mars 1945 vers 14h00, un bombardement américain détruit tout le centre-ville ; bilan : on dénombre environ 1 000 morts.

Jeudi 1er au vendredi 2 mars 1945, nuit

Allemagne, Mannheim : attaque massive de la RAF et tempête de feu sur la ville.
La RAF effectue un bombardement massif sur le centre-ville de Mannheim avec 478 bombardiers (372 Lancaster, 90 Halifax et 16 Mosquito). Les groupes 1, 6 et 8 bombardent tout le centre-ville après marquage par les Pfadfinder, par un temps très couvert.

Vendredi 2 mars 1945

Allemagne, Mannheim : attaque massive de la RAF et tempête de feu sur la ville.
Au matin du 2 mars 1945, l’attaque britannique provoque une tempête de feu sur Mannheim. La ville est désormais complètement détruite.

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Bombardement de Cologne 2 mars 1945 par la RAF

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Bombardement de Cologne 2 mars 1945 par la RAF

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Bombardement de Cologne 2 mars 1945 par la RAF

Samedi 3 mars 1945


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Mannheim vers le 3 mars 1945 : les ruines après la tempête de feu du 2 mars 1945.

Lundi 5 mars 1945

Allemagne : incorporation de la classe 1929.
La Wehrmacht appelle les jeunes de 16 ans de la classe 1929, destinés à être envoyés au front après une très courte formation militaire initiale.

Mercredi 7 mars 1945


Allemagne, Cologne : prise de la ville par les Alliés.

Mercredi 7 mars 1945, 8h20

Allemagne, Remagen : l’attaque de la 9e division blindée US du Ve corps de la 1e armée
Le 7 mars 1945, deux groupes tactiques partent à 8h20 de Meckenheim pour se diriger sur deux itinéraires parallèles en direction du Rhin.

Mercredi 7 mars 1945, 10h30


Allemagne, Remagen : l’attaque de la 9e division blindée US du Ve corps de la 1e armée
Cette colonne était accompagné par un observateur d’artillerie qui avait pris place dans un avion de type Piper Cub qui guidait l’artillerie par radio. Malgré le mauvais temps et la couverture nuageuse, il aperçut entre deux nuages la ville de Remagen, le Rhin et le pont ferroviaire Ludendorffbrücke sur lequel il apercevait des colonnes allemandes en cours de retraite. Il a immédiatement rendu compte à l’état-major du 16 bataillon d’artillerie blindée qui à son tour a rendu compte au commandant du Combat Command B (CCB), le brigadier William Hoge à 10H30. Le matin même, Hoge avait demandé à son commandant de division quelle était la conduite à tenir si le pont était intact. La réponse était de prendre immédiatement le pont, mais il ne se faisait pas trop d’espoir, et pensait que le pont sera détruit dès leur approche.

Mercredi 7 mars 1945, 12h56


Allemagne, Remagen : l’attaque de la 9e division blindée US du Ve corps de la 1e armée
Au sud la Task Force Prinze et au nord la Task Force Engeman, passe par Adendorf, Fritzdorf et arrive sur les hauteurs de Remagen) à 12H56. Il y a un peu de défense sporadique allemande, et entre Birresdorf et Remagen quelques attaques des jeunesses hitlériennes.

Mercredi 7 mars 1945, 13h00

Allemagne, Remagen : prise du pont Ludendorff par la 9e D.B.U.S. (TF) Engeman (V. corps U.S.)
C’est vers 13h00 que les soldats du lieutenant Timmermann ont aperçus pour la première fois le pont « Ludendorffbrücke ». Engeman et Hoge décidèrent que la compagnie A de Timmermans devait progresser à pied en direction de Remagen, parce qu’ils craignaient que les véhicules M3 tombent dans un guet-apens allemand. Quatre chars lourds de type Pershing du lieutenant Grimball devait suivre 20 minutes après pour entrer dans la petite ville par le rue Birrersdorfer Strasse. La compagnie C du lieutenant McMasters devait suivre sur ces véhicules halftrack.

Mercredi 7 mars 1945, 14h00

Allemagne, Remagen : prise du pont Ludendorff par la 9e D.B.U.S. (TF) Engeman (V. corps U.S.)
La progression débute à 14h00 : tout d’abord les soldats de l’infanterie de la 2e section du lieutenant Burrows descendent vers Remagen en passant près de l’église St-Appollinaris. Les sergents Joe DeLisio et Michael Chinchar suivent à gauche et à droite, pour couvrir les flancs. Les soldats prenaient garde aux tireurs d’élite, mais Remagen était désert. Les trois sections d’infanterie pénétrèrent dans la petite ville. Pendant ce temps le général Hoge qui se tenait à côté du lieutenant-colonel Engeman dans un virage surplombant Remagen lui fait comprendre ce qu’il attend de lui : « Prenez ce pont le plus rapidement que possible ! ».

Mercredi 7 mars 1945, 15h12


Allemagne, Remagen : prise du pont Ludendorff par la 9e D.B.U.S. (TF) Engeman (V. corps U.S.)
Vers 15h12 une explosion retentie au niveau de la digue de la ligne de chemin de fer devant le pont, et les Américains croyaient déjà que le pont avait été détruit.
Pendant ce temps la compagnie C est descendu par la rue de Birrersdorfer Strasse sur ses véhicules blindés d’infanterie. La première section a pris le même chemin que les Pershing, la 2e section est passée par le centre de Remagen et la troisième section à longer la rive du Rhin jusqu’au pont. Engeman donna l’ordre d’envoyer le restant des chars de la compagnie A / TB 14 -9 Sherman » le plus rapidement possible au pont.

Mercredi 7 mars 1945, 15h15


Allemagne, Remagen : prise du pont Ludendorff par la 9e D.B.U.S. (TF) Engeman (V. corps U.S.)
Le général Hoge avait appris vers 15h15 par un officier du TF Prince, un renseignement donné par les civils à Sinzig voir des prisonniers, que le pont Ludendorffbrücke devait être détruit à 16h00. Ce renseignement était certes incertain, mais désormais il était coincé : bien que les soldats étaient au pont, les chars ne pouvaient le franchir, puisque les Allemands avaient fait sauter la rampe d’accès. Il ne lui restait plus que 45 minutes. Il demande au lieutenant-colonel Engemann de tirer sur la rive opposée du pont avec des obus fumigènes WP (White Phosphorus) pour les enfumer. Puis il devait faire enlever, sous la protection des chars et des tirs de mitrailleuses, les câbles d’amorçage et les charges d’explosif, et traverser le pont avec l’infanterie de Timmermann.
Pour ne pas perdre de temps, Timmermann ordonna l’attaque. Lorsque les soldats de la compagnie A se préparaient, il y eut une vigoureuse explosion sur l’autre rive. Lorsqu’il entendit cette explosion, Timmermann croyait que le pont avait été détruit. Mais lorsque les fumés se dissipaient, les Américains n’en croyaient pas leurs yeux : le pont était encore intact

Mercredi 7 mars 1945, 16h00


Allemagne, Remagen : prise du pont Ludendorff par la 9e D.B.U.S. (TF) Engeman (V. corps U.S.)
Il était juste après 16h00 lorsque le Sergeant Alex Drabik arriva sur la rive droite en tant que premier Américain. La tête de pont de Remagen fut bourrée d’effectifs : on s’attendait à une contre-offensive allemande. Elle ne vint pas. Les plans initiaux demeurèrent donc inchangés et Remagen ne fut pas, comme on avait pu l’espérer au départ, le miracle qui aurait changé le visage des opérations. La rive droite de Remagen, en effet, n’offrait pas un terrain favorable aux évolutions des troupes.

Description du pont rail-route de Remagen


Cette construction métallique reposait sur des ensembles maçonnés encadré par deux tours à 5 étages sur chaque rive. L’ouvrage avait une longueur de 325 mètres. Larche centrale surplombant le chenal navigable avait 155 mètres de longueur. Sur la rive droite, 55 mètres après le pont, la voie ferrée entrait dans un tunnel de 353 mètres de long comportant un virage à gauche.

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Le pont était équipé de chaque côté de passerelle à piétons. Sur la rive gauche du côté de Remagen, des rampes permettaient l’accès des véhicules à l’ouvrage. Le pont avait été aménagé pour que des véhicules à roues puissent également franchir le pont. Dès sa construction, le pont est doté de trois dispositifs de minage permanent.

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Mercredi 7 mars 1945, 18h00

Allemagne, Remagen : renforcement de la tête de pont de Remagen
Le 7 mars 1945, vers 18H00, le lieutenant-colonel Engeman rend compte que la colline de l’Eperler Ley a été prise sur la rive droite. Toutes les troupes encore disponibles sont envoyées pour renforcer la tête de pont.

Des points de franchissement à l’aide de petits chalands de débarquement de type LCVPs et de véhicules amphibies de type DUKWs sont aménagés en amont et en aval du pont.

Dans les premières 24 heures après la prise du pont, se sont 8 000 soldats des 9e DB US et 78e DI US qui franchissent et défendent la tête de pont, rejoints ultérieurement par des éléments de la 99e DI US.

Allemagne, Remagen : attaques de l’aviation allemande
L’armée de l’air allemande réalise 427 attaques entre le 7 et 21 mars 1945 avec des avions classiques de type Fokewulf 190, Me 109 et Ju 87 (Stuka), et des avions à réaction de type Me 262 et Arado Ar 234. Lorsque le pont s’écroule le 17 mars 1945, s’est surtout dû aux dégâts des destructions du génie et non aux quelques dégâts causés par les attaques aériennes. Du 7 au 14 mars 1945, l’aviation allemande perd 80 avions au-dessus de Remagen.

Bombe exposée au Musée de la Paix à Remagen

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Jeudi 8 mars 1945, 00h15 à 4h00


Allemagne, Remagen : renforcement de la tête de pont de Remagen
Le 8 mars à 00H15, le platelage du pont a été réparé, et c’est avec grande précaution que franchissent 5 chars Sherman. Deux contre-offensives allemandes contre la tête de pont seront refoulées. C’est le commandant allemand Strobel qui avait reçu l’ordre de s’approcher avec 60 sapeurs pour détruire le pont. A partir de 3H00, les chasseurs de chars de type M10 commencent à franchir le pont, mais l’un d’entre eux se coince et bloque le franchissement pendant trois heures. Vers 4H00 les troupes américaines interceptent un autre commando allemand muni d’explosifs.

Tableau représentant le franchissement des blindés sur le pont de Remagen (exposé au Musée de la Paix à Remagen)

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Extraits de journaux relatant la prise du pont de Remagen (exposé au Musée de la Paix à Remagen)

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Jeudi 8 mars 1945

Allemagne, sanctions suite à la prise du pont de Remagen.
Suite à la capture du pont de Remagen, Hitler le Generalfeldmarchal von Rundstedt de son commandement et le remplace par le Generalfeldmarchal Kesselring en tant que commandant en chef sur le front Ouest.

Vendredi 9 mars 1945


Allemagne, 21e groupe d’armée : directives de Montgomery pour le franchissement du Rhin.
Montgomery donne ses dernières directives pour l’opération de franchissement du Rhin du nom de code « Plunder ».

Allemagne, Remagen : consolidation de la tête de pont.
Malgré que le général commandant en chef, le général Eisenhower soutenait l’extension de cette tête de pont, il se heurta à l’hostilité et la rivalité des généraux Bradley, Hodges et Patton d’un côté face aux généraux britanniques. Le miracle de Remagen avait contrecarré les plans des Alliées. Le groupe d’armée du général Montgomery avait reçu l’essentiel des moyens de franchissement qui ont été enlevés aux autres armées, et même la 1ère armée française avait perdu une partie de ses moyens de pontage américains. Montgomery voulait en effet franchir le Rhin en premier si bien qu’il est même intervenu auprès de Winston Churchill pour le président américain limite l’extension de cette tête de pont.
Mais les commandants des grandes unités locales avaient d’autres soucis. Pour l’instant, le point faible de cette tête de pont était le manque de points de franchissements. Il était clair que les troupes allemandes allaient tout faire mener des attaques aériennes contre ce pont. C’est pour cette raison que les troupes américaines vont concentrer les unités de défense anti-aériennes autour de la tête de pont et même en place une couverture aérienne de la 9e US Air Force.

Halftrack M16 avec un affût antiaérien 4 x 12,7 mm. Collection de l’ASMHP à la Wantzenau (photographie MJR 2012)

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Affût Maxson M45C sur remorque. Collection de l’ASMHP à la Wantzenau (photographie MJR 2012)

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Pour contrer les attaques par mines flottantes et par des plongeurs, des filets de protection sont tendus en travers du cours d’eau à Leubsdorf.

Après la réussite du franchissement de Remagen, le général Eisenhower a modifié ses plans et ordonne à la 1ère armée US de franchir le Rhin. Compte tenu de l’immense besoin en soutien logistique de ce type de grande unité, et du fait que le pont de Remagen déjà fort endommagé reste sous le tir des troupes allemandes, les sapeurs américains reçoivent l’ordre de réparer le pont et surtout de réaliser d’autres points de franchissement à l’aide de portières et de ponts flottants. A cet effet ils mettaient en œuvre une portière allemande, des chalands de débarquement américains et des portières.
Ils mettent en place 3 portières de franchissement lourdes à 5 supports flottants munies de moteurs hors-bord, mise ne œuvre à compter du 9 mars 1945 par le 86e bataillon de pontonniers lourds du génie. En même temps, l’US Navy met en place 24 chalands de type LCVP en amont et en aval du pont, dont chaque engin pouvait emporter 36 hommes ou 4 tonnes de matériel ;

Allemagne, Remagen : 1ère tentative d’attaque allemande avec sous-marin de poche
Les forces spéciales de la Marine allemande seront également engagées contre le pont de Remagen. Le 9 mars 1945, le groupe « PUMA » essaye de mettre à l’eau des sous-marin de poche de type « BIBER » équipe de mines torpille TMC près de Höningen. Mais compte tenu du secret de cette opération, cette unité n’a pas reçu le soutien nécessaire et l’opération échoua.

Samedi 10 mars 1945

Allemagne : nouveau commandant en chef à la tête du front Ouest.
Le Generalfeldmarchal Albert Kesselring est nommé commandant en chef du front ouest de l’Allemagne.

Allemagne, Wesel : destruction du pont sur le Rhin.
Les troupes allemandes en retraite détruisent à l’explosif le pont ferroviaire et routier de Wesel avant que les premières troupes de Montgomery arrivent sur les bords du Rhin.

Dimanche 11 mars 1945, 7h00


Allemagne, Remagen : ouverture du 1er pont flottant sur matériels Treadway.
Le 11 mars à 7H00, les premiers véhicules du 3e corps d’armée US passent sur un pont flottant de type Treadway installé en aval du pont de Remagen par le 291e bataillon de combat du génie. Ce pont a été construit sous les tirs de l’artillerie allemande.

Photographie du pont flottant en aval du pont de Remagen (exposée au Musée de la paix de Remagen)

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Dimanche 11 mars 1945, 24h00

Allemagne, Remagen : ouverture du 2e pont flottant entre Kripp et Linz.
Le même jour à minuit, un pont flottant lourd est mis en place entre Kripp et Linz.

Lundi 12 mars 1945

Allemagne, Remagen : fermeture du pont fixe pour réparations.
Le 12 mars 1945, la Ludendorffbrücke est interdite au franchissement pour que les sapeurs américains puissent réparer les dégâts causés par les explosions.

Allemagne, Remagen : 2e tentative d’attaque allemande avec sous-marins de poche.
Le 12 mars 1945, le groupe « PUMA » essaye de mettre à l’eau six torpilles avec les Biber, avec 12 plongeurs de combat. Mais les véhicules poids-lourds reste bloqués sur le chemin d’accès et sont pris sous le feu de l’artillerie américaine qui les a repérés.

Photographies et documents exposés au Musée de la Paix de Remagen

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Mercredi 14 mars 1945

Allemagne, Remagen : arrêt des franchissements avec les engins DUWK.
Le 14 mars 1945, la 819e compagnie de transport amphibie arrête les franchissements à l’aide des engins de 2,5 T de type DUKKWs.

Engins amphibie DUWK 235. Collection de l’ASMHP à la Wantzenau (photographie MJR 2012)

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Engins amphibie LVT(A) 4 Aligator. Cet engin a également été utilisé sur certains points de franchissement du Rhin. Collection de l’ASMHP à la Wantzenau (photographie MJR 2012)

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Engins amphibie Wiesel M29C. Cet engin a également été utilisé sur certains points de franchissement du Rhin. Collection de l’ASMHP à la Wantzenau (photographie MJR 2012)

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Chaland de débarquement type LVCP (Higgins-Boat). Cet engin a également été utilisé sur certains points de franchissement du Rhin. Collection de l’ASMHP à la Wantzenau (photographie MJR 2012)

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Jeudi 15 mars 1945


France, Alsace : situation du front en Alsace du Nord.
Avec la réduction de la poche de Colmar et l’établissement de la tête de pont Gambsheim-Herrlisheim, Strasbourg ne semble plus menacé. Les Alliés décident de s’attaquer à la ligne qui va de Wingen-sur-Moder à Haguenau-Bischwiller-Rohrwiller et au Rhin.
La 3e DIA, détachée de la 1ère armée française, est chargée de la zone Bischwiller au Rhin. La 14e DIUS est chargée du centre, autour d’Haguenau, et la 36e DIUS est affectée à l’ouest.
La 3e DIA doit couvrir les unités américaines du 6e corps d’armée US en avançant le long du Rhin, jusqu’à Lauterbourg. Une idée qui ne plait guère à de Lattre, qui rêve d’en être quand il s’agira de franchir le Rhin, pour « envahir » le Reich. Il donne au commandant Guillaume une instruction secrète : « Théoriquement, ton front se termine sur la Lauter en sifflet ; débrouille toi pour qu’il se termine en tromblon… ».
De son côté, le 6e CAUS du général Brooks doit passer dans le secteur de Schweighouse puis, par la trouée de Soultz-sous-Forêts, se diriger sur Wissembourg. La 3e division algérienne, renforcée par le 6e combat command de la 5e division blindée, doit prendre, Oberhoffen-Camp, contourner la forêt et foncer sur Lauterbourg. La jonction entre les armées américaine et française est prévue au nord de la forêt d’Haguenau.

Jeudi 15 mars 1945, 17 heures.

France, Alsace : libération de l’Alsace du Nord.
Le 15 mars, 17 heures, les offensives commencent simultanément. Les Français doivent repousser les 905e et 257e Volksgrenadier-Divisionen.

Jeudi 15 mars 1945, journée.

France, Alsace : libération de l’Alsace du Nord.
Au cours de la journée, c’est Schirrhein qui est libéré. Le 141e régiment a réussi à prendre Haguenau et des brèches sont ouvertes dans la lisière de la forêt.

Jeudi 15 au vendredi 16 mars 1945, nuit


Allemagne, Mannheim : attaque de diversion de la RAF sur la ville.
Dans le cadre d’une grande attaque sur Hagen et l’usine Deurag de Misburg située à l’ouest de Hanovre, la RAF effectue une attaque de diversion avec 16 bombardiers Mosquito qui bombardent divers objectifs à Mannheim.

Vendredi 16 mars 1945, matin.

France, Alsace : libération de l’Alsace du Nord.
A l’aube du 16 mars 1945, le camp d’Oberhoffen est conquis.

Allemagne, Rollandseck-Honnef : lancement d’un 3e pont flottant.
Le 16 mars 1945, un pont flottant est installé au profit du 7e corps US entre Rollandseck et Honnef.

Vendredi 16 au samedi 17 mars 1945, nuit.

France, Alsace : libération de l’Alsace du Nord.
Les troupes allemandes décrochent dans la nuit du 16 au 17 mars 1945 et la poursuite de l’ennemi s’engage. Soufflenheim, Koenigsbruck, Drusenheim et Fort-Louis sont repris et à Roeschwoog les combats reprennent contre les 905e Volksgrenadier-Division (905e VGD).
Le 1er groupement des Tabors marocains pénètre dans la forêt d’Haguenau et rencontre des terrains minés. Ils traversent sur la forêt et débouche le 18 mars sur Rittershoffen. Les troupes allemandes se replient vers le nord tout en laissant de nombreux obstacles (abattis, mines et ponts détruits).
Les 257e VGD et le 2e régiment de SS Polizei passent par la route de Soufflenheim-Niederroedern pour atteindre la ligne Siegfried tandis que la 905e VGD se replie par Seltz et Lauterbourg pour atteindre Kandel. La 3e DIA suit les arrière-gardes allemandes d’Oberlauterbach et de Neewiller et fait sa jonction avec la 14e DB-US qui devait gagner Scheibenhardt.

Samedi 17 mars 1945, matin

Allemagne, Remagen : tentative de destruction du pont avec des fusées de type V2.
Enfin une tentative est faite le 17 mars 1945 à l’aide des fusées V2 tirées à partir des Pays-Bas, une zone située à 200 km du pont. Le pont qui s’est écroulé au cours de l’après-midi, n’a pas été touché. Ce sont surtout la ville de Remagen et les villages d’Oedingen et Nierendorf qui ont été touchés causant la mort de militaires américains et de civils allemands.

Photographies illustrant le tir des V2 et copie des documents d’archive concernant ces tirs exposés au Musée de la Paix de Remagen

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Samedi 17 mars 1945, 9h48

Allemagne, Remagen : tir de fusée allemande type V2 contre le pont.
Le 17 mars 1945, à 9h48, le bataillon SS Abteilung 500, tire du site d’Hellendorn (Site 412) une fusée de type V2 ayant pour cible le pont de Remagen. Elle se désintègre en l’air près de Kasbach (rive droite du Rhin). Des morceaux de la turbine traversent le toit d’une maison ; d’autres morceaux tombent sur Eperler Ley à environ 800 m du pont causant la mort de 18 animaux de ferme ; la tête militaire est tombée à 300 m du pont, l’ébranlant fortement. Trois militaires américains ont été tués.

Samedi 17 mars 1945, 10h29


Allemagne, Remagen : tir de fusée allemande type V2 contre le pont.
Le 17 mars 1945, à 10h29, le bataillon SS Abteilung 500, tire du site d’Hellendorn (Site 412) une fusée de type V2 ayant pour cible le pont de Remagen. Son impact se situe à environ 8 km ouest-nord-ouest du pont, au sud de Birresdorf.

Samedi 17 mars 1945, 12h16

Allemagne, Remagen : tir de fusée allemande type V2 contre le pont.
Le 17 mars 1945, à 12h16, le bataillon SS Abteilung 500, tire du site d’Hellendorn (Site 412) une fusée de type V2 ayant pour cible le pont de Remagen. Son impact se dans le quartier Ouest de Remagen, sur le poste de commandement d’une unité du génie, la 284th Engineer Combat Bataillon. Le bilan est de 3 morts et 31 blessés.

Samedi 17 mars 1945, après-midi


Allemagne, Remagen : la Ludendorffbrücke s’effondre.
Le 17 mars 1945, alors qu’il n’y a eu aucune action directe de l'ennemie, la Luddendorfbrücke s’écroule en causant la mort de 30 soldats américains.

Photographies et documents exposés au Musée de la Paix de Remagen

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Allemagne : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin : extension des reconnaissances vers le nord.

Compte tenu que la Ire armée française contrôle désormais toute la rive gauche du Rhin en Alsace conformément à sa mission initiale, il va falloir négocier avec les Américains pour obtenir un créneau sur la front face à l’Allemagne pour participer à l’offensive à travers la Ligne Siegfried en longeant la rive gauche du Rhin.
Le 17 mars 1945 après-midi, le général de Lattre rencontre le général devers, commandant le 6e groupe d’armée U.S. et, grâce à ses magnifiques qualités de persuasion, arrive à convaincre de nous ouvrir un créneau jusqu’à Spire et le droit de relever les Américains dans ce secteur. Les troupes françaises contrôleront 12 km de front le long de la Lauter, de Salmbach au Rhin.

Par ailleurs, le commandement américain joue magnifiquement le fairplay. Ils comptent nous rendre les matériels de pontage qu’ils nous avaient empruntés, mais encore le général Dromard obtient du Génie du groupe d’armé un renforcement substantiel de nos moyens.
Il s’agit des matériels suivants :
- matériels d’assaut : 200 demi-bateaux M2 ; 50 bateaux d’assaut ; 50 stormboats, avec les propulseurs correspondants ;
- matériels de pontage : 2 équipages de pont Treadway (250 m chacun) ; 2 unités de matériel Heavy Ponton.
Compte tenu que ce matériel provient des armées alliées lorsqu’elles auront terminées leurs franchissements, soit des bases arrière, il mettra un certain temps pour être livrée progressivement au Génie de la Ire armée française.

Samedi 17 mars 1945, 15h43

Allemagne, Remagen : tir de fusée allemande type V2 contre le pont.
Le 17 mars 1945, à 15h43, le bataillon SS Abteilung 500, tire du site d’Hellendorn (Site 412) une fusée de type V2 ayant pour cible le pont de Remagen. Son impact se situe à Odingen, à environ 7 km au nord-ouest du pont. Bilan 7 morts civils et de nombreux blessés dont des militaires américains.

Samedi 17 mars 1945, 17h49


Allemagne, Remagen : tir de fusée allemande type V2 contre le pont.
Le 17 mars 1945, à 17h49, le bataillon SS Abteilung 500, tire du site d’Hellendorn (Site 412) une fusée de type V2 ayant pour cible le pont de Remagen. Son impact se situe à environ 6 km à l’ouest-nord-ouest du pont, à environ 1,5 km nord-est de Nierendorf.

Samedi 17 mars 1945, 18h15


Allemagne, Remagen : tir de fusée allemande type V2 contre le pont.
Le 17 mars 1945, à 18h15, le bataillon SS Abteilung 500, tire du site d’Hellendorn (Site 412) une fusée de type V2 ayant pour cible le pont de Remagen. Elle explose en l’air au sud-ouest de Heimersheim.

Samedi 17 mars 1945, 18h29


Allemagne, Remagen : tir de fusée allemande type V2 contre le pont.
Le 17 mars 1945, à 18h29, le bataillon SS Abteilung 500, tire du site d’Hellendorn (Site 412) une fusée de type V2 ayant pour cible le pont de Remagen. Elle explose en l’air au nord nord-ouest de Strodt, à environ 9 km au nord-est du pont de Remagen.

Samedi 17 mars 1945, 20h20

Allemagne, Remagen : tir de fusée allemande type V2 contre le pont.
Le 17 mars 1945, à 20h20, le bataillon SS Abteilung 500, tire du site d’Hellendorn (Site 412) une fusée de type V2 ayant pour cible le pont de Remagen. L’impact se situe à 40 km du pont, vers Staatsforst Königsforst, à l’est de Cologne.

Samedi 17 mars 1945, 20h55

Allemagne, Remagen : tir de fusée allemande type V2 contre le pont.
Le 17 mars 1945, à 20h55, le bataillon SS Abteilung 500, tire du site d’Hellendorn (Site 412) une fusée de type V2 ayant pour cible le pont de Remagen. L’impact se situe à environ 4 km à l’ouest nord-ouest du pont, près de Kirchdaun.

Samedi 17 mars 1945, 21h45

Allemagne, Remagen : tir de fusée allemande type V2 contre le pont.
Le 17 mars 1945, à 21h45, le bataillon SS Abteilung 500, tire du site d’Hellendorn (Site 412) une fusée de type V2 ayant pour cible le pont de Remagen. L’impact se situe à environ 9 km à l’ouest nord-ouest du pont.

Samedi 17 au dimanche 18 mars 1945

Allemagne, Mannheim : attaque de diversion de la RAF.
Dans le cadre d’une grande attaque de groupes de bombardiers passant sur la France, la RAF mène une attaque sur Mannheim avec deux bombardiers Mosquito. Cette attaque est destinée à faire consommer le carburant par les chasseurs allemands.

Dimanche 18 mars 1945

Allemagne : proche effondrement de l’économie allemande.
Le ministre pour l’armement et la production de guerre Albert Speer, averti du proche effondrement de l’économie allemande.

Allemagne, Mehlem-Königswinter : lancement d’un 4e pont flottant.

Le 18 mars le 7e Corps US installe un pont flottant près de Mehlem-Königswinter.

Allemagne, Remagen : 1ère tentative d’attaque allemande avec des nageurs de combat.
Le soir du 18 mars 7 nageurs de combat SS, équipé de charges de plastic de 3 kg, devait rejoindre le pont pour mettre en place les charges. Mais aucun d’eux ne réussira la mission, puisque les troupes américaines aux aguets repèrent la majorité des nageurs de combat.

France, Alsace : retrait des moyens de pontage du Génie de la 1re armée française.
La situation des matériels de franchissement du Génie de la Ire armée française est encore aggravée par les décisions de nos alliés. En effet, le 12 mars 1945, ils nous retirent l’équipage de ponts de la 1re D.B. et la moitié de celui de la 5e D.B.

France Phalsbourg : le général de Lattre de Tassigny rencontre le général Devers à Phalsbourg.
Le 18 mars 1945 le commandant de la Ire armée française, le général de Lattre de Tassigny rencontre à Phalsbourg le général Devers, commandant le 6e groupe d’armées, afin de planifier l’attaque sur le Palatinat et l’élargissement vers l’ouest de la zone d’action française.
Le plan est accepté par le commandant de la 6th Army Group et le front français est reporté à Erlen (à mi-chemin entre la Lauter et Speyer). La limite nord est assignée à la division algérienne et la ligne Salmbach-Minfeld-Winden la limite entre Français et américains correspond aux accords passés sur le terrain entre la 3e DIA et 14th Armored.

Dimanche 18 au lundi 19 mars 1945, nuit

France, Alsace du Nord : la Ire armée créé une Task Force dénommée « Groupement Montsabert ».
Dans la nuit du 18 au 19 mars 1945, le chef d’état-major de la 1re armée, le colonel Demetz, fait connaître au 2e corps qu’une Task Force appelée « groupement de Monsabert  » sera constituée, en vue d’opérer au nord de la Lauter, dans le secteur de la 7e armée US. Elle comprendra la 3e DIA (Division d’infanterie Algérienne) et ses renforcements, la 5e DB (Division Blindée) et éventuellement un Combat Command de la 1re DB.
Sa mission entendue entre les généraux de Monsabert et Brooks, est d’attaquer en direction de Kandel, de détruire les forces allemandes au sud de l’Erlen et de s’emparer des passages du Rhin.

Lundi 19 mars 1945

Allemagne : ordre de la terre brûlé d’Hitler dénommé « Nero-Befehl ».
Avec l’ordre dénommé « Verbrannte-Erde-Befehl » ou « Nero-Befehl », Hitler demande que sur le front ouest, toutes les installations industrielles et de ravitaillement soient détruites lors du retrait et qu’on ne laisse que de la terre brûlée.

Allemagne, Rhin : préparation des opérations de franchissement des armées américaines.
Le général Patton commandant la IIIe armée US mettait un véritable point d’honneur à être le premier à franchir le Rhin avant les armées de Montgomery. Le 19 mars 1945, les généraux Patton et Hodges rencontrèrent le général Bradley : tous trois craignaient d’Eisenhower ne retienne la Ire et IIIe armée pour les adjoindre aux forces du maréchal britannique.
En conséquence, le général Bradley autorise Hodges à fortifier la tête de pont de Remagen et à s’entendre avec Patton pour progresser au-delà du Rhin en parfaite coordination. La IIIe armée de Patton traverserait le fleuve au-delà de Mayence et rejoindrait la Ire armée dans la vallée de la Lahn. L’impact de ces deux armées réunies forcerait alors, sans aucun doute, le corridor Francfort – Kassel avec une telle vitesse que le maréchal Montgomery en serait pour ses frais !
De multiples problèmes se posaient si on voulait envisager une action immédiate : il fallait transporter un matériel énorme à partir de l’arrière. Le général Patton donne pourtant l’ordre à ses hommes de quitter la Loraine et de foncer vers le Rhin. Il prétendait en agissant de la sorte de vouloir empêcher les Allemands de se ressaisir et de préparer leurs défenses.
L’état-major du général Bradley découvrait ainsi deux passages sur le Rhin, assez larges l’un et l’autre, mais facilement franchissables et facilitant des têtes de ponts sur la rive droite. Ces endroits se situaient, l’un entre Coblence et Andernach, l’autre entre Bonn et Cologne. De là, les troupes auraient directement accès aux magnifiques autoroutes qui mèneraient droit sur Francfort et Kassel. Et. Comme on va le voir ultérieurement, le général Patton foncera et damera le pion aux Britanniques avec quelques vingt-quatre heures d’avance.

Allemagne, Rhin : préparation des opérations de franchissement du 21e groupe d’armée.
Du côté anglais, le maréchal Montgomery avait bien préparé son plan dont l’objectif principal était Wesel à cause de son très bon réseau routier. La IIe armée de Dempsey passera le fleuve entre Rees et Wesel avec le 30e corps de Horrocks et le 12e de Ritchie. La 51e division anglaise des Highlands, avec la 9e brigade et la 3e division canadienne, traverseront à Rees et lanceront le premier assaut sur l’autre rive, tandis que la Ire armée canadienne tiendront la tête de pont de Nimègue et iront jusqu’à Emmerich, sur la rive droite, pour soutenir la 3e division canadienne qui passerait à cet endroit.
L’armée de Simpson passerait dans la zone de Rheinberg avec son 16e corps et les 30e et 79e divisions. Dès la phase finale des opérations nocturnes, Montgomery recevrait dès l’aube le soutien de deux divisions aéroportées, la 6e britannique et la 17e américaine, opérant toutes les deux sous le commandement du 8e corps aéroporté.
Cette opération, qui portait le nom de « Varsity » larguerait parachutistes et planeurs à quelques kilomètres de la rive pour leur permettre d’attaquer l’artillerie allemande et les défenseurs de Wesel. Les points de traversée ainsi dégagés, la Ire armée canadienne pourrait pousser vers le nord pour encercler les Allemands restés en Hollande, tandis que le IIe armée britannique s’enfoncerait dans la plaine allemande et que le IXe corps américain marcherait vers la Ruhr.
Tels étaient les plans alliés à la veille de ce qu’on pourrait appeler le second jour J de cette guerre : le passage du Rhin.

Lundi 19 mars 1945, 10 heures.

France, Lauterbourg : entrée des troupes de la Ire armée française.
Le 19 mars au matin, des éléments du C.C. 6 (Combat Command) et du 3e escadron du 4e R.T.T (Régiment de Tirailleurs Tunisiens) pénètrent dans Lauterbourg dont le pont sur la Lauter est détruit.
Témoignage du capitaine Sahuc commandant la 6e compagnie du 4e régiment de tirailleurs tunisiens : « Le 19 mars, au petit jour, l’escadron de chars légers du C.C.6 part en reconnaissance à Lauterbourg pour trouver un passage de franchissement. Repérées, ces troupes reculent sous les feux de l’artillerie allemande. Les chars détruisent le clocher du village allemand de Neulauterbourg d’où les guetteurs réglaient leur tir d’artillerie. Vers 10 heures, le char 48 est touché par un coup au but ». Il ne reste plus qu’une possibilité : passer la Lauter à Scheibenhardt ».

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Lauterbourg (mars 1945)

Lundi 19 mars 1945, 15h00

France, Scheibenhard : entrée des troupes de la Ire armée française.
Témoignage du capitaine Sahuc commandant la 6e compagnie du 4e régiment de tirailleurs tunisiens : « A 15 heures, ordre est donné au 3e régiment de tirailleurs algériens de lancer des patrouilles au nord de Salmbach pour tester le système défensif de l’ennemi et trouver une faille ». En route vers ce village frontalier, le capitaine Sahuc est contacté par le général Guillaume, qui se trouve près d’un calvaire avec sa jeep, au carrefour de Lauterbourg : « Vous voyez, Sahuc, lui dit-il, cette forêt, c’est le Bienwald. C’est l’Allemagne : il faut y entrer ». Chargé de cette mission, le capitaine reprend sa marche vers Scheibenhardt.
A la demande du commandant Chotin, l’infiltration et l’installation des deux compagnies dans le Scheibenhard français se réalisent avec la plus grande discrétion possible. En face, se tient le village allemand du même nom, avec un T en plus.
Depuis le départ de l’armée américaine qui s’était repliée en janvier 1945, les Allemands avaient fait venir des prisonniers ukrainiens pour construire des digues sur la Lauter afin de provoquer des zones d’inondation. Après quelques échanges de tirs difficiles, le capitaine Sahuc élabore une stratégie : « Constituer deux colonnes d’attaque, l’une face aux premières maisons allemandes… et l’autre colonne à la hauteur de la digue située en bordure du chantier de la scierie Lehmann. Il n’y a pas plus de 10% de chances de réussite sur mes points d’attaque… C’est un grand risque : il faudra jouer le tout pour le tout ».

Général de Monsabert avec le 2ème bataillon du 4ème RTT vers Scheibenhard avant l’attaque (photographies de l’ECPA)

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Slogan NAZI sur les murs : « Nous combattons pour l’avenir de nos enfants ! »

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Lundi 19 mars 1945, 16h00

France, Scheibenhardt : franchissement de la Lauter et entrée en Allemagne de la Ire armée française.
Témoignage du capitaine Sahuc commandant la 6e compagnie du 4e régiment de tirailleurs tunisiens : « 16 heures – les artilleurs se déchaînent : Les toitures s’effondrent, les murs s’écoulent ; les tuiles volent en éclats ; la fumée s’élève dans le ciel bleu… il fait beau. Deux chars avancent. 16 h 30 – L’artillerie se tait. Les sous-lieutenants Rixans et Bourin lancent leurs sections à l’assaut ».

Lundi 19 au mardi 20 mars 1945, nuit


Allemagne, Remagen : 2e tentative d’attaque allemande avec des nageurs de combat.
Dans la nuit du 19 au 20 mars 1945, les plongeurs de combat de la marine avaient l’intention de mettre à l’eau 63 mines flottantes pour les amener sur le pont. Mais une avancé américaine surprend les plongeurs.

France, Scheibenhard : lancement d’un pont sur la Lauter.
Dans la nuit, le Génie français jette un pont Treadway destiné aux blindés.

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Pont Bailey sur la Lauter

Mardi 20 Mars 1945

Allemagne, Remagen : lancement d’un pont Bailey sur supports flottants.
Le 20 mars 1945 le 3e Corps US achève la construction d’un pont Bailey sur supports flottants en aval de l’ancien pont de Remagen.

Allemagne, Ludwigshafen : prise de la ville par les troupes américaines.
Depuis début mars elle était dans la zone du front.

Allemagne, Mannheim : attaque américaine.
La 9e US-Air-Force mène une attaque de jour sur Mannheim.

Allemagne, Karlsruhe – Maximiliansau : destruction des ponts sur le Rhin.
Après que la Wehrmacht eut été délogé de la Ligne Siegfried, bousculée du Palatinat et rejetée sur la rive droite du Rhin, l’état-major allemand « coupe les ponts » en faisant sauter les ouvrages dont les travures sectionnées s’effondrèrent dans le Rhin le 20 mars 1945.

Description de l’ancien pont par le Génie des Troupes d’occupation en Allemagne (1947)

A la veille de l’effondrement allemand, les ponts de Maximiliansau, ou de Maxau, profilaient encore sur le Rhin leur puissante et élégante silhouette.
Ils avaient bénéficié de l’efficace protection d’une D.C.A. particulièrement dense et vigilante qui réussit à paralyser l’aviation alliée acharnée à leur destruction.
Les quelques dégâts superficiels que cette dernière avait réussi à leur causer furent toujours réparés en quelques jours.
L’acharnement réciproque des belligérants à tenter de détruire ces ouvrages, d’une part, à les protéger et les réparer, d’autre part, était parfaitement justifié par l’exceptionnelle valeur économique et stratégique du point de passage.
A l’avènement du national-socialisme l’importance des échanges entre le Palatinat et le Bade justifiait déjà le remplacement du pont de bateaux insuffisant dans sa solution périmée.
Vieux de 53 ans, il comportait deux voies charretières et une voie ferrée, mais il paralysait chaque jour d’avantage la navigation rhénane en plein essor.
A ces considérations économiques allait s’en ajouter une que la politique du IIIe Reich rendrait déterminante.
Situé à l’extrême sud rhénan du Palatinat, le point de passage de Maximiliansau présentait l’intérêt d’être le trajet le plus court pour transiter du Bade et du Wurtemberg les troupes et les matériels destinés à couvrir ou à emprunter les vies d’invasion des Vosges.
L’affaire sarroise, en augmentant l’intérêt de la ligne Siegfried n’auraient pu être conduits avec la même célérité et l’énergie désirables sans la construction des ouvrages qui devinrent un des nœuds stratégique de ses arrières.
Intégrés dans le vaste plan d’équipement du Reich en voies de communications, les ouvrages de Maximiliansau comprenaient un pont route et un pont voie ferrée, chacun à double sens de circulation et construits suivant les conceptions les plus modernes.
41 mois après l’ouverture des travaux le pont route fut ouvert à la circulation en février 1937. Le pont voie ferrée fut inauguré en octobre 1938, soit après 51 mois de travail.
7 200 tonnes d’acier avaient dû être usinés et mises en œuvre. Les fondations exigèrent 45 000 tonnes de béton armé et 9 000 000 de m3 de terrassement furent nécessaires pour construire les accès.
Ces quelques chiffres illustrent l’ampleur des travaux et justifient pleinement les délais exigés, malgré la puissance des moyens employés.


Allemagne, Neulauterbourg : avance des troupes françaises de la Ire armée.
Le 20 mars, le sous groupement (A) franchit la rivière, se porte vers Neulauterbourg (occupé par le III/4e RTT et aborde Berg avant d’être stoppé par un champ de mines. Sur la route de Büchelberg arrêtés par des tirs venants de la Ligne Siegfried, les tirailleurs du I/4e RTT doivent lancer un assaut infructueux au nord de Berg.

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Retour d’une mission de ravitaillement

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Bienwald : généraux de Lattre, Monsabert et Guillaume : réunion de coordination avec les voisins américains (photographies ECPA)

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Aux environs de Scheibenhardt en Allemagne (photographies ECPA)

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Mardi 20 mars 1945, 21h00

Allemagne, Undenheim : préparation du franchissement du Rhin près d’Oppenheim.
Le 20 mars 1945 à 21h00, le bataillon a reçu la mission de construire un pont flottant Treadway sur le Rhin à Oppenheim. Le bataillon se déplace immédiatement vers Undenheim et commence à préparer les flotteurs.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Mercredi 21 mars 1945

Allemagne : programme des bombardements Alliées pour préparer les franchissements du Rhin.
Le programme allié de bombardement intensif des ponts, des routes et voies ferrées allemandes le long du Rhin s’achève. La 8e US Air Force et la RAF concentre désormais ces attaques contre les terrains d’aviation ennemies et les casernes à l’est du Rhin.

Allemagne, rives du Rhin : bombardements de la RAF.
La RAF concentre ses attaques sur les installations ferroviaires de part et d’autre du Rhin avec 178 bombardiers (150 Halifax, 16 Lancaster et 12 Mosquito) des 4e, 6e et 8e groupes. Bilan : 1 Lancaster perdu.

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Bombardement des installations ferroviaires le long du Rhin par la RAF le 21 mars 1945

Allemagne, Münster : bombardements de la RAF.
Une autre attaque menée par 160 Lancaster du 3e groupe concerne le viaduc de chemins de fer de Münster. L’attaque fait 17 morts à Münster.

Allemagne, Brème : bombardements de la RAF.
Une autre attaque menée par 133 Lancaster et 6 Mosquito des 1er et 8e groupes concerne la raffinerie Deutsche Vacuum Oel de Brème. Le temps était clair. Aucune perte d’appareils. Par ailleurs, 20 Lancaster du 617e Squadron attaquent et détruisent deux travées du pont de voies ferrées d’Arbergen à côté de Brème. Bilan : 1 Lancaster de perdu.
Nombre de sorties du Bomber-Command de la RAF du 21 mars 1945 : 497 ; 5 appareils perdus.

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Bombardement de Brème le 21 mars 1945 par la RAF.

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Bombardement du viaduc ferroviaire d’Arberg près de Brème le 21 mars 1945 par la RAF

Mercredi 21 mars 1945, 8h00

Allemagne, Undenheim : préparation du franchissement du Rhin près d’Oppenheim.
Le 21 mars 1945 de 8h00 à 23h00 et le 22 mars, le 150e bataillon de combat du génie effectue les reconnaissances, rassemble les matériels de pontage et d’assaut et prépare les derniers plans pour la construction de l’ouvrage.
Le plan prévoyait de charger les camions 2,5 tonnes d’une section chacun, y compris les flotteurs de la zone de rassemblement du matériel à Undenheim, qui est situé à environ 8 miles (12,87 km) du site, jusqu’à Dexheim, un point de contrôle situé à 3 miles (4,8 km) du site. La dernière étape consiste à emmener le matériel dans un bras mort (« bassin » en anglais, petit port ou bras mort) protégé situé en amont du site pour assembler les portières.
Une compagnie est désignée pour préparer les flotteurs et les charger sur les camions et de préparer tout le matériel nécessaire.
Une deuxième compagnie est chargée d’assembler les portières dans le bras mort et de construire le pont.
Une troisième compagnie est chargée de construite un barrage contre les mines.
Deux compagnies de construction de ponts de chemin de fer et une section d’un autre bataillon du génie viennent en renfort. Ces derniers sont chargés de la mise en œuvre des grues, des vedettes, etc., et de fournir les matériels nécessaire aux différentes phases de construction.
Une compagnie d’un autre bataillon du génie est maintenue en réserve et une section est chargée de construire des protections antipersonnelles.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Allemagne, Büchelberg : les troupes françaises bloquées devant la Ligne Siegfried.
Le 21 mars 1945, le 1er G.T.M. (Groupement de Tabors Marocains) engagé sur la gauche du 3e R.T.A. (Régiment de Tirailleurs Algériens) est également bloqué par les défenseurs allemands au nord-ouest de Büchelberg.

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Sources

Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Collectif d’auteurs : Le Génie français en Allemagne 1946-1947 Documentation 4.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Wolfgang Gückelhorn : 7. März 1945 – Das Wunder von Remagen ; Helios Verlag, 2008, pages 30.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978, pages 58-59.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999 ; page 176.


Sites Internet

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Dernière édition par MJR le Jeu 9 Juil 2015 - 1:47, édité 19 fois

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Chronique des franchissements du Rhin : mars 1945 (suite)

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 4:01


Chronique des franchissements du Rhin : mars 1945 (suite)



Dernier complément et mise à jour : 13 AVRIL 2015


Jeudi 22 mars 1945


Allemagne, front Ouest : la course au franchissement du Rhin.
L’armée allemande se trouvait dans une situation lamentable : l’offensive des Ardennes lui avait coûté très cher en effectif, mais surtout en matériel. Un moment regonflé, le moral des troupes s’effondrait de plus en plus. Von Rundstedt, on l’a vu, venait d’être remplacé par Kesselring qui fit de son mieux pour défendre les abords du Rhin. Il concentra ses troupes en véritables nids de résistance disposés aux endroits qui paraissaient les plus propices pour la traversée.
De nombreuses pièces d’artillerie et de DCA avaient pu être récupérée et se trouvait placées en des points stratégiques. Kesselring devait à tout prix empêcher la traversée du fleuve, tout en s’évertuant à ce que les Alliés ne développent pas leur tête de pont à Remagen.
Mais ces efforts démesurés pour défendre ce qu’il n’était déjà plus possible de défendre, allaient s’avérer d’une pure inutilité. Kesselring pensait que l’endroit le plus logique pour une traversée du Rhin se situait au nord de Mayence, un peu en-dessous du confluent du Rhin et du Main, ce qui éviterait aux Alliés de devoir franchir deux fleuves.
Mais Kesselring comptait sur le subtil général Patton commandant la IIIe armée US. Celui-ci, imaginant bien que les Allemands s’attendaient à ce qui leur paraît logique, décida de jouer l’effet de surprise et de traverser plus en amont de Mayence.
Il ordonna à Eddy, qui commandait le 12e corps US, d’effectuer une feinte sur Mayence, puis de traverser plus haut, à Oppenheim. La 5e division US venait soutenir le 12e corps US. Elle était commandée par Irwin qui reçut l’ordre d’Eddy de se préparer à passer le Rhin le 21 mars au soir. La 5e division US était spécialiste du passage des cours d’eau : elle en avait au moins franchi une vingtaine depuis le déparquement de la Normandie. Néanmoins, Irwin se plaignit du peu de temps dont il disposait pour se préparer. Il ne put d’ailleurs être prêt avant une bonne journée et quand le lendemain 22 mars 1945 le général Patton lui fit comprendre qu’il devait passer la nuit même, Irwin affirma qu’il ne passerait pas dans les meilleures conditions et qu’il parviendrait tout au plus à lancer une tête de pont.
Montgomery, on s’en souvient, voulait passer le Rhin le premier, en Hollande, de manière à envelopper la Ruhr et à envahir l’Allemagne par l’Elbe et la Weser.

Allemagne, Ludwigshafen : attaque américaine.
Le XXe corps d’armée US commence son attaque sur Ludwigshafen.

Jeudi 22 mars 1945, 22h00

Allemagne, Oppenheim et Nierstein : franchissement de la IIIe armée US de Patton.
Le 22 mars 1945, à 22heures, les troupes américaines de la IIIe armée US commandée par le général Patton, commencent le franchissent le Rhin à Oppenheim et à Nierstein, soit 4 heures avant le début du franchissement des troupes britanniques du XXIe groupe d'armée commandée par le général Montgomery.
En effet, dès le 22 mars 1945, Patton était déjà en place et sa hâte de traverser, son dynamisme à activer les hommes, devaient porter ses fruits puisque, le 22 au soir, les Américains prenaient pied de l’autre côté du fleuve, damant le pion aux Britanniques.
A Oppenheim, le fleuve mesurait de 200 à 400 mètres de large. Pendant que les troupes du 3ème bataillon du 11ème régiment d’infanterie US de la 5ème division US passaient sur plus de 500 embarcations diverses, quelques 7 500 soldats du génie s’activaient déjà à mettre en place le premier pont sur le Rhin. Les premières vagues d’assaut passèrent à la rame dans la nuit calme et noire. Une fois qu’elles eurent pris pied sur l’autre rive, les renforts arrivent à bord de bateaux à moteur. Les premiers véhicules à atteindre la rive droite furent les bulldozers : il fallait préparer le terrain pour le débarquement.
L’effet de surprise fut total car si l’artillerie se tenait prête à soutenir le passage du régiment d’assaut, elle n’eut pas à intervenir. Les sapeurs purent travailler à la lueur de projecteurs et commencer à établir le pont et les aires de débarquement.
Le 1er bataillon du 11ème régiment d’infanterie US de la 5ème division US passait un peu plus loin à Nierstein, et les Américains firent prisonniers sept soldats allemands qui acceptèrent de ramener une barge sur la rive gauche.
Puis la lune se mit à briller et, brusquement, à Oppenheim, ce fut l’enfer pendant près d’une demi-heure. Les mitrailleuses allemandes crachèrent le feu au moment où les péniches se trouvaient au milieu du fleuve. Il y eut une vingtaine de morts. Si l’engagement fut dur, à minuit le régiment US était à pied d’œuvre et s’apprêtait à pousser vers les défenses allemandes.
Le second régiment américain pouvait passer. A l’aube seulement surgirent quelques avions à croix gammée qui mitraillèrent les points de débarquement, mais sans causer énormément de dommages. Les Allemands bombardèrent également le village. Il n’y eut pas de perte.
Au soir du 24 mars, la 5e division US, spécialisée dans le franchissement des cours d’eau, était entièrement passée et un pont provisoire permettait aux chars de franchir le fleuve.
Il est vrai que les forces ennemies de la rive droite étaient plutôt caduques : les Allemands devaient couvrir une centaine de kilomètres de défenses, de Mayence à Mannheim et les rares troupes qui tenaient cette ligne, étaient constituées de tout jeunes gens. Après le franchissement, les troupes américaines attaquent en direction de Francfort.

Allemagne, Oppenheim : construction du 1er pont flottant.
Le 22 mars 1945, à 22h00, franchissement d’assaut du Rhin par la 3e armée US du général Patton sur le site d’Oppenheim. Après le franchissement, les troupes américaines attaquent en direction de Francfort.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Jeudi 22 mars 1945 : 22h15

Allemagne, Wesel : bombardement britannique avant l’attaque.
Le RAF Bomber Command lance un important raid de bombardement de Wesel juste avant l’attaque de la 1re brigade de commandos britanniques. L’avantage tactique de ce bombardement si proche des troupes amies assure la réussite de l’opération.

Jeudi 22 mars 1945, 24h00

Allemagne, Oppenheim : construction du 1er pont flottant.
Le 22 mars 1945, à 24h00, deux heures après l’assaut, l’ordre est donné de lancer la construction. Toutefois la priorité est donnée au déchargement des chalands LCVP de l’US Navy. Compte tenu qu’aucune grue n’était en mesure de lever seule un chaland, nous les déchargeons avec un bouteur et une grue quickway.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Vendredi 23 mars 1945 : 2h00


Allemagne, Xanten : franchissement du 12e corps britannique.
Le 12e corps britannique attaque et franchit le Rhin à Xanten avec la 15e division Ecossaise. Dans un premier temps la résistance ennemie est faible, mais elle se raffermie lorsque les troupes tentent de capturer les agglomérations situés la rive droite du Rhin.

Allemagne, sud de Wesel : franchissement de la 9e armée US.
La 9e armée US commence le franchissement de la 30e division du 16e corps US au sud de Wesel. La 180e division allemande résiste un peu.

Vendredi 23 mars 1945 : 3h00

Allemagne, Xanten : franchissement du 16e corps britannique.
Le 16e corps fait franchir sa 79e division près de Rheinberg face à une opposition négligeable.

Vendredi 23 mars 1945, 6h00

Allemagne, Oppenheim : construction du 1er pont flottant près d’Oppenheim.
Le 23 mars 1945, vers 6h00, le premier chaland de l’US Navy est assemblé et traverse le Rhin.  
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Franchissement discontinu par les chalands de type LCP de l’US Navy

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Vendredi 23 mars 1945 : à l’aube


Allemagne, de Rees à Dinslaken : franchissements du 21e groupe d’armée de Montgomery.
Les troupes de Montgomery ont fait passer quatre divisions complètent qui ont établies une tête de pont de Rees à Dinslaken. La résistance allemande commence à se raidir plus que les troupes s’enfonce dans le territoire. Le commandant allemand du groupe d’armée H, le général von Blaskowitz fait venir ses réserves du 47e corps blindé ; la 15 Panzergrenadier Division arrive du sud de la frontière des Pays-Bas  pour contrer l’attaque du 30e corps britannique qui franchit le Rhin à Rees.

Vendredi 23 mars 1945, 7h00


Allemagne, Oppenheim : construction du 1er pont flottant.
Le 23 mars 1945, à 7h00, avec la levée du jour, l’ennemie découvre l’opération et commence à bombarder la zone d’assemblage des portières dans le bras mort. Malgré le tir, chacun continue son travail et le travail n’est pas ralenti. Le chef de section de la tête de pont réalise que le feu doit être dirigé d’un lieu tout proche et découvre 17 Allemands dans un ouvrage de fortification de campagne qui dirigeait les tirs par téléphone. Ils sont faits prisonniers et l’artillerie continua cependant à tirer pendant une heure, n’ayant qu’un effet de harcèlement.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Compresseur Leroi Collection de l’ASMHP à la Wantzenau (photographie MJR Avril 2012)

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Photographie 150th Engineer Combat Bataillon

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Vendredi 23 mars 1945


Allemagne, Wesel : bombardements de la RAF.
Bombardement de Wesel par 80 Lancaster du 3e groupe. Wesel est une agglomération importante de la rive droite du Rhin, située en face de l’attaque des troupes britanniques. Le raid est efficace et aucun appareil n’est perdu.

Allemagne, Bienwald : les troupes françaises bloquées devant la Ligne Siegfried.
Le 23 mars 1945, les objectifs français sont Maximiliensau et Rheinzabern. Le groupement Leblanc du 1er G.T.M. (Groupement de Tabors Marocains) tente d’atteindre Schaidt, mais les goumiers et les blindés sont stoppés à cent mètres des casemates. Le général Guillaume décide de faire passer le C.C. 6 par la brèche faite dans la Ligne Siegfried dans le secteur américain au sud-ouest de Bergzabern.

Vendredi 23 mars 1945 : 9h50


Allemagne, près de Rees : opérations aéroportées devant la tête de pont de Rees.
La 1re division aéroportée américaine du 18e corps US commence les largages dans la région de la forêt de Diersfordt au nord de Wesel. Les avions de transport avec les parachutistes et les planeurs d’assaut volant très bas, souffrent énormément de la concentration de la défense anti-aérienne allemande. La forêt de Diersfordt et les ponts sur la rivière Issel sont pris. Le contact entre les parachutistes US et les troupes du 12e corps britannique se font plus tard.

Vendredi 23 mars 1945, 11h30


Allemagne, Oppenheim : construction du 1er pont flottant.
Le 23 mars 1945, à 11h30, deux avions ennemis mitraillent et bombardent le site. Résultat : une portière endommagée ; elle est réparée au bout d’une demi-heure.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Vendredi 23 mars 1945, 17h45-18h00


Allemagne, Oppenheim : construction du 1er pont flottant.
Le 23 mars 1945, à 17h45, le pont est ouvert au trafic, pendant que des câbles d’amarrage supplémentaires sont installés. Le pont a été construit en partant de la rive ennemie, car les vedettes de poussée avaient rencontrée des branchages immergés. La longueur du pont est de 972 feet (296,2656 m). Quelques tirs d’armes légères ennemies partaient toutefois de constructions situées en amont hors de la tête de pont.
A 18h00 le premier barrage contre les mines est installé. Ultérieurement une compagnie du 145e Combat Engineer Bataillon installe un deuxième barrage contre les mines et une estacade flottante contre les corps dérivants (pour les Américains un barrage anti-bateaux).
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Photographies du 150th Engineer Combat Bataillon

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Vendredi 23 au samedi 24 mars 1945, nuit


Allemagne, Wesel : bombardements de la RAF.
Dernier bombardement de Wesel par 195 Lancaster et 23 Mosquito des 5e et 8e groupes. Aucune perte d’appareil. La ville de Wesel a le triste honneur d’avoir été la ville la plus bombardée d’Allemagne : 97% des immeubles sont détruits ; la population a diminuée de 25 000 en 1940 à 1 900 en mai 1945. Dans la foulée de ce dernier bombardement, la brigade de commandos britanniques attaque la ville de Wesel.

Vendredi 23 mars 1945, 21h00

Allemagne, Rees : début du franchissement du Rhin par la IIe armée britannique.
Le 23 mars 1945, à 21h00, débute le franchissement de 51ème Highland Division de la IIème armée à Rees.

Vendredi 23 mars 1945, 22h00


Allemagne, Wesel : début du franchissement des commandos britanniques et bombardements aériens.
Le général Montgomery entretemps, n’était certes pas resté inactif. Pris de court par le général Patton, il n’avait rien modifié à son plan initial. Le mouvement de ses troupes, masqué par deux journées de fumée artificielle, il avait fait traverser les Britanniques dans la région de Wesel sur des chars amphibies. En même temps, 1 396 planeurs déversèrent à l’arrière des lignes allemandes, une masse de parachutistes qui prisent l’ennemi à revers.
Le passage des troupes avait été soutenu, contrairement à ce qui s’était passé pour les Américains, par un violent feu de barrage : en deux heures, deux batteries de DCA n’avaient pas tiré moins de 14 000 obus !
Le passage avait été miraculeusement organisé par le « buveur d’eau » comme on surnommait Monty.
Des deux côtés du fleuve, des équipes spécialisées veillaient à ce que les priorités préétablies soient maintenues. Sur la rive droite, ces mêmes groupes acheminaient les soldats vers les aires de débarquement où ils devaient se regrouper. Le 23 vers 22 heures, des commandos traversèrent le fleuve silencieusement et attendirent le fleuve silencieusement et attendirent avec ce flegme typiquement britannique que des bombardiers de la RAF eussent largué 1 100 tonnes de bombes sur Wesel. L’opération prit un quart d’heure. Après quoi les troupes pénétrèrent dans la ville. Ou du moins de ce qui en restait. Ce ne fut pas sans peine d’ailleurs : les Allemands se battaient encore avec un acharnement exceptionnel. Il fallut toute la nuit pour que Wesel se rende aux Anglais.
Les 21 000 hommes des troupes aéroportées qui avaient atterri sur le sol allemand, au nord de la Lippe, permirent à leurs congénères qui venaient de traverser de progresser rapidement. La IXe armée US, qui restait sous les ordres de Montgomery pour la traversée, opéra sa jonction avec les parachutistes. En décrivant un arc de cercle, elle prit à revers les troupes de Model, soit 19 divisions et 150 000 hommes : le tiers des forces allemandes de l’ouest.
Kesselring tenta, mais en vain, de dégager Model. Les hommes de ce dernier se rendirent par bataillons entiers. Model, on l’a vu, se suicida. Il serait bien difficile de comprendre pourquoi les diverses unités de l’armée allemande continuaient à se battre à l’ouest : leur situation était absolument sans espoir aucun.
Le réseau des communications était coupé, les gares détruites et les voies impraticables. Les chasseurs alliés n’arrêtaient pas de patrouiller au-dessus de toutes les routes d’importance, mitraillant tous les véhicules et tous les soldats isolés. Les bombardiers s’acharnaient sur Ulm, Munich, Nuremberg, Postdam, Vienne et Würzburg.
Les armes secrètes allemandes n’avaient donné aucun résultat et les avions à réaction, tels que le Me 262 n’avaient pu être construits en nombre suffisant pour se lancer dans la bataille avec efficacité. Tout manquait aux Allemands : le temps et le carburant.

Vendredi 23 mars 1945 : 24h00

Allemagne, près de Rees : têtes de pont du 21e groupe d’armée consolidées.
La tête de pont par-dessus le Rhin de Montgomery est en sûreté, et seule la situation autour de Rees et du flanc gauche lui a causé quelques soucis.

Vendredi 23 au samedi 24 mars 1945, nuit

Allemagne : franchissements du Rhin par les Alliés à Rees, Emmerich et Rheinberg.
Ce fut dans la nuit du 23 au 24 que passèrent la 51e division britannique des Highlands, la 3e division canadienne (entre Rees et Emmerich), et la IXe armée US près de Rheinberg.
Partout, l’avance se faisait impitoyable et à une vitesse incroyable. Il est vrai que les forces allemandes n’étaient pas de taille à résister à ce ra de marrée. Bientôt, les tanks traversaient le Main et fonçaient vers le cœur de l’Allemagne. Les défenses du Rhin étaient brisées et il fallait poursuivre à l’intérieur du pays.

Samedi, 24 mars 1945, 2h00

Allemagne, Büderich : début du franchissement du Rhin par la IXe armée US.
Le 24 mars 1945, à 2h00, débute le franchissement du Rhin du 119ème régiment d’infanterie de la 30ème division d’infanterie (IXe armée US) à Büderich.  

Allemagne, Wallach : début du franchissement du Rhin par la IXe armée US.
Le 24 mars 1945, à 2h00, débute le franchissement du Rhin du 117ème régiment d’infanterie de la 30ème division d’infanterie (IXe armée US) à Wallach.

Allemagne, Rheinberg : début du franchissement du Rhin par la IXe armée US.
Le 24 mars 1945, à 2h00, débute le franchissement du Rhin du 120ème régiment d’infanterie de la 30ème division d’infanterie (IXe armée US) à Wallach.

Allemagne, Xanten : début du franchissement du Rhin par la IIe armée britannique.
Le 24 mars 1945, à 2h00, débute le franchissement du Rhin de la 15ème Division écossaise de la IIème armée britannique, à Xanten.

Samedi, 24 mars 1945, 3h00

Allemagne, Walsum : début du franchissement du Rhin par la IXe armée US.
Le 24 mars 1945, à 3h00, débute le franchissement du Rhin du 315ème régiment d’infanterie de la 79ème division d’infanterie (IXe armée US) à Walsum.  

Allemagne, Orsoy : début du franchissement du Rhin par la IXe armée US.
Le 24 mars 1945, à 3h00, débute le franchissement du Rhin du 313ème régiment d’infanterie de la 79ème division d’infanterie (IXe armée US) à Orsoy.  

Samedi, 24 mars 1945

Allemagne, Wesel : début de l’opération aéroportée « Varsity » sur la tête de pont.
Le 24 mars, ce fut l’opération « Varsity » : escortés par 889 chasseurs, 1 696 avions de transport chargés de parachutiste et remorquant 2 348 planeurs ayant à leur bord 21 680 fantassins, larguèrent tout ce contingent au nord de Wesel. Plus de 200 quadrimoteurs chargés de 582 tonnes de ravitaillement suivaient cette armada aérienne.

Samedi 24 mars 1945, 15h00


Allemagne, Oppenheim : construction du 2e pont flottant.
Le 24 mars 1945, à 15h00, le bataillon reçoit se voit confié la mission de construire un second pont flottant dans la ville d’Oppenheim. Le site choisi était situé à environ 1 000 pieds (304,80 m) en amont du premier pont. La route d’accès sur la rive droite était en mauvais état et la sortie du pont donnait sur un chemin de berge. Une compagnie reçoit la mission de construire la culée côté rive gauche. La compagnie B reçoit la mission de gonfler et d’assembler les flotteurs. La compagnie A doit aménager la rive arrivée et d’assembler les portières.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Samedi 24 mars 1945, 16h30


Allemagne, Oppenheim : construction du 2e pont flottant.
Le 24 mars 1945, à 16h30, le travail commence dans le port par la mise en place des supports sur les flotteurs. La 997th Treadway Bridge Company est arrivée à 16h00 avec son matériel. A ce moment-là on a décidé d’assembler le pont en amont du site. La zone est dégagée par des deux bouteurs D7 et deux grue quickway se mettent en place. Les camions 2,5 T transportent les flotteurs et les assises. Deux compresseurs sont utilisés pour le gonflage des flotteurs. L’une des grues déchargeait les camions et l’autre met en place le platelage Treadway sur les flotteurs mis à l’eau et les vedettes prenaient en compte les portières.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Samedi 24 mars 1945, 22h00

Allemagne, Oppenheim : construction du 2e pont flottant.
Le 24 mars 1945, vers 22h00, la construction du pont par assemblage des portières se poursuit sur le Rhin.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Allemagne, franchissement du Rhin par la 3e armée U.S. du général Patton à Nierstein.
C’est que la veille, avec d’immenses moyens, la 3e armée U.S. du général Patton vient de traverser à Nierstein ; la VIIe armée du général Patch doit, à son tour, franchir le fleuve quelques jours plus tard. Nos alliés vont ainsi acquérir les débouchés sur les voies de pénétration du Main et du Neckar. Il faut que, nous aussi, nous puissions par Karlsruhe, viser la trouée de Pforzheim.


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Franchissement de la 3e armée US à Nierstein (Datée du 23/03/1945)

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Franchissement de la 3e armée US à Nierstein (Datée du 23/03/1945)

France, Alsace, Bollwiller : Génie de la 1re armée française, travaux de la compagnie du génie 101/3.
Le 24 mars, la Cie 101/3 est à Bollwiller et procède à la réfection de 4 ouvrages de voie ferrée ; 3 sont terminés, le 4e (pont d’Assstadt) ouvrage de béton armé, doit être décoffré le 25.

Samedi 24 mars 1945, soir


Allemagne, Speldrop et Emmerich : les troupes anglo-canadiennes se heurtent à une forte résistance.
Le 24 au soir, les troupes anglaises et canadiennes furent finalement bloquées à Speldrop, face à un corps allemand de parachutistes qui ne décrocha qu’après deux jours de combats fantastiques.
Les Canadiens devaient poursuivre sur leur lancée vers Emmerich, mais ne purent prendre la ville d’une semaine plus tard. Pour Montgomery, la bataille du Rhin paraissait gagnée. Malgré les poussées alliées ultra rapides, rien cependant ne se passa très vite. L’avance éclair se limita à quelques vingt-cinq kilomètres à l’intérieur de la rive droite. Plus ils reculaient et plus les Allemands se battaient avec rage.

Allemagne, Ludwigshafen et Mayence : les deux villes sont occupées par les troupes américaines.
De petits combats ont eu lieu sur le terrain de l’usine. L’artillerie américaine a pris tiré dans la zone de l’étang Stöckerweiher et sur les réservoirs de stockage près d’Oppauer Tor et sur la cokerie près du Ziegelhof. Dès que le drapeau blanc fut hissé, les troupes américaines entrèrent dans l’usine d’Oppau par le nord pour la sécuriser. A partir de ce moment, l’usine BASF de Ludwigshafen a été remise aux autorités militaires américaines.

Samedi 24 au dimanche 25 mars 1945, nuit

Allemagne, Wiesbaden : contre-attaque des élèves de l’école des officiers de Wiesbaden.
Dans la nuit du 24 au 25, des élèves officiers d’une école de Wiesbaden tentèrent une attaque par surprise mais furent repoussés avec fracas.

Allemagne, Boppard et St-Goar : franchissement du 8e corps US
Entretemps, le 8e corps de Middleton avait franchi le fleuve en deux endroits différents, à Boppard et St-Goar, situés sur les gorges du Rhin, là où le fleuve se coince entre les parois abruptes. Passages difficiles s’il en était, mais Patton tenait à ce que le 8e corps, une fois passé le Rhin, puisse rejoindre la Ire armée de Hodges parti de Remagen.

Dimanche 25 mars 1945, 0h01

Allemagne, Boppard : début du franchissement du Rhin par la IIIe armée US.
Le 24 mars 1945, à 0h01, débute le franchissement du Rhin du 345ème régiment d’infanterie de la 87ème division d’infanterie, du 8e corps d’armée (général Middleton) de la IIIe armée US, à Boppard.  
Boppard, St-Goar et Oberwesel sont situés sur les gorges du Rhin, là où le fleuve se coince entre les parois abruptes. Ces passages sont certes difficiles, mais le général Patton tenait à ce que le 8e corps d’armée US, une fois passé le Rhin, puisse rejoindre la Ire armée de Hodges partie de Remagen.

Allemagne, Rhens : début du franchissement du Rhin par la IIIe armée US.
Le 24 mars 1945, à 0h01, débute le franchissement du Rhin du 345ème régiment d’infanterie de la 87ème division d’infanterie, du 8e corps d’armée (général Middleton) de la IIIe armée US, à Rhens.  

Dimanche 25 mars 1945, 2h00

Allemagne, St-Goar : début du franchissement du Rhin par la IIIe armée US.
Le 24 mars 1945, à 2h00, débute le franchissement du Rhin du 354ème régiment d’infanterie de la 89ème division d’infanterie, du 8e corps d’armée (général Middleton) de la IIIe armée US, à St-Goar.  
Boppard, St-Goar et Oberwesel sont situés sur les gorges du Rhin, là où le fleuve se coince entre les parois abruptes. Ces passages sont certes difficiles, mais le général Patton tenait à ce que le 8e corps d’armée US, une fois passé le Rhin, puisse rejoindre la Ire armée de Hodges partie de Remagen.

Allemagne, Oberwesel : début du franchissement du Rhin par la IIIe armée US.
Le 24 mars 1945, à 2h00, débute le franchissement du Rhin du 353ème régiment d’infanterie de la 89ème division d’infanterie, du 8e corps d’armée (général Middleton) de la IIIe armée US, à Oberwesel.  
Boppard, St-Goar et Oberwesel sont situés sur les gorges du Rhin, là où le fleuve se coince entre les parois abruptes. Ces passages sont certes difficiles, mais le général Patton tenait à ce que le 8e corps d’armée US, une fois passé le Rhin, puisse rejoindre la Ire armée de Hodges partie de Remagen.

Dimanche 25 mars 1945


Allemagne, tête de pont de Rees : arrivée de renforts ennemis et ouverture du pont Bailey.
D’autres divisions franchissent le Rhin et les opérations de construction de ponts sont en cours. Les tirs d’artillerie ennemie sur les rives du Rhin commencent à s’atténuer et de plus en plus de batteries allemandes se retirent. Blaskowitz envoi plus de réserve avec la 116e division blindée « Panzerdivision » contre le 16 corps US au sud de la rivière Lippe. La 15e division britannique envoie une colonne blindée à travers la zone de saut des parachutistes et engage l’ennemie sur le côté éloigné de la tête de pont. Le pont Bailey américain par-dessus le Rhin est ouvert.

Allemagne, Rees : développement des têtes de ponts.
Le 25 mars cependant, la tête de pont alliée se situait déjà sur quarante-cinq kilomètres de long avec une profondeur moyenne de dix kilomètres.

Allemagne, Wörth : jonction des deux sous-groupements français.
Le 25 mars 1945, le sous groupement C.C.6 et le 3ème R.T.A. entrent dans Wörth où les deux sous-groupements du C.C. 6 font leur jonction. La rive gauche du Rhin est occupée par les alliées et le groupement d’exploitation de Monsabert est dissous et ses éléments repassent aux ordres du 2e corps le 26 mars 1945.

Fortifications du Westwall près du Bienwald dans le Palatinat : Barrage antichar avec des dents de dragon (photographies ECPA)

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Casemate de la ligne Siegfried (Westwall) occupée par les troupes de la Ire armée française (photographie ECPA)

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Dents de dragons du barrage antichar du Westwall à la lisière de la forêt du Bienwald
(photographies ECPA)

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Dimanche 25 mars 1945, 9h30


Allemagne, Oppenheim : construction du 2e pont flottant.
Le 25 mars 1945, à 9h30, les pontonniers américains ont quelques difficultés pour l’assemblage final des deux parties de pont.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

Allemagne, Ludwigshafen : occupation de la ville par le XX. Corps d’armée US

Allemagne, Mannheim : destruction des ponts.
A Mannheim, les ponts du Neckar (hormis le pont Adolf-Hitler-Brücke) sont détruits le 25 mars 1945

France : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin.
Le commandement suprême allié (SHAEF) ne prévoyait pour les 7 D.I. de notre armée qu’une mission défensive : tenir le Rhin de Bâle à la Lauter. Le 25 mars de Lattre décide, en accord avec de Gaulle, de franchir au plus vite le Rhin pour défendre le prestige de la France. Alors que les Américains ont passé le Rhin près d’Oppenheim, pris Mannheim et descendent sur Spire, les Français, qui souhaitent effacer le souvenir de la défaite de 1940 et paraître en vainqueur lors de la future reddition allemande, sont décidés à participer à la conquête de l’Allemagne. Le général de Lattre a écrit : « Pour un Français, le problème ne se pose pas : participer à l’invasion de l’Allemagne est pour notre pays un devoir et un droit ». Ainsi le 25 mars 1945, dans la soirée, le général de Lattre convoqua à son P.C. de Guebwiller le général de Monsabert, commandant le 2e C.A. et ses divisionnaires ainsi que le général Dromard, en vue de décider des mesures à prendre pour franchir le Rhin dans les plus brefs délais.
Les sapeurs de la Ire armée française se voyaient confier une mission dont plusieurs générations avaient rêvé et qui n’avait pas accomplie par les armées françaises depuis cent quarante-cinq ans. Cependant, une série de circonstances donnèrent à l’opération un caractère improvisé.

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Insigne du Génie de la Ire armée française

France, Alsace : ordre de mouvement du 1er bataillon du 101e Génie.
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France, Alsace, Bollwiller : Génie de la 1re armée française, travaux de la compagnie du génie 101/3.

Le 24 mars, la Cie 101/3 est à Bollwiller et procède à la réfection de 4 ouvrages de voie ferrée ; le 4e (pont d’Assstadt) ouvrage de béton armé, doit être décoffré le 25. Dimanche 25 mars, la compagnie est au repos (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Allemagne, Spire : la garnison américaine s’installe.
Les nouvelles directives sont affichées : blocage presque intégral des avoirs bancaires ; couvre-feu sauf entre 9 heures et 11 heures et de 15 heures à 17 heures ; de toute façon il n’y avait plus rien à chercher, les magasins étaient fermés ; suite au sabotage du central téléphonique, le réseau téléphonique resta en panne jusqu’au mois de juin. Les troupes de combats poursuivent leur chemin et c’est les réserves qui les remplacent. Dans la nuit dimanche à lundi, l’artillerie allemande tire par-dessus le Rhin. Les Américains auraient essayés de franchir le Rhin vers Angelhof. Ils auraient réussis à franchir du côté de l’île Kollerinsel. Les appareils photos et les jumelles ont été confisquées. Le calme s’installe en ville. La folie guerrière est passée sans trop de dégâts sur la ville.

Dimanche 25 mars 1945, 11h00-12h00

Allemagne, Oppenheim : construction du 2e pont flottant.
Le 25 mars 1945, à 11h00, le pont est bouclé et les travaux d’aménagement de la rive arrivée commencent. Le pont d’une longueur de 1 116 pieds (350,1568 m) a été ouvert au trafic à partir de 12h00. Pendant toute la construction, l’ennemie a procédé à trois attaques contre la ville.
Source : compte-rendu de l’état-major du 150th Engineer Combat Bataillon (150e bataillon de combat du génie américain).

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Dimanche 25 mars 1945, soir

France : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin.
Le 25 mars 1945, dans la soirée, le général de Lattre convoqua à son P.C. de Guebwiller le général de Monsabert, commandant le 2e C.A. et ses divisionnaires ainsi que le général Dromard, en vue de décider des mesures à prendre pour franchir le Rhin dans les plus brefs délais.
Ainsi, les sapeurs se voyaient confier une mission dont plusieurs générations avaient rêvé et qui n’avait pas accomplie par les armées françaises depuis cent quarante-cinq ans.
Dès le début de la campagne de France, le Génie de l’armée s’était préoccupé de cette éventualité. Cependant, une série de circonstances donnèrent à l’opération un caractère improvisé.
Il importe donc, avant de décrire les franchissements d’assauts, de préciser la situation générale le 25 mars, ainsi que la situation particulière du Génie caractérisé par une certaine pauvreté en matériel. C’est la genèse du franchissement.
Puis, nous verrons comment les reconnaissances permirent de choisir les lieux de franchissement en fonction d’une manœuvre imposée en fait par nous à nos alliés.
Les heures héroïques et souvent difficiles des franchissements ayant été contées, il ne restera plus qu’à exposer comment furent opérés les lancements de ponts pour assurer les lignes de communications de nos troupes, profondément enfoncées au cœur du Wurtemberg, sur les rives du Danube et jusque dans le Tyrol.

Genèse du franchissement

« Pour un Français, a écrit le Général de Lattre, le problème ne se pose pas : participer à l’invasion de l’Allemagne est pour notre pays un devoir et un droit ».
Pourtant, le commandement suprême allié (SHAEF) ne prévoyait pour les 7 D.I. de notre armée qu’une mission défensive : tenir le Rhin de Bâle à la Lauter. Or la raison invoquée pour notre éclipse, à la participation au plan « Eclipse » était l’insuffisance de moyen de franchissement.
Au début du mois de février 1945, l’Alsace est libérée. La 1re armée borde le Rhin de Strasbourg à Bâle. Si les alliés reconnaissent le rôle joué par la 1re armée française et la 2e D.B., ils ne comptent plus spécialement sur les Français pour des missions de premier plan dans la conquête de l’Allemagne. Alors que les Américains ont passé le Rhin près d’Oppenheim, pris Mannheim et descendent sur Spire, les Français, qui souhaitent effacer le souvenir de la défaite de 1940 et paraître en vainqueur lors de la future reddition allemande, sont décidés à participer à la conquête de l’Allemagne.
Le 25 mars de Lattre décide, en accord avec de Gaulle, de franchir au plus vite le Rhin pour défendre le prestige de la France.


Sources

Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Collectif d’auteurs : Damals und Heute – Die Überquerung des Rheins, 1985.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Wolfgang Gückelhorn : 7. März 1945 – Das Wunder von Remagen ; Helios Verlag, 2008, pages 30.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978, pages 58-59.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999 ; page 176.


Sites Internet

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Dernière édition par MJR le Mer 9 Sep 2015 - 7:16, édité 30 fois

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Chronique franchissement du Rhin : mars 1945 (suite)

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 4:17

Chronique franchissement du Rhin : mars 1945 (suite)


Dernier complément et mise à jour : 10 AVRIL 2015


Dimanche 25 – lundi 26 mars 1945, nuit

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim.
Le général de Lattre donne l’ordre dans la nuit du 25 au 26 mars, de traverser d’urgence, ne serait-ce qu’un bataillon.

Lundi 26 mars 1945, 1h30


France, Alsace, Bollwiller : Génie de la 1re armée française, transfert de la compagnie du génie 101/3.
Lundi 26 à 1h30 la compagnie est alertée et doit faire mouvement à 7h00 sur Seltz. (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Lundi 26 mars 1945, 2h30


Allemagne, Hamm : début du franchissement du Rhin par la VIIe armée US.
Le 26 mars 1945, à 2h30, débute le franchissement du Rhin de la 45ème division d’infanterie de la VIIe armée US, à Hamm.  

Allemagne, Frankenthal : début du franchissement du Rhin par la VIIe armée US.
Le 26 mars 1945, à 2h30, débute le franchissement du Rhin de la 3ème division d’infanterie de la VIIe armée US, à Frankenthal.  

Lundi 26 mars 1945, 6h00

France : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin.
Du 26 au 28 mars, le Génie installe un PC tactique à Seltz, rassemble du matériel de franchissement et commence des repérages  en zone française puis en zone américaine dans la région de Germersheim. Pendant ce temps les Français mènent des négociations avec les Américains pour étendre leur zone jusqu’à Spire.

France : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin.
Les sapeurs sont confrontés à un important manque de matériel, même si dès septembre 1944 le commandement français avait envisagé une traversée du Rhin et commence la fabrication de 600 m de ponts.
Le 101e RG dispose de bateau d’assaut-pont 1944.
Le 96e bataillon du génie dispose de portières Treadway.
Le 211e bataillon de ponts lourds dispose de matériel Heavy-Ponton.
Les bataillons II/17 et I/151 sont placés en réserve pour aménager les accès.
Lorsque le commandement allié accepte de remonter le secteur français jusqu’à Spire, il alloue un important matériel : 200 demi-bateaux M 2, 50 bateaux d’assaut, 50 Stormboats, 2 unités de pont Treadway (soit 500 m de pont) et 2 unités de matériel Heavy-Ponton (soit 100 m de pont). Ce matériel n’arrive qu’à partir du 31 mars et il permet ainsi de compenser les lourdes pertes. Cependant la somme des matériels français et américains de la 1e armée reste six fois inférieure à ce dont dispose la 3e armée US.

Allemagne, 1re armée française : préparation des matériels de franchissement.
Dès réception des directives du Commandant en chef, le général Dromard fait rassembler tout le matériel disponible et envoie le colonel Douchy et le lieutenant-colonel Caminade établir un P.C. tactique à Seltz, auprès du 2e C.A. Le 26 mars, à 6 heures, le P.C. tactique est installé ; dans la soirée du même jour, le matériel commence à arriver ; il est stocké dans la forêt voisine.
Le poids de ce matériel atteignait 1 500 tonnes ; son transport fut effectué en une seule rotation grâce à 4 400 camions et 30 porte-chars que le 4e bureau de l’état-major de l’armée mit à la disposition du Génie. Et cependant, il ne comprenait qu’une quantité extrêmement réduite d’engins propres aux franchissements de vive force. Tous les moyens divisionnaires avaient, pourtant, été mis en pool, mais ce pool ne comprenait que 125 demi-bateaux M2 ; 76 propulseurs.
Nous étions par contre plus riches en matériel de pontage. Outre la division d’équipage Treadway de la 5e D.B. et le matériel « Haevy Ponton » du 211e bataillon de ponts lourds, tous deux américains, nous disposions d’un important matériel de fabrication française. En effet, dès le 7 septembre 1944 à Mâcon, le général Dromard avait fait commander, par le colonel Cressain, aux chantiers français, un matériel de pontage destiné à franchir le Rhin. Faute de pouvoir faire fabriquer un matériel de force portante supérieure, on s’était contenté de 600 m de ponts de 10 tonnes. Ce pont s’inspirait d’ailleurs de l’ancien pont français 1935, mais, étant donné la situation de notre industrie, on avait dû remplacer le bateau en duralumin par un support flottant en acier divisible en deux parties. Le matériel 1935/44 commence à sortir au début de février et le 25 mars, nous possédons déjà 80 bateaux et 300 m de travure.
Les prévisions lointaines n’avaient pas seulement porté sur le matériel. Une instruction intensive menée sur le Doubs et le Rhône avait permis de familiariser au courant rapide les sapeurs du 101e Génie, du 17e R.C.G. et du 96e bataillon. Six bataillons étaient prévus pour le franchissement du Rhin : les 2 bataillons du 101e Génie, chargés de la manœuvre des bateaux d’assaut et de la construction du pont 1935/44 ; la compagnie de ponts du 96e Génie, qui doit mettre en œuvre les portières Treadway ; le bataillon 2/17 qui, à la fois, fournit un appoint de propulsistes au 101e Génie et aménage les accès avec le 1/151e Génie.
Ainsi, allait-il être possible de traverser de vive force la valeur de deux bataillons, d’alimenter les franchissements par portières et de construire un pont. Mais encore fallait-il reconnaître les emplacements les plus favorables pour effectue le franchissement.

25 au 26 mars 1945, nuit


Allemagne, St-Goar et Oberwesel : franchissement de la 89e division US.
Dans la nuit du 25 au 26, la 89e division alliée passa tout près de St-Goar et Oberwesel. La résistance allemande ne fut pas des plus efficaces et quelques heures plus tard était maîtrisée comme partout ailleurs. Il ne fallut pas longtemps aux Américains pour aller planter la bannière étoilée sur le rocher légendaire de la Lorelei.

Lundi 26 mars 1945

Allemagne, Rees : les têtes de ponts alliées se renforcent.
Les trois corps d’infanterie se renforcent avec d’autres divisions. Avant que l’ennemi contre-attaque, les êtes de ponts sont pourvues de plus en plus de troupes.

Allemagne, Worms : franchissement de la VIIe armée US de Patch.
Le 26 mars, c’est la VIIe armée de Patch qui passe à Worms et rejoint la IIIe armée. Patch se heurta à 22 divisions allemandes totalement épuisées, qui livrèrent cependant un combat violent. Pendant une demi-heure, l’artillerie américaine bombarda la rive droite de 10 000 obus.
Les troupes passèrent ensuite sur des barges d’assaut : il fallut moins d’une demi minute pour franchir le fleuve qui, à cet endroit, variait dans les 300 mètres de large. Le soir, une partie de la VIIe armée rejoignait la IIIe armée de Patton qui avait littéralement foncé à travers tout. Du coup, le site de Worms perdit de son importance, le front de la VIIe armée se trouvant rétréci par sa jonction avec la IIIe. Patch n’était pas très chaud pour débarquer à Worms, un endroit difficilement accessible aux troupes. Mais on lui adjoint une division aéroportée pour le seconder.

Allemagne, Wiesbaden : la Ire armée US envoi du renfort sur Wiesbaden.
La Ire armée, de son côté, dépêchait une colonne blindée sur Wiesbaden pour soutenir le 8e corps.

Allemagne, Mayence : franchissement du 20e corps de la IIIe armée de Patton à Mayence.
Malgré l’implantation solide de ses têtes de pont, Patton fait encore traverser le 20e corps à Mayence.
Il tenait à posséder sur la rive droite le plus de force possible, de manière à refouler l’ennemi sous l’impact. Il tenait aussi à mettre la main sur le réseau routier et ferroviaire de Mayence qui étaient excellents.

Allemagne : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin : extension des reconnaissances vers le nord.
A partir du 26 mars, de nouvelles reconnaissances sont découplées dans le secteur conquis par le 2e C.A. A Seltz même, un pont de 4 tonnes sur la route d’accès ne permet pas l’amenée d’un matériel puissant. De Lauterbourg à Leimersheim, les fortifications du Westwall se prolongent sur la rive droite du Rhin avec d’autant plus de puissance qu’elles couvrent Karlsruhe.
Le général commandant le 2e C.A. oriente alors les reconnaissances sur Leimersheim, situé en zone américaine, mais à sa limite sud, où, par suite, l’autorisation d’intervenir sur simple accord local semble possible.

Lundi 26 mars 1945, après-midi

Allemagne : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin : extension des reconnaissances vers le nord.
Le petit port de Leimersheim est reconnu dans l’après-midi du 26. Le passage d’éléments d’assaut partant de ce port semble possible, mais ce point ne paraît pas propice à une opération de grande envergure.

Mardi 27 mars 1945

Allemagne, Rees : la résistance allemande se relâche.
La résistance allemande commence à relâcher dans le nord de Rees, dans le secteur du 30e corps.

Allemagne, la 7e armée US franchit le Rhin à Mannheim.
Le 27 mars 1945, la 7e armée US traverse à son tour à Mannheim sont sur la rive droite du Rhin.

Allemagne, Rhin : bilan des franchissements du Rhin des groupes d’armée anglais et américains.
Le 27 mars 1945, la IIe armée britannique tenait huit têtes de ponts sur le Rhin et la IXe armée américaine en tenait sept. Quand la 80e division eut traversé à Mayence et nettoyé le secteur compris entre le Rhin et le Main, - un engagement qui ne coûta que cinq blessés ! – Patton ordonne à ses commandants de corps de filer sur Giessen pour rejoindre les troupes de la Ire armée US.
Churchill, se heurtant à un refus d’Eisenhower de prendre Berlin comme cible malgré l’avance des troupes alliées, ordonna à Montgomery de passer l’embouchure de l’Elbe et de verrouiller la route de la mer du Nord.

France : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin.
Les reconnaissances sur la zone françaises du Rhin commence à partir du 25 mars pour préparer un franchissement. Elles montrent qu’une telle opération n’est pas favorable, si ce n’est à proximité de Brisach et du barrage de Kembs.
Pour cette raison des reconnaissances sont menées dès le 27 mars à Germersheim, en secteur américain. La zone se divise en deux parties : au sud de Rheinsheim, deux passages sont préparés à l’emplacement d’un ancien pont et d’un ancien bac qui se prêtent à un franchissement par portières et pont, mais un réseau dense de casemates interdit tout franchissement d’assaut. A l’inverse, au nord de Rheinsheim deux bras morts du Rhin sont propices aux embarquements des bateaux d’assaut, mais les accès sont insuffisants pour le passage de véhicules lourds.
En conclusion sont décidés un effort principal d’assaut au Nord, et un effort de franchissement lourd au Sud, dès que le mouvement des troupes jusqu’au remblai de la voie ferrée l’aura permis.

France, Alsace, Seltz : Génie de la 1re armée française, préparatifs de la compagnie du génie 101/3.
Mardi 27, reconnaissance du matériel de franchissement de cours d’eau stocké dans la région de Seltz. (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Mardi 27 mars 1945, matin

Allemagne : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin : extension des reconnaissances vers le nord.
Le 27 mars 1945 dans la matinée on entame pleine zone américaine la reconnaissance de la région de Germersheim. Entreprise au moment où nos alliés terminent le nettoyage de la ville, elle montre que la région se divise en deux parties différentes.
Au sud, en face de la vieille ville fortifiée, s’étend une véritable esplanade, le long du Rhin, desservie par d’excellentes communications. Deux bases de départ sont préparées à l’avance : l’une est la rampe d’accès de l’ancien pont, l’autre un petit port favorable aux franchissements discontinus. Mais, en face, un dense et profond réseau de casemates n’est guère engageant. L’impression générale est que cette partie est très propice aux franchissements par portières et au lancement d’un pont, mais que le franchissement d’assaut doit être opéré ailleurs.
Au nord, la région de Mechtersheim semble au contraire favorable à cette opération. Deux bras morts communiquent avec le Rhin ; ils permettront la mise à l’eau des embarcations à l’abri des vues. Par contre, si les accès sont suffisants pour l’infanterie et les véhicules légers, ils le sont moins pour les véhicules lourds que dans la partie sud. Du point de vue tactique, la rive droite ne comporte des casemates bétonnées qu’en amont du goulet où débouche le bras entourant l’île Gruninsel. L’autre bras semble plus sûr. Toutefois, les Américains ne tiennent solidement que la digue insubmersible et les Allemands peuvent occuper encore l’intérieur de l’île qui sépare le bras mort (Altrhein) du Rhin vif. Ainsi, la zone Nord est favorable aux franchissements d’assaut ; ceux-ci réussis, on pourra effectuer les franchissements lourds dans la partie sud.

Mardi 27 au mercredi 28 mars 1945

Allemagne, Mannheim : derniers tirs de la garnison.
Des représentants civils de la ville essayent de s’arranger avec les Américains pour rendre la ville. Mais la garnison nazie de la ville organise des exercices de tir pour montrer son intention de ne pas se rendre. Naturellement les Américains ont ripostés avec les obus au phosphore sur les endroits supposés de la garnison. Puis les troupes américaines occupent la partie Nord de la ville jusqu’au Neckar. Le maire de la ville qui était en zone sud de la ville souhait rendre la ville en toute tranquillité, mais les autorités militaires nazi n’étaient pas d’accord. Le maire, après avoir fixé un rendez-vous téléphonique près d’un pont détruit avec le représentant américain, le COL Robert Dulaney, le commandant allemand de la ville fait ouvrir un feu intensif sur ce point pour détruire les négociateurs, mais il les manquât. Certains civils avaient même pris l’initiative de franchir le Necker pour passer chez les Américains. Mais le commandant de la ville fait ouvrir le feu contre ses propres concitoyens. Juste avant la remise de la ville, trois habitants de Mannheim hisse le drapeau blanc sur la tour d’un grand magasin. Ils sont arrêtés par la police nazie et immédiatement exécutés à quelques minutes de la reddition de la ville.

Mercredi 28 mars 1945, 01h00


Allemagne, Mayence : début du franchissement du Rhin par la IIIe armée US.
Le 28 mars 1945, à 1h00, débute le franchissement du Rhin du 317ème régiment d’infanterie de la 80ème division d’infanterie de la VIIe armée US, à Mayence.  

Mercredi 28 mars 1945


Allemagne, Rees : le 21e groupe d’armée gagne du terrain devant les têtes de ponts.
Les trois corps d’infanterie ont fait de grands gains de terrain.

France : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin.
Le 28 mars la région de Spire est incorporée dans le secteur de la 1re armée française et il est décidé de faire franchir la 2e DIM près de Germersheim. Sous la pression de de Gaulle, de Lattre décide brusquement le franchissement du Rhin.

Allemagne : 1re armée et le franchissement du Rhin : décision de franchir vers Germersheim.
Ainsi le 28 mars, la décision peut être prise d’effectuer un franchissement important dans la région de Germersheim permettant de passer sur la rive droite une division, la 2e D.I.M. et un combat command, le C.C.4. L’opération doit être déclenchée après la relève des Américains qui est prévue pour le 31 à 0 heures. Elle aura donc lieu, au plus tôt, dans la nuit du 1er au 2 avril et probablement dans celle du 2 au 3.

Allemagne, Lingenfeld : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
Mercredi 28 mars, la compagnie emmenant 24 bateaux d’assaut et le matériel de plage correspondant, fait mouvement sur Lingenfeld (Palatinat), 18 kilomètres à l’ouest de Landau (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Mercredi 28 mars 1945, 11h00

Allemagne, 1re armée française : opération de franchissement du Rhin à Mechtersheim par la 101/1, témoignage du sergent-chef Métral du 101e RG.
Après réduction de la poche de Colmar et la libération de la France nous franchissons la frontière allemande à Lauterbourg le 28 Mars à 11 heures et nous occupons le village de Mechtersheim sur la rive gauche du Rhin. Je suis à l'époque sergent-chef adjoint du lieutenant commandant la 2ème section de la 1re compagnie du 101e R.G. commandée par le lieutenant Vidal. La 101/1 est une belle unité (Témoignage du Sergent-chef Métral concernant les opérations de franchissement du Rhin du 101e Génie).

Mercredi 28 au jeudi 29 mars 1945, nuit

Allemagne, 1re armée française : opération de franchissement du Rhin à Mechtersheim par la 101/1, témoignage du sergent-chef Métral du 101e RG.
Nous passons la nuit du 28 au 29 sur le terrain, à proximité du Rhin, pour préparer le matériel d'assaut (bateaux M2 et propulseurs de 25 cv). Les troupes américaines qui occupent la rive gauche sont relevées par le 151 R.I. chargé de l'opération de franchissement. Malgré des préparatifs effectués le plus silencieusement possible l'ennemi nous a repérés et a deviné nos intentions. Dans la nuit vont commencer tirs d'armes automatiques mais surtout de mortiers et canons de 88 .La forêt qui nous abrite des vues de l'adversaire devient dangereuse car certains projectiles éclatent dans les branches et nous aspergent de leurs éclats. (Témoignage du Sergent-chef Métral concernant les opérations de franchissement du Rhin du 101e Génie).

Jeudi 29 mars 1945

Allemagne, Rees : le 21e groupe d’armée de Montgomery gagne la bataille du Rhin.
La percée est proche, avec des mouvements au départ des têtes de pont allant dans toutes les directions. La bataille du Rhin est gagnée.

Allemagne, Mannheim : occupation de la ville.

Finalement un accord a été trouvé et les troupes américaines, sous l’éclairage des bateaux d’assaut, passèrent le cours d’eau de nuit sans incidents important. Il y eut toutefois quelques petits combats de rue avec des tireurs embusqués. Mannheim est occupée par les troupes du XVe corps d’armée US (général Haislip) de la 7e armée US du général Patch. Au début le Volksturm composé de jeunes gens et de vieillards obéit encore aux ordres de défense à tout prix des SS. Mais dès qu’ils constatèrent la suprématie des troupes américaines, cet ordre n’est plus suivi au centre-ville et les SS se retirèrent discrètement de la ville. Mannheim était donc occupée par les troupes américaines.

Allemagne, Spire : arrivée des premières troupes françaises.
Le 29 mars 1945, on combattait pour la prise de Mannheim. Les batteries américaines installées autour de Spire tiraient incessamment sur le côté badois. Des vagues de bombardiers passèrent au-dessus de la ville. Heidelberg et Schwetzingen ont été pris par les Américains. C’est le jeudi 29 mars 1945 qu’arrivèrent les premières troupes françaises à Spire. D’un coup nos rues furent à nouveau animées. Le même jour le réseau électrique a été rétabli et les habitants purent à nouveau écouter les nouvelles à la radio.

Allemagne, Lingenfeld : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
Le jeudi 29 mars, stockage et triage du matériel, l’unité possède à cette date 24 bateaux M2, 20 moteurs Goiot et 6 moteurs Johnson (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Jeudi 29 mars 1945, 14h00

Allemagne, Lingenfeld : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 14h00, le lieutenant, commandant de la compagnie, reçoit sa mission :
a) Une plage entre Lingenfeld et Mechtersheim
b) Une plage à Germersheim.
Des reconnaissances effectuées par les officiers de la compagnie. Il résulte les faits suivants :
1) La plage située près de Mechtersheim est facilement accessible. L’approvisionnement du matériel peut se faire dans un bras mort à l’abri des vues.
2) La plage de Germersheim est totalement découverte, la mise à l’eau du matériel et du personnel seront chose difficile. Les données seront confirmées à 17h00 lors de l’arrivée du matériel qui déclenchera un violent tir de mortiers (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Jeudi 29 mars 1945, 17h00

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
Les données seront confirmées à 17h00 lors de l’arrivée du matériel qui déclenchera un violent tir de mortiers (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Jeudi 29 mars 1945, soir

Allemagne, 1re armée française : préparation de l’opération de franchissement du Rhin.
Le général de Gaulle envoie dans la soirée du 29 mars 1945 le télégramme suivant au général de Lattre :
« Mon cher général, il faut que vous traversiez le Rhin, même si les Américains ne s’y prêtent pas, dussiez-vous le traverser en barques. Il y a là une question d’intérêt national. Karlsruhe et Stuttgart vous attendent, si même elles ne vous désirent pas ».


Sources

Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Collectif d’auteurs : Damals und Heute – Die Überquerung des Rheins, 1985.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Wolfgang Gückelhorn : 7. März 1945 – Das Wunder von Remagen ; Helios Verlag, 2008.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999.


Sites Internet

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Chronique des franchissements du Rhin : mars 1945 (suite)

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 4:29


Chronique des franchissements du Rhin : mars 1945 (suite)



Dernières modifications : 5 avril 2015


Vendredi 30 mars 1945, journée

Allemagne, 1re armée française : opération de franchissement du Rhin à Mechtersheim par la 101/1, témoignage du sergent-chef Métral du 101e RG.
La journée du 30 est un peu plus calme mais entrecoupée de tirs sporadiques. Au cours de ces journées mon chef de section est blessé et évacué ainsi que 3 sapeurs, un quatrième est tué (Témoignage du Sergent-chef Métral concernant les opérations de franchissement du Rhin du 101e Génie).

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.

Vendredi 30 mars, les officiers chefs de plage constituent leur lot de matériel. Les moteurs sont confiés à des détachements d’entretien qui doivent les vérifier. Les propulsistes prennent contact avec leurs moteurs (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Allemagne, Mannheim-Ludwigshafen : bilan de la deuxième guerre mondiale.
L’agglomération de Mannheim-Ludwigshafen est détruite à 75% (98% pour Ludwigshafen). Pour le centre-ville de Mannheim, 75% des immeubles sont détruits. On n’aperçoit que des ruines, des gravats et des cratères : 4 millions de mètres-cubes de gravats. A Ludwigshafen, 98% des bâtiments du centre-ville sont détruits ou gravement endommagés. Seul un pâté d’immeuble reste debout, il s’agit de la brasserie « Bürgerbräu ».
L’agglomération de Mannheim-Ludwigshafen a fait l’objet de 124 grandes attaques aériennes (150 attaques d’après d’autres chiffres) avec 25 181 tonnes de bombes qui ont fait environ 2 000 morts. Dans les statistiques alliées c’était la 9e ville la plus bombardée.
A Ludwigshafen, on comptait 1 470 bâtiments industriels, dont 33% ont été entièrement détruits, 61% partiellement et 6% n’ont pas été touchés. L’usine BASF a été bombardée 65 fois, avec 40 000 tonnes de bombes : 1/3 des bâtiments industriels sont entièrement détruits et 2/3 sont tellement endommagés qu’aucune production n’était possible. Sur le site on trouve 40 000 m3 de gravats.
La ville de Ludwigshafen passe en zone française. La BASF a été placée sous séquestre français du 27 juillet 1945 jusqu’en 1953 et reconstruite grâce aux aides américaines.

Vendredi 30 mars 1945, 12h15

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 12h15 le chef de bataillon commandera le groupe d’assaut, informant le commandant de compagnie, de l’opération qui est définitivement arrêté.
La compagnie mettra à l’œuvre 16 embarcations d’assaut type M2, réparties sur deux plages. A l’origine, l’embarquement se fera dans le bras mort passant l’ouest de Lingenfeld, le débouché sur le Rhin par le goulet situé à 800 m au nord du point d’embarquement. Les deux plages seront placées dans le bras mort à environ 200 à 400 m du goulet (voir croquis n°1).
L’opération se fera le 31 mars à l’aube. L’unité se trouve dans la situation suivante : depuis le 20 décembre la compagnie a cessé tout entrainement sur les franchissements d’assaut. Des 40 propulsistes formés, 20 ne sont plus présents, libérés, sur hôpitaux, mutés, etc… Parmi les cadres, 30% n’ont pas participé à l’entrainement. Les propulsistes ne connaissent pas leurs moteurs, l’état de ceux-ci est incertain. Il n’est pas question de les essayer sur l’eau, ce sera la grande inconnue au moment du départ de la vague (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Vendredi 30 mars 1945, après-midi


Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim.
Le général de Lattre décide cependant, le 30 après-midi, d’entreprendre l’opération au cours de la nuit suivante. Il faut accepter de courir les risques correspondant à l’opération brusquée.
Le général commandant la 2e D.I.M. prend par suite la décision suivante :
Opérer dans la nuit du 30 au 31 mars deux reconnaissances offensives de la valeur d’un bataillon chacune.
Au nord, un bataillon du 151e R.I. partira de la plage A, au sud, un bataillon du 4e R.T.M. s’embarquera à la plage B. L’opération sera précédée d’une préparation d’artillerie de quinze minutes, effectuée par 8 groupes. Heure de franchissement, 5 heures, entre chien et loup. Si les coups de main réussissent l’infanterie se rabattra vers le sud, et l’on reprendra l’opération projetée le 28 mars.

Vendredi 30 mars 1945, 16h00

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.

Le 30 mars, à 16h00, la situation est la suivante :
16 bateaux M2 seront mis en œuvre dont 12 en 1re vague, 2 plages seront exploitées. Le secteur est absolument calme. Toutefois, la circulation intensive et intempestive sur la rive amie a dû donner l’éveil sur la rive ennemie. 8 bateaux M2 équipés, 3 moteurs Johnson et 5 Goyot sont stockés à proximité de la plage. Un matériel équivalent est à Germersheim d’où il sera ramené à la tombée de la nuit (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Vendredi 30 mars 1945, 16h30


Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 16h30, l’ordre est donné de mettre le matériel à l’eau (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Vendredi 30 mars 1945, 18h00


Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 18h00 les bateaux d’une plage (LTN Marsac) sont à l’eau sans incident (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Vendredi 30 mars 1945, soir


Allemagne : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin.
Les renseignements fournis par les Américains indiquent la présence de troupes Allemandes dans l’île sud de l’Altrhein. Le 30 mars 1945 au soir des tirs d’armes automatiques puis de mortiers prouvent que les Allemands ont repéré les préparatifs français à Germersheim. A l’inverse les Américains ont atteint Hockenheim, à 8 km à l’est de Spire, dégageant la rive face à cette ville.

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage A.

Dans la soirée du 30 mars, les unités qui doivent traverser arrivent à Mechtersheim. Elles n’ont pas fait de reconnaissances, mais la circulation routière a admirablement jalonné les pistes menant aux chantiers d’embarquement. Le commandement du Génie a attiré à plusieurs reprises l’attention des commandants de régiments sur la nécessité de tenir la rive gauche solidement. Une compagnie du 4e R.T.M. doit occuper la Gruninsel et protéger par ses feux le débouché de nos vagues d’assaut au goulet qui fait communiquer le bras mort de la plage B avec le Rhin vif. A la tombée de la nuit, une action d’armes automatiques se fait sentir sur le chantier de la plage A.

Allemagne, 1re armée française : préparation de l’opération de franchissement du Rhin.

Le 30 mars, dans la soirée, les sapeurs ont à peu près terminé leur travail de mise en place des moyens et leurs reconnaissances techniques, mais les autres troupes ne sont pas encore là.

Vendredi 30 mars 1945, 22 heures


Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage A.
Puis, à 22 heures, un tir nourri de mortiers s’abat sur la même plage, détruisant 3 bateaux et blessant quelques sapeurs.
Le 151e R.I., à nouveau alerté, fait occuper l’île sud de l’Altrhein par une section. Cette alerte, peu grave en elle-même, indique que l’ennemi a repéré nos préparatifs, tout au moins à la plage A. Aussi, une variante est-elle préparée, qui consiste, dans le cas où le franchissement se révélerait impossible au départ de la plage A, de faire traverser le 151e R.I. derrière le 4e R.T.M. à la plage B.

Vendredi 30 mars 1945, 23h00

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 23h00, les bateaux ramenés de Germersheim sont à l’eau sans incident. Si ces opérations se sont déroulés dans le silence, par contre des reconnaissances multiples d’autres unités, l’aménagement des pistes devant servir la plage se font avec beaucoup trop de bruit (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Vendredi 30 mars 1945, nuit

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage A.
Le reste de la nuit est calme. Même un indice favorable apparaît : les Américains ont atteint Hackenstein à 8 km à l’est de Spire. Cette avance a pour effet de dégager la rive en face de la ville.

Samedi 31 mars 1945, 2h30-5h30

Allemagne, Spire : génie de la 1re armée française : début de franchissement du Rhin par le 3e RTA. De la 2ème D.I.A.
Les Américains ont atteint Hackenstein à 8 km à l’est de Spire, dégageant la rive face à cette ville. De ce fait, un détachement du 3e RTA traverse le Rhin sans incident le 31 mars à 2 h30. En effet par une nuit c’encre, un bateau pneumatique, la seule embarcation disponible pour l’instant, manœuvré à la pagaie, quitte la plage qui vient d’être reconnue. Elle traverse avec 10 fantassins du 3ème régiment de tirailleurs algériens. L’embarcation dérive sous l’action du courant et aborde la rive droite du Rhin à 600 mètres plus en aval. Ils annoncent leur débarquement par un bref signal lumineux alors que deux ombres surgissent et disparaissent dans l’obscurité : à priori deux guetteurs ennemis. Une heure après l’embarcation est de retour à la plage d’embarquement. La deuxième et la troisième équipe passe successivement sur l’autre rive. A 5h30, tout le groupe franc a franchi le Rhin et occupe tout de suite un carrefour situé à l’est du pont détruit de Spire.

Samedi 31 mars 1945, 3h00

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 3h00, l’ensemble du matériel est à l’eau. (Les moteurs Goiot sont remplacés par des Johnson arrivés dans la nuit). Les circuits téléphoniques sont en place ; les P.C. sont installés (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

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Le franchissement d’assaut d Génie de la Ire armée française (Archives 1er RG)

Samedi 31 mars 1945, 4h00

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage A.
A Mechtersheim, les commandants de plage attendent l’infanterie à embarquer ; celle-ci doit arriver à 4 heures. Une première compagnie se présente avec un peu de retard à la plage A, mais celle qui aurait dû s’embarquer à la plage B, par suite d’une confusion, résultat des reconnaissances incomplètes, est dirigé sur la Gruninsel où il faut aller à la recherche.

Samedi 31 mars 1945, 4h15

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 4h15 le bataillon devant embarquer se présente au point de sa destination (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Samedi 31 mars 1945, 4h30

Allemagne, 1re armée française : opération de franchissement du Rhin à Mechtersheim par la 101/1, témoignage du sergent-chef Métral du 101e RG.
4H30 Tirs de neutralisation de l'artillerie Française sur la rive adverse mais les défenses sur le bord extrême ne sont pas touchées et semblent avoir été renforcées. Un blockhaus menaçant le débouché du bras mort est intact.

Samedi 31 mars 1945, 4h45

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage A.
A 4h45, la préparation d’artillerie s’abat massivement sur la digue de la rive droite. La section du 151e R.I., qui était entrée dans l’île, est repliée, pour éviter les coups courts.

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 4h45, début de la préparation d’artillerie (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Samedi 31 mars 1945, 4h55


Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.

A 4h55, les équipes de plage se portent à leurs emplacements et place la signalisation et le jalonnement. La réaction de l’ennemi est violente et provoque des pertes dans les équipes de plage (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Samedi 31 mars 1945, 5h00

Allemagne, 1re armée française : opération de franchissement du Rhin à Mechtersheim par la 101/1, témoignage du sergent-chef Métral du 101e RG.
Le franchissement est fixé au 31 mars à 5 Heures. L'embarquement des troupes se fait dans le bras mort du fleuve hors de la vue de l'ennemi.
5H départ d'une première vague d'une dizaine de bateaux mais surprise! Alors que les moteurs tournent au ralenti des coups de feu partent du bord opposé à l'embarquement, un commando allemand s'est infiltré dans les lignes du 151 R.I. Vite débusqué il n'a causé aucun dommage. Moment de stupeur passé les bateaux foncent plein gaz vers la rive ennemie mais hélas pas d'effet de surprise et les tirs ennemis font un carnage, aucun bateau ne reviendra. Toute tentative d'assaut est stoppée en attendant la neutralisation du blockhaus qui s'avère indispensable.

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage A.
A 5 heures, le tir est reporté en encagement à 500 m plus à l’est. Or, aucun mouvement d’embarcations n’a encore commencé ; l’effet de neutralisation est passé.

Samedi 31 mars 1945, 5h15


Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage A.
Gênée par un mauvais démarrage des propulseurs et par le bombardement, la première vague de 15 bateaux ne démarre de la plage A qu’à 5h15. Elle est accueillie avant son débouché sur le Rhin vif par des tirs d’armes automatiques et fait demi-tour. La tentative a échouée, au moins provisoirement.

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 5h15, alors que la préparation d’artillerie continue, le commandant de compagnie apprend à son P.C. que la vague d’assaut d’infanterie n’a pas embarqué par suite d’une erreur d’itinéraire ; cette compagnie est passée dans l’île située face à Lingenfeld (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Samedi 31 mars 1945, 5h50


Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
Ce n’est qu’à 5h50 que les éléments d’infanterie devant être embarqués en 2e vague se présentent à l’embarquement, suppléant la 1re vague défaillante (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Samedi 31 mars 1945, 6h00


Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 6h00, la 1re vague part au moteur, l’effet de surprise ne pouvant jouer (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Samedi 31 mars 1945, fin de nuit


Allemagne, Spire : génie de la 1re armée française : début de franchissement du Rhin par le 3e RTA. De la 2ème D.I.A.
Deux nouveaux bateaux pneumatiques sont livrés en fin de nuit. La 3ème compagnie et une partie de la 2ème compagnie du 1er bataillon du 3ème RTA franchissent sur les trois embarcations.

Samedi 31 mars 1945, 6h40

Allemagne, Mechtersheim : 1re armée française, franchissement de vive force, plage B.
A la plage B, le retard est encore plus considérable. Il a fallu remettre la main sur la compagnie à embarquer et l’ordre de démarrage n’est donné qu’à 6h40. Douze bateaux traversent, malgré une forte réaction adverse.

Samedi 31 mars 1945, 6h50

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
Après bien des difficultés pour régler les moteurs, le 1er bateau (Caporal-chef Olanier 17e Génie) franchit le goulet à 6h50 suivi de 6 autres bateaux. 5 bateaux ont accosté avant de franchir le goulet, soit erreur ou manque de cran. L’un après l’autre, ils repartent dans les minutes qui suivent. La 1re phase de l’opération est terminée ; les constatations suivantes s’imposent :
1) Les liaisons fil ont été suspendues dès le début de la réaction ennemie. Le manque de liaisons rapides a fait que l’opération a débuté avec une heure de retard.
2) La liaison entre la compagnie du génie et le bataillon d’infanterie a été inexistante alors qu’elle était fondamentale et aurait dû être prise la veille de l’opération.
3) Les reconnaissances mixtes infanterie-génie auraient dues être exécutées jusqu’à l’échelon chef de section.
4) De nombreuses unités ont utilisées les circuits routiers de la plage, embouteillant complètement le passage (Brockway – tracteurs du 211e B.P.L., halftracks et GMC d’unités diverses).
5) Il ne semble pas que les cadres aient été pénétrés de l’importance qu’il y avait de ne pas encombrer les plages et à respecter les consignes données par les sapeurs, (suivre exactement les itinéraires, respecter les points de dislocation).
Dans le passage du 1er bateau au goulet, l’ennemi attaque à la mitrailleuse lourde et harcèle par des tirs de mortiers ajustés sur le goulet. Les bateaux passent sans trop de difficultés, l’un d’eux pourtant est vu partant à la dérive moteur calé, sans aucun mouvement à bord. Il semble que ses occupants soient sérieusement touchés (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Samedi 31 mars 1945, 7h00

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 7h00, le 1er bateau revient, accoste à la plage du LTN Marsac et repart de suite, la plage étant sévèrement battue par des tirs d’armes automatiques. Dès ce moment un violent tir de mortiers bat la plage qui est vue de la zone ennemie, et la rend inutilisable. D’autres bateaux au retour, passent et vont accoster dans le secteur du LTN Costa. Dès le 1er passage, 3 bateaux sont manquants : ce sont ceux des S/M Gueder et Nafa, Nicolas, Alendaes, Esposito (aide conducteur), Signorelli blessé et débarqué sur la rive ennemie. Le sapeur Esposito rejoindra presque immédiatement, ayant regagné la rive à la nage après avoir été coulé au retour par rafales d’armes automatiques ; 2 bateaux sont ramenés par les aides-propulsistes, les conducteurs caporal-chef Olanie et caporal Brossier étant à bord blessés (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Samedi 31 mars 1945, 7h30

Allemagne, Spire : génie de la 1re armée française : franchissement du Rhin par le 3e RTA. De la 2ème D.I.A.
A 7h30 l’artillerie allemande tire avec des obus fusant sur la plage d’embarquement, les embarcations en cours de franchissement et la petite tête de pont. Mais le franchissement se poursuit.

Samedi 31 mars 1945, 7h50

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage B.
A 7h50, une deuxième vague de 15 bateaux part à son tour, mais subit de fortes pertes.

Samedi 31 mars 1945, 8h00


France : le génie de la 1re armée et le franchissement de vive force.
Entre Mechtersheim et Germersheim, à la même heure, la 101/1 sur la plage A et la 101/3 sur la plage B attendent l’infanterie qui doit arriver à 4h00. Les tirs allemands retardent le franchissement et la vague partie de la plage A doit renoncer. Sur la plage B, une première vague d’assaut part à 6h40 avec 12 bateaux ; puis à 7h50, une 2e vague de 15 bateaux passe.
A 8h00, 320 tirailleurs du 4e RTM sont sur la rive droite, mais ils restent collés au perré sur lequel ils ont creusé des trous individuels, sans pouvoir en déboucher. Les mouvements continuent par bateaux isolés. Nos pertes sont lourdes, il faut faire appel à la réserve de propulsistes du 17e R.C.G. et à la maintenance en matériel.

Samedi 31 mars 1945, 9h00

France : le génie de la 1re armée et le franchissement de vive force.

A 9h00 deux compagnies du 4e RTM ont franchi le Rhin. Elles commencent à progresser pour occuper une petite tête de pont, longue de 150 m, large de 50. Le lieutenant-colonel commandant le 4e R.T.M. arrête alors les passages de personnel, estimant que, par suite des réactions de mortiers et d’automoteurs, une accumulation de troupes sur la rive droite serait plus nuisible qu’utile. Toutefois, les transports du reste du bataillon, du matériel et des munitions, ainsi que les évacuations sanitaires, se poursuivent sans interruption.

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
Le roulement s’établit à 9h00 16 bateaux sont en service. Le personnel des 2 plages est à son poste. Une seule est utilisée, l’autre étant constamment battue par des tirs de mortiers et d’armes automatiques. Le bateau conduit par les sapeurs Marco et Sanchez, parti à 7h00 n’est plus rentré et est porté disparu. L’adjudant Couée, le caporal Lopez ; sapeur-mineur Lambert et leur aide-propulsiste, coulés au milieu du Rhin sont recueillis par un bateau au retour, une partie des passagers est également sauvée (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Samedi 31 mars 1945, 9h30

Allemagne, Spire : génie de la 1re armée française : franchissement du Rhin par le 3e RTA. De la 2ème D.I.A.
A 9h30, sept bateaux M2 avec propulseurs sont livrés sur le site de franchissement.

Samedi 31 mars 1945, 10h30


Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 10h30, ceux compagnies sont passées ; la réaction ennemie sur le fleuve est toujours violente et se manifeste par :
1) Un tir d’armes automatiques prenant le bateau à la sortie du goulet et l’accompagnant sur le fleuve.
2) Les tirs systématiques de mortiers battant le goulet et la rive de débarquement (provoquant d’ailleurs les pertes sérieuses de l’infanterie débarquée, blessant le sergent Kennat, le sapeur Maklafi, Kaoudji, de l’équipe de plage ennemie.
Sur la rive d’embarquement, les tirs de mortiers et de canons de 88 sont denses sur le point initialement prévu pour l’embarquement vu de la rive ennemie. L’ennemi harcèle les communications, quelques coups épars touchent la plage en service, blessant quelques sapeurs et fantassins.
Dès 10h30 une seule plage est maintenue et tous les moyens reportés sur elle, il ne semble pas que l’ennemi est réussi à la localiser (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Samedi 31 mars 1945, 11h00

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
De 11h00 à midi, le passage se ralentit pour donner le temps aux fantassins d’agrandir leur tête de pont (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Allemagne, Spire : génie de la 1re armée française : franchissement du Rhin par le 3e RTA. De la 2ème D.I.A.
A 11 heures, tous les voltigeurs du 1er bataillon du 3ème RTA ont franchi le Rhin.

Samedi 31 mars 1945, 12h00

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage B.
A 12 heures, une contre-attaque ennemie, appuyé par 18 automoteurs, échoue ; la partie est gagnée. En fin d’après-midi, les tirailleurs poussent vers Rheinsheim et prennent à revers les casemates face à la Gruninsel. L’héroïsme des sapeurs et la ténacité des tirailleurs ont décidé du succès de la plage B.

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A midi le 2e bataillon est passé. Le tir des armes automatiques reste violent ; des tirs de mortiers et de canons harcèlent sans cesse les cheminements, le pont d’embarquement, le passage du fleuve (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Allemagne, Spire : génie de la 1re armée française : franchissement du Rhin par le 3e RTA. de la 2ème D.I.A.
Au fur et à mesure, le tir de l’artillerie ennemie s’intensifie de par sa violence et de sa précision. La plage d’embarquement doit être abandonnée et reportée vers l’aval du pont détruit de Spire. Sur les sept bateaux M2, quatre sont détruits. Le 1er bataillon du 3ème RTA commence à s’enfoncer en territoire ennemie. A 4 km de la berge du Rhin, devant Altusheim et la ferme Insultheimerhof, les voltigeurs se heurtent à quelques casemates et ouvrages de campagne d’où l’adversaire riposte vigoureusement.

Samedi 31 mars 1945, mi-journée

Allemagne, 1re armée française : opération de franchissement du Rhin à Mechtersheim par la 101/1, témoignage du sergent-chef Métral du 101e RG.
Le franchissement est fixé au 31 mars à 5 Heures. L'embarquement des troupes se fait dans le bras mort du fleuve hors de la vue de l'ennemi.
5H départ d'une première vague d'une dizaine de bateaux mais surprise! Alors que les moteurs tournent au ralenti des coups de feu partent du bord opposé à l'embarquement, un commando allemand s'est infiltré dans les lignes du 151 R.I. Vite débusqué il n'a causé aucun dommage. Moment de stupeur passé les bateaux foncent plein gaz vers la rive ennemie mais hélas pas d'effet de surprise et les tirs ennemis font un carnage, aucun bateau ne reviendra. Toute tentative d'assaut est stoppée en attendant la neutralisation du blockhaus qui s'avère indispensable.
Ce n'est qu'à la mi-journée que le char, demandé par le commandant de l'opération, arrivera sur les lieux et brisera la résistance de ce blockhaus et permettra la reprise du franchissement. Le passage à Germersheim des éléments de la 9ème D.I.C et de Tabors marocains ayant mieux réussi nous nous transportons sur cette plage et les rotations des portières M2 deviennent permanentes pour le transport des véhicules et de leurs passagers.

Samedi 31 mars 1945, après-midi

Allemagne, 1re armée française : préparation de l’opération de franchissement du Rhin.
Le matériel américain n’est pas encore arrivé. Il ne commencera à nous parvenir que dans l’après-midi du 31. Alors, il nous permettra non seulement de compenser les pertes, mais aussi d’accroître considérablement les possibilités de franchissement.

Samedi 31 mars 1945, 14h30

Allemagne, Mechtersheim : le génie de la 1re armée et le franchissement de vive force sur la plage A.
Cependant, le succès est incomplet, aucun homme du 151e R.I. n’a encore traversé. A 14h30, après une nouvelle préparation d’artillerie, une vague de 9 bateaux sort du bras mort. Deux seulement atteignent la rive droite.

Samedi 31 mars 1945, 15h00


Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage B.
Pour assurer une liaison continue, il faut disposer de ponts ; mais avant que ceux-ci soient prêts, on doit se contenter de passages discontinus sur couples, trailles et portières propulsées. Avec beaucoup de hardiesse, alors que l’issue du franchissement était encore incertaine, le 96e bataillon lance, le 31 mars à 15 heures, la cinquenelle de la première traille, établie au goulet de la plage B.

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 15h00, le tir des armes automatiques cesse, seuls les mortiers et canons persistent. Le 2e bataillon du 4e RTM, le bataillon du 151e RI passent à partir de 17h00. Le général de Lattre de Tassigny assiste au passage (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

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Samedi 31 mars 1945, 17h00

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage B.
A 17 heures, protégés par 2 tanks destroyers, un troisième essai est entrepris : sur 3 bateaux, un seul réussi à passer. La tête de pont conquise est infime : elle ne comporte qu’un bout de digue séparant le Rhin d’un petit marigot. Ses occupants envoient par radio le message : « 10 tués – 30 blessés – 8 valides – on tiendra ».

Samedi 31 mars 1945, 17h00

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage B.
C’est le moment d’appliquer la variante prévue. Le commandement du Génie, renforçant la plage B avec 10 bateaux M2 et 8 Stormboats, que les Américains viennent de nous livrer, décide de faire passer sur cette plage le gros du 151e R.I.

Samedi 31 mars 1945, 18h30

France : le génie de la 1re armée et le franchissement de vive force.
A 18h30 nouvel échec et la plage A est définitivement abandonnée. Le 151e RI franchit donc le Rhin depuis la plage B.
C’est alors que peuvent commencer les passages discontinus des matériels lourds en attendant la construction des ponts.

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Samedi 31 mars 1945, 22h00

Allemagne, Spire : 1re armée, début de construction du pont.
Le 1er bataillon du 3ème RTA a conquis une solide tête de pont qui s’étend de part et d’autre de l’ancien pont de Spire, sur 5 km de largeur et 4 km de profondeur. En conséquence, la construction de bateaux de 10 tonnes, avec du matériel français modèle 1935-1944, est lancé.
Les compagnies du Génie 101/2 ; 101/4 et 17/5 ont fait mouvement sur Spire ; deux compagnies du 151e RG sont chargées de l’aménagement des accès.
La construction débute favorablement jusqu’à ce qu’une crue subite du Rhin empêche les propulsistes de manœuvrer. Il faut faire appel aux vedettes du 211e bataillon des Ponts Lourds qui n’arrivent que le lendemain.



Sources

Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Collectif d’auteurs : plaquettes édité par le 1er RG à l'occasion de l'exposition sur le franchissement du Rhin de 1945.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Wolfgang Gückelhorn : 7. März 1945 – Das Wunder von Remagen ; Helios Verlag, 2008.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999.
Marie-France Robelin : Première armée française ; octobre 2009.


Sites Internet

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Dernière édition par MJR le Ven 11 Sep 2015 - 0:34, édité 16 fois

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Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 4:33

Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945


Dernières modifications : 5 avril 2015


Dimanche 1er avril 1945, 00h00

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage B.
A minuit, un bataillon entier de ce régiment a débarqué et est allé délivrer les héroïques occupants de la minuscule tête de pont face à la plage A.

Allemagne, Mechtersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut de la compagnie du génie 101/3.
A 24h00, la compagnie est relevée par la 101/6 ; le secteur est calme, un tir intermittent de 88 vient toucher la plage, coulant une portière de trois bateaux construite dans l’après-midi par le 17e RCG. Et pas encore mise en service. La 2e phase de l’opération est terminée. La compagnie a perdu 6 sapeurs tués ou disparus, 14 blessés, la tête de pont est solidement tenue, l’opération semble avoir réussie.
Les remarques suivantes peuvent être faites :
1) Les liaisons fil entre PC des sections et PC de compagnie n’ont fonctionné que par intermittence ne permettant pas de collationner des résultats d’une façon certaine.
2) La liaison radio par SCR 195 entre les 2 rives a été très pénible à obtenir, et seul un poste apporté sur 4 a fonctionné dans des conditions à peu près normales, donnant de précieux renseignements sur la position des troupes amies, sur leurs besoins, sur l’évolution des bateaux.
3) Dès le début de l’opération, il s’est avéré que la base de feu amie était nettement insuffisante, des armes automatiques lourdes étant absolument nécessaires, le seul fait d’avoir employé une mitrailleuse lourde de DCA pour contrebattre la mitrailleuse tirant sur le goulet a sauvé la vie de nombreux propulsistes. Il y aurait eu intérêt à ce que le sapeur soit mis au courant du plan de feu et puisse faire déclencher ou modifier ceux-ci.
4) Le manque de connaissances pour les fantassins des détails de l’opération a provoqué à l’embarquement des erreurs d’itinéraires, des difficultés de fractionnement se traduisant souvent par une absence de commandement pour les troupes embarquées, de nombreux retards ou fausses manœuvres fatiguant inutilement le personnel.
Au débarquement ou sur la rive ennemie, l’équipe de plage du Génie était susceptible de rendre beaucoup plus de service qu’elle n’en a rendu (liaison, appuis de feux, organisation des abords de la plage).
5) les moyens sanitaires mis en œuvre furent nettement insuffisants, dès le s15 premières minutes de l’opération, le poste de secours de la compagnie était débordé complètement, et il n’avait pas prévu de moyens d’évacuation au poste de secours lors le brancardage qui s’est rapidement révélé comme trop lent, et les quatre Jeeps assureront pendant toute la journée le transport des blessés (sans avoir été spécialement aménagées, privant ainsi l’unité de ses moyens de liaisons rapides.
6) La maintenance en matériel flottant utilisé a été supérieur à 100%. Le nombre des moteurs utilisés a été le double de celui des embarcations mises en service. Le dépannage des moteurs s’est effectué dans des conditions satisfaisantes, toutefois, il faut rechercher lors de la formation des propulsistes, à perfectionner la connaissance du moteur et peut-être passer plus de temps à étudier son réglage et le dépannage sommaire qu’à faire de l’école de conduite.
7) Plusieurs bateaux furent perdus en flammes, ayant pris feu, réservoirs touchés par des balles. Un détail avait été totalement oublié dans la préparation de l’affaire, munir chaque bateau d’un extincteur.
Cool L’organisation prévue des plages, des points d’embarquement a donné toute satisfaction ; la signalisation prévue à pleinement joué son rôle. Un détail, toutefois ; de nombreuses lampes furent inutilisées dès que les panneaux étaient abattus par des éclats ou le souffle des éclatements.
Il ne semble pas qu’il soit possible d’affecter à chaque bateau un emplacement défini pour ses accostages, cette mesure tendant à écarteler les unités, la durée de rotation d’une embarcation étant extrêmement variable. La solution suivante a été adoptée pour 18 bateaux en service ; 12 points d’embarquements avaient été aménagés, des couloirs d’amener délimités par des tresses blanches, les bateaux en état de repartir immédiatement venant accoster face à un couloir, ceux ayant à s’arrêter dégageant la plage et accostant à l’endroit (voisin de la plage) ou se trouvaient mécaniciens, ravitaillement, bateaux de maintenance ; moyens d’évacuation sanitaire (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Dimanche 1er avril 1945, 7h00


Allemagne, Spire : génie de la 1re armée et la construction du pont flottant.
Le pont flottant sur le Rhin à Spire est construit juste en aval de l’ancien pont voie ferrée qui a été détruit. La brèche a une longueur de 240 mètres et comporte un courant d’environ 2,20 mètre à la seconde. La rive ennemie est dégagée depuis le 31 mars 1945 au matin. Le pont est construit sur ordre de la Ire armée française.
Le pont est construit avec du matériel de pont d’équipage modèle 1935-1944. Ce matériel qui est en grande partie identique au pont d’équipage modèle 1935 ; il ne diffère que par ses supports flottants. Ceux-ci sont de dimensions légèrement différentes et comprennent des bateaux entiers ou des demi-bateaux en tôle qu’on assemble bout à bout.
Ce pont de classe 12 a une longueur de 260 mètres. Il comprenait 8 cours de poutrelles éclipsées bout à bout. Il a été construit par parties de pont de 12 mètres de longueur supportée par 3 bateaux. La construction a été commencée à partir des 2 rives. Initialement il ne comportait que 2 chevalets, un à chaque rive ; ce nombre a été, par la suite, porté à quatre.
La construction débute favorablement jusqu’à ce qu’une crue subite du Rhin empêche les propulsistes de manœuvrer. Il faut faire appel aux vedettes du 211e bataillon des Ponts Lourds qui n’arrivent que le lendemain.
Les délais d’exécution, du 1er avril 1945 au 3 avril 1945, ont donc été allongés à cause de la crue subite du Rhin pendant la construction, l’absence de spécialistes du matériel 1935 ou 1944 et un approvisionnement incomplet amenant à adopter des solutions de circonstances.
Il a été construit par les 2ème et 4ème compagnies du 101ème régiment du génie, la 5ème compagnie du 17ème régiment colonial du génie et la 2e compagnie du 151ème régiment du génie chargée de l’aménagement des accès.

Dimanche 1er avril 1945, 10h00

Allemagne, Mechtersheim : 1re armée française : franchissement de vive force, plage B.
Le 1er avril, à 10 heures, le succès est complet. Cinq bataillons sont passés ; les villages de Rheinsheim et de Phillipsburg sont entre nos mains.

1er avril 1945

Allemagne, région de la Ruhr : encerclement par les IIIe et Ire armée américaine.
La jonction s’effectua le 28. Patton et Hodges commencèrent alors le mouvement tournant entre Francfort et Kassel, qui allait le 1er avril, encercler totalement la Ruhr. Il fallut trois semaines de combats très durs pour nettoyer la région industrielle allemande.

Allemagne, 1re armée française : opération de franchissement du Rhin à Mechtersheim par la 101/1, témoignage du sergent-chef Métral du 101e RG.
Le premier Avril le général de Lattre inspecte la plage et nous demande de passer en priorité les ambulances qui se présentent ce que nous faisons devant lui ; il peut ainsi juger des difficultés de navigation ; le courant est fort et malgré les anti-volutes que nous avons fabriquées et placées à l'avant des bateaux les risques de naufrage sont possibles ! Il faut régler l'accélération des moteurs et utiliser avec précision le courant pour donner à passer, c'est l'art du sapeur !
Depuis le 28 au soir nous n'avons pas beaucoup fermé les yeux et la fatigue est énorme ; la relève arrive le soir, l'envie de dormir est immense, pour ma part je crois ne pas avoir fermé l'œil pendant 50 heures. Le bilan pour la première compagnie est lourd : 16 tués ou disparus et 25 blessés. Nous retrouverons quelques semaines plus tard le sergent-chef Gamier, notre héros, dans un hôpital allemand, blessé par balles à chaque membre mais content de revoir les copains. Il nous racontera qu'il faillit être achevé par un milicien Français, un soldat Allemand lui ayant porté secours le tira des griffes de ce monstre cruel.

Dimanche 1er avril 1945, 11h00

Allemagne, 1re armée française : franchissement de vive force à Mechtersheim, plage B.
La liaison est prise à 11 heures avec le 3e R.T.A., la remontée du 4e R.T.M. face à Germersheim va permettre au 5e R.T.M. de passer en toute tranquillité en ce point.

Allemagne, 1re armée française : début des franchissements discontinus à Germersheim.
Puis, du 1er au 5 avril, à Germersheim, lancement des franchissements discontinus. Tous les moyens discontinus sont mis en œuvre pour transporter les véhicules légers sur couples, les véhicules lourds sur portières. Mais combien faible est le rendement de ces moyens, de 10 à 20 véhicules à l’heure par ligne de portière ! Cependant, on ne peut combattre à une arme contre deux, ni se passer d’appui logistique. Le commandement n’obtiendra une sécurité complète que lorsque les ponts seront lancés.

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Franchissement discontinue à Germersheim (archives 1er RG)

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Franchissement discontinue à Germersheim (archives 1er RG)

Dimanche 1er avril 1945, 13h00

Allemagne, Lingenfeld : Génie de la 1re armée française, préparation du franchissement d’assaut de Leimersheim par la compagnie du génie 101/3.
Opération de Leimersheim. Relevée dans la nuit du 31 au 1er de Mechtersheim, le dimanche 1er avril la compagnie est au repos.
A 13h00 le chef de bataillon Legendre informe le lieutenant commandant la compagnie que la compagnie 101/3 est mise à la disposition du lieutenant-colonel commandant le Génie divisionnaire 9 (9e DCC). Elle pourra appuyer un franchissement du Rhin à l’ouest de Leimersheim entrepris par des éléments de la 9e D.I.C.

Dimanche 1er avril 1945, 20h00

Allemagne, Lingenfeld : Génie de la 1re armée française, préparation du franchissement d’assaut de Leimersheim par la compagnie du génie 101/3.
La compagnie quitte Lingenfeld à 20h00 et arrive à Leimersheim à 22h00 (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Dimanche 1er avril 1945, 22h00


Allemagne, Lingenfeld : Génie de la 1re armée française, préparation du franchissement d’assaut de Leimersheim par la compagnie du génie 101/3.
La compagnie quitte Lingenfeld à 20h00 et arrive à Leimersheim à 22h00. Après la prise de contact avec le général Valluy l’opération décidée est la suivante : en 1re vague, 4 Stormboats constitués par des éléments de la 101/3 sergent-chef Sinibaldi, caporal Lopez, sapeur-mineurs…, 12 bateaux M2 propulsés par des moteurs Johnson et équipés par le G.D.9.
Le départ est prévu initialement pour 6h00 (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).


Sources

Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Wolfgang Gückelhorn : 7. März 1945 – Das Wunder von Remagen ; Helios Verlag, 2008, pages 30.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978, pages 58-59.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999 ; page 176.


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Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 4:44


Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)



Lundi 2 avril 1945

Allemagne, Spire : 1re armée française, début des franchissements discontinues.
Les 2 et 3 avril à Spire, lancement des franchissements discontinus. Tous les moyens discontinus sont mis en œuvre pour transporter les véhicules légers sur couples, les véhicules lourds sur portières. Mais combien faible est le rendement de ces moyens, de 10 à 20 véhicules à l’heure par ligne de portière ! Cependant, on ne peut combattre à une arme contre deux, ni se passer d’appui logistique. Le commandement n’obtiendra une sécurité complète que lorsque les ponts seront lancés.

Lundi 2 avril 1945, 11h00


Allemagne, Leimersheim : génie de la 1re armée, franchissement d’assaut.
L’assaut commence le 2 avril à 11h00. La première vague est composée de 4 Stormboats conduits par des propulsistes de la 101/3 et 12 bateaux M2 menés par des équipages de la 9e division d’Infanterie Coloniale.

Allemagne, Leimersheim : génie de la 1re armée, franchissement d’assaut, plage B.
Le 2 avril, c’est au tour du 21e R.I.C. de la 9e D.I.C. de franchir le fleuve à Leimersheim. Le franchissement fut parfaitement réussi grâce au tir direct des T.D. du R.I.C.M. sur les casemates adverses. L’achèvement du franchissement à Mechtersheim avait permis de doter celui de Leimersheim d’un important matériel : 26 bateaux M2 propulsés ; 11 stormboats ; 1 portière Heawy ponton ; et de renforcer son G.D. pour la traversée par : une compagnie d’assaut du 101e R.G. ; une compagnie du 211e B.P.L.
L’assaut commença à 11 heures après une préparation de quinze minutes. La première vague de 12 bateaux M2 franchit sans incident.

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
En 1re vague, 4 Stormboats constitués par des éléments de la 101/3 sergent-chef Sinibaldi, caporal Lopez, sapeur-mineurs…, 12 bateaux M2 propulsés par des moteurs Johnson et équipés par le G.D.9.
Le départ est prévu initialement pour 6h00, mais il sera retardé jusqu’à 11h00 pour permettre l’arrivée de 12 bateaux de 12 moteurs à 10h30, préparation d’artillerie, pas de riposte.
A 11h00 départ des premiers bateaux, tandis que le T.D. attaque au canon à vue les casemates de la rive ennemie. Dès que les premiers bateaux passent le goulet, la réaction d’armes automatiques et tirs de mortiers sur le fleuve. La 1re vague passe sans incidents, dès son arrivée sur la rive opposée, le tir des armes automatiques cesse (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Lundi 2 avril 1945, 11h10

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
A 11h10, mise à l’eau du matériel de réserve équipé par le personnel de la 101/3, ces bateaux viennent renforcer les équipes du G.D. 9.
Les passages se poursuivent normalement, toutefois, les bateaux de sapeurs-mineurs Gille et Durand sont coulés par mortiers, les sapeurs-mineurs blessés tous deux recueillis ainsi que le personnel embarqué par les bateaux Lamber et Arru. Une collision entre deux Stormboats provoque la perte de l’un d’eux, le sergent-chef Sinibaldi est sauvé (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Lundi 2 avril 1945, 17h00


Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
A 17h00 la 1re portière de 3 bateaux passe une jeep (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Lundi 2 avril 1945, 18h00

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée et le franchissement d’assaut.
A 18h00 le 21e régiment d’Infanterie Coloniale est passé dans son ensemble. Les mouvements se poursuivent par portières M2 et Heavy-Ponton.

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
A 18h00 le 21e RIC est passé au complet, plus de réaction de l’ennemi, sauf des tirs de harcèlement mal réglés, quelques tirs de fusants sur la rive d’arrivée provoquent quelques pertes parmi les fantassins (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Lundi 2 avril 1945, 21h00

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
A 21h00, le balisage de plage est mis en place (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Lundi 2 avril 1945, 22h00

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée, le franchissement d’assaut.
Du 3 au 5 avril le premier Bataillon du 9e Zouaves, les 23e RIC et 126e RI sont passés sur la rive droite.

Allemagne, Mechtersheim : 1re armée française, franchissement de vive force, plage B.
Cependant, à 22 heures une réaction massive d’artillerie se déclenche ; elle coule 1 portière et 11 bateaux M2 (Collectif d’auteurs : Le Génie ; 1960).

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
A 22h00, les tirs d’artillerie reprennent encadrant la plage sans la toucher (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Lundi 2 avril 1945, 22h45

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
A 22h45 un tir très dense de 88 touche la plage tuant et blessant un personnel nombreux : 17 morts et 40 blessés parmi lesquels se trouvent le lieutenant Marsac (légèrement touché), le lieutenant Costa, les sergent-chef Bouchet, sergent Gaiffe et deux sapeurs-mineurs évacués. La portière de 3 bateaux, un couple de transport 9 bateaux coulés. Les tirs persistent jusqu’à 23h00. La plage est en partie évacuée (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Sources


Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Collectif d’auteurs : Le Génie dans les campagnes de France et d’Allemagne 1944-1945 Documentation 2.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Wolfgang Gückelhorn : 7. März 1945 – Das Wunder von Remagen ; Helios Verlag, 2008, pages 30.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978, pages 58-59.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999 ; page 176.


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Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 4:48

Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)


Dernières modifications et mise à jour : 13 AVRIL 2015


Mardi 3 avril 1945, 2h00

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
A 2h00 après bien des difficultés, la portière de trois bateaux et le couple sont reconstruites, il reste 5 bateaux isolés en état de marche. Les passages reprennent, y compris vivres et munitions, évacuation de blessés au retour. Dans la journée du 3 avril, passeront, aidé par 24 propulsistes du G.D. 9, 45 voitures légères (Jeep, Dodge, 4x4 ambulance) un bataillon du 9e Zouave et un bataillon du 23e RIC (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Mardi 3 avril 1945


Allemagne : Himmler ordonne de fusiller tous les habitants qui arborent un drapeau blanc de la capitulation sur leur maison.

Allemagne, Karlsruhe : évacuation de la ville par la Wehrmacht.
Le 3 avril 1945, le LCL Ernst Linke commandant la division berlinoise décide, contrairement aux ordres reçus, d’évacuer la ville sans combattre. Grâce à cela, et malgré l’opposition du parti nazi local. Il évite ainsi une destruction des infrastructures de communication de la ville.

Mardi 3 avril 1945, 15h00


Allemagne, Spire : 1re armée française, fin de la construction du pont de Spire.
Le premier d’entre eux, en matériel 1935/44, devait être construit à Germersheim, mais les difficultés rencontrées dans le franchissement d’assaut firent décider de reporter sur Spire le matériel de pontage ainsi que le personnel destiné à le mettre en œuvre. Sous les ordres du lieutenant-colonel Ythier, celui-ci comprenait : 2 compagnie du 101e R.G. et une compagnie du 17e R.C.G. pour la mise en œuvre ; 2 compagnies du 151e R.G. chargées des accès. Le pont fut construit en aval et à proximité du pont détruit pour faciliter son ancrage. Gênés par une crue du fleuve, les travaux bien que poursuivis de nuit comme de jour, ne seront terminés que le 3 avril à 15 heures. A 7 heures, les premiers véhicules l’empruntent. Son débit atteint 2 à 3 000 véhicules par jour.

Mercredi 4 avril 1945

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
Dans la journée du 4 avril 1945 passe le 126e RI avec bagages et munitions (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Allemagne, Germersheim : préparation de la construction du pont.
Le pont de Spire ne permet pas le passage de blindés. Ceux-ci doivent emprunter le pont de Mannheim ou franchir le Rhin par moyen discontinu. Il est donc nécessaire de construire un second pont à Germersheim. Le 4 avril deux compagnies du 88e bataillon de la 1re DLB préparent le matériel, tandis que le 151e RG aménage les succès.
Le pont long de 216 m est construit entre le 5 et le 7 avril. Il livre le passage à 10 000 véhicules avant d’être démonté le 15 pour permettre la construction du pont de Beinheim.

Allemagne, Mannheim : une partie de la Ire armée française franchit par le pont.
Le pont de Spire ne permet pas le passage de blindés. Ceux-ci doivent emprunter le pont de Mannheim jusqu’à la construction du pont de Germersheim. Il s’agit du pont « Gar Davidson Bridge » construit par le 85e Bataillon de ponts lourds US et ses renforts.

Colonnes de la Ire armée française qui franchissent le Rhin à Mannheim vers le 4 avril 1945 (photographies de l’ECPA).

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Protection antiaérienne du pont de Mannheim (photographies ECPA)

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Allemagne, Karlsruhe : prise de la ville par la Ire armée française.
La ville de Karlsruhe est prise le 4 avril 1945 par la 1re armée française. Les unités suivantes ont participées à ces combats : la 9e DIC, le CC4 de la 5e DB, le Groupement Navarre et le 3e RSM. Les troupes sont confrontées à une faible résistance de l’arrière garde composée de membres de la police, du Volksturm et des Jeunesses Hitlériennes. A 11 heures l’occupation de la ville est achevée. Dans la foulée les troupes françaises avancent jusqu’à Durlach.

Série de photographies de l’ECPA relatives aux troupes françaises à Karlsruhe pendant et juste après la prise de la ville.

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Mercredi 4 avril 1945, 7h00

Allemagne, Spire : 1re armée française, début du franchissement sur le pont de Spire.
A 7 heures, les premiers véhicules empruntent le passage de classe 12 long de 240 mètres. Son débit atteint 2 000 à 3 000 véhicules par jour ou 100 à 200 véhicules à l’heure.


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Jeudi 5 avril 1945

Allemagne, Karlsruhe : démontage des barricades.
Les troupes françaises font démonter les barricades qui obstruent la ville par les prisonniers de guerre. Joseph Heinrich est nommé maire. Les troupes françaises ont pris Durlach.

Photographie de l’ECPA relative aux troupes françaises à Karlsruhe pendant et juste après la prise de la ville.

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Photographies des archives ville de Karlsruhe (Stadtarchiv Karlsruhe).

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Allemagne : le génie de la 1re armée : début de construction du pont de Germersheim.
Le pont de Spire ne permet pas le passage de blindés. Ceux-ci doivent emprunter le pont de Mannheim ou franchir le Rhin par moyen discontinu. Il est donc nécessaire de construire un second pont à Germersheim. Le 4 avril deux compagnies du 88e bataillon de la 1re DLB préparent le matériel, tandis que le 151e RG aménage les succès.
Le pont long de 216 m est construit entre le 5 et le 7 avril. Il livre le passage à 10 000 véhicules avant d’être démonté le 15 pour permettre la construction du pont de Beinheim.

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
Le 5 avril, le 1er bataillon du 86e RI, des isolés, des vivres, des munitions et ravitaillements divers (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Vendredi 6 avril 1945

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
Le 6 avril, continuation des passages discontinus (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).


Sources

Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Collectif d’auteurs : Le Génie dans les campagnes de France et d’Allemagne 1944-1945 Documentation 2.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Wolfgang Gückelhorn : 7. März 1945 – Das Wunder von Remagen ; Helios Verlag, 2008, pages 30.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978, pages 58-59.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999 ; page 176.


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Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)

Message par MJR le Jeu 26 Mar 2015 - 6:36



Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)



Samedi 7 avril 1945

Allemagne, Vaihingen : libération du camp de concentration.
Les troupes françaises libèrent le camp de concentration de Vahingen.

Allemagne, Leimersheim : Génie de la 1re armée française, franchissement d’assaut par la compagnie du génie 101/3.
Le 7 avril 1945, repliement de la plage et transport du matériel à Maximiliansau. L’opération de Leimersheim est terminée et à différée de Mechtersheim par les points suivants :
1) Facilité de fonctionnement des unités et ordre dans les embarquements, grandement facilité par la présence d’un officier du 4e bureau de la 9e DIC au point de dislocation.
2) Seule la liaison radio a été utilisée et a parfaitement joué grâce à l’emploi des postes SCR 300 reçus le jour de l’opération (ce qui démontre la facilité de leur mise en œuvre). La communication entre le PC de plage, le PC de bataillon et la rive ennemie a toujours été maintenue (ci-joint un extrait des messages radio reçus par le PC Génie accolé au PC du chef de l’opération.
3) Contact étroit entre commandant de la compagnie, de la plage et les chefs des unités embarquées.
4) Réussite magnifique de l’opération due à la neutralisation des casemates allemandes par tirs directs des T.D. et appuyé du feu d’armes automatiques lourdes encadrant la plage.
5) Fonctionnement très satisfaisant des équipes de dépannage des moteurs et arrivée en temps opportun du matériel de maintenance demandé.
6) L’expérimentation d’une partie du matériel, il n’a pas été possible d’entreprendre dès le début la construction de portières de transport. Celles-ci auraient pu être mises au service de l’opération (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Allemagne : le génie de la 1re armée : fin de construction du pont de Germersheim.
Compte tenu que le pont de Spire ne permet pas le passage de blindés, il est donc nécessaire de construire un second pont à Germersheim. Le 4 avril deux compagnies du 88e bataillon de la 1re DB préparent le matériel, tandis que le 151e RG aménage les succès.
Le pont long de 216 m est construit entre le 5 et le 7 avril. Il livre le passage à 10 000 véhicules avant d’être démonté le 15 pour permettre la construction du pont de Beinheim.

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Pont de Germersheim (archives 1er RG)

Allemagne, 1re armée française : cérémonie et inspection du pont de Spire par le général de Gaulle.
Le pont de Spire atteint un débit de 2 à 3 000 véhicules par jour. Le 7 avril 1945, le général de Gaulle se rend à Spire où il inspecte les troupes et remet des décorations au cours d’une émouvante cérémonie qui se déroule devant la cathédrale puis il inspecte le pont accompagné du général de Lattre de Tassigny commandant la Ire armée française et du général Dromard commandant le Génie de la Ire armée française.

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Le général de Gaulle passe les troupes en revue (archives 1er RG)

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Prise d’armes devant la cathédrale de Spire : présentation du drapeau du 101e RG (archives 1er RG)

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Extrait d’un journal (Archives 1er RG)

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Le général de Gaulle décore le drapeau du 101e Génie (archives 1er RG)

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Le général de Gaulle décore le COL Ythier (archives 1er RG)

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Le général de Gaulle décore le COL Ythier de la Croix de guerre avec palme et le fait officier de la Légion d’honneur (archives 1er RG)

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Le général de Gaulle décore les lieutenants Perdu et Vidal (archives1er RG)

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Lieutenant Perdu (archives1er RG)

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Lieutenant Vidal (archives1er RG)

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Le général de Gaulle décore le COL Ythier, les LTN Perdu et Vidal fait Chevalier de la Légion d’honneur et décoré de la Croix de guerre avec palme (archives 1er RG)

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12 militaires sont décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec palme par le général de Gaulle (archives 1er RG)

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Défilé du 101e Génie devant le général de Gaulle (archives 1er RG)

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Vers 15 heures le général de Gaulle et les autorités présentes inspectent le pont

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Inspection du pont de Spire vers 15h00 par le général de Gaulle accompagné du général de Lattre de Tassigny et du général Dromard (archives 1er RG)

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Sources : photographies qui avaient été rassemblées au 1er RG pour une exposition à l’occasion du 60e anniversaire de ces franchissements.

Allemagne : Général de Lattre de Tassigny, commandant la Ire armée française :
« Pour toute l’armée, le 31 mars est un jour de fierté. Mais l’arme du Génie a le droit de garder un particulier orgueil de cette journée durant laquelle le 101e régiment du Génie a glorieusement acquis son titre de régiment du Rhin. Ses sacrifices ont préparé une lumineuse journée de Pâques ».
Le général de Lattre de Tassigny.

La construction de ponts par le Génie ne se limita pas à ceux du mois d’avril. Durant l’année 1945, 62 ponts furent construits sur le Rhin et ses abords.

Dimanche 8 avril 1945

Allemagne : le génie de la 1re armée : construction du 1er pont de Maxau.
C’est le pont qui a été construit le plus rapidement, dans la journée du 8 avril. Mis en œuvre par le 211e BPL et une compagnie du 17e RCG. L’emplacement se trouve en aval du pont métallique ferroviaire, auquel le pont est amarré. Long de 235 m, il dessert directement le centre de Karlsruhe. C’est un des passages les plus desservi du Rhin, emprunté quotidiennement par 4 000 véhicules.


Sources

Archives numériques exposition 2005 sur le Franchissement de Germersheim 1945.
Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Ken Ford : Campaign 178 : The Rhine Crossings 1945 ; Osprey Publishing.
Wolfgang Gückelhorn : 7. März 1945 – Das Wunder von Remagen ; Helios Verlag, 2008, pages 30.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978, pages 58-59.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999 ; page 176.


Sites Internet

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Re: Chronique des franchissements du Rhin en mars et avril 1945

Message par Admin le Ven 27 Mar 2015 - 6:46

Merci Richard pour cette chronique (que je n'ai pas encore lu pour cause de connexion rapide pour économiser mon forfait). Il y a un gros travail de recherche de mise en page sur le forum, merci pour nous bien

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Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)

Message par MJR le Ven 27 Mar 2015 - 10:29

Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)


Lundi 9 avril 1945

Allemagne : le génie de la 1re armée : construction du pont de bateaux de Maxau.
Pour la Ire armée française, l’exploitation du succès et la poursuite victorieuse des opérations ne pouvaient être assurées qu’après avoir raccourci nos lignes de communications et établi sur le Rhin un pont militaire à grand débit.
Maximiliansau, articulé sur un dense et solide réseau de voies routières et ferrées présentait pour le commandement français, le même intérêt qu’antérieurement pour l’E.M. allemand, car il permettait l’accès à la trouée de Pforzheim, et dans la foulée c’était Stuttgart et les plateaux Wurtembergeois, par la vallée de la Murg, puis la Forêt-Noire.
A peine cinq jours après la prise de la ville de Karlsruhe, le 211e BPL et une compagnie du 17e RCG construisent un pont flottant de 18 tonnes et rétablisse le point de passage. C’est le pont qui a été construit le plus rapidement : 12 heures de travaux au cours de la journée du 9 avril 1945.
Ce pont situé en aval du pont ferroviaire est ancré aux travures effondrées de ce dernier. Ceci lui assure assurèrent une excellente protection contre les tirs d’artillerie encore possibles, les mines flottantes et éventuellement des nageurs « Gamma ». Long de 235 m, il dessert directement le centre de Karlsruhe. C’est un des passages les plus desservi du Rhin, emprunté quotidiennement par 3 000 à 4 000 véhicules.

Jeudi 12 avril 1945

Etats-Unis : décès du président Roosevelt. Son successeur Harry S. Truman prête serment le même jour.

Vendredi 13 avril 1945

Allemagne : le génie de la 1re armée : début de construction du pont de Beinheim.
Il est construit en amont du pont détruit de la voie ferrée Roppenheim-Rastatt par le 2e bataillon du 151e RG. La construction débute le 13 avril 1945 et il doit être livré pour le 16 avril. Le matériel prévu est américain et il arrive par train d’Obernai. Cette arrivée en vrac ne permet pas la construction du pont dans de bonnes conditions : de ce fait il est nécessaire de démonter le pont de Germersheim, cette opération étant retardée au maximum.

Dimanche 15 avril 1945

Allemagne : le génie de la 1re armée : début de construction du pont de Kehl.
Lancement du pont Bailey de Kehl. Long de 280 m il comporte :
- 3 travées fixes de 110 TS reposant, soit sur culées, soit sur pile Bailey ;
- 2 travées mixtes de même longueur, s’appuyant sur culée ou pile Bailey, et un couple de péniches ;
- 2 travées d’extrémité de 101, s’appuyant sur un couple de péniches ;
- 2 travées courantes de 112, s’appuyant sur un couple de péniches ;
- 2 travées courantes de 112, s’appuyant sur 2 péniches ;
- 10 péniches ont été nécessaires pour sa construction.

Allemagne : le génie de la 1re armée : démontage du pont de Germersheim.
Son existence a été brève (8 jours). Il est démonté le 15 pour permettre la construction du pont de Beinheim.

Lundi 16 avril 1945

Allemagne, front Est : percée soviétique sur la ligne de défense allemande de l’Oder.

Allemagne : le génie de la 1re armée : fin de construction du pont de Beinheim.
Il est construit en amont du pont détruit de la voie ferrée Roppenheim-Rastatt par le 2e bataillon du 151e RG. La construction débute le 13 avril 1945 et il doit être livré pour le 16. Le matériel prévu est américain et il arrive par train d’Obernai. Cette arrivée en vrac ne permet pas la construction du pont dans de bonnes conditions : de ce fait il est nécessaire de démonter le pont de Germersheim, cette opération étant retardée au maximum.

Mardi 17 avril 1945

Allemagne, région de la Ruhr : les dernières troupes allemandes encerclées se rendent.

En tout, 320 000 soldats partent vers les camps de prisonniers.

Jeudi 19 avril 1945

Allemagne : le génie de la 1re armée : ouverture d’une voie sur le pont de Kehl.

Ouverture d’une voie sur le pont Bailey de Kehl.


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Re: Chronique des franchissements du Rhin en mars et avril 1945

Message par MJR le Sam 28 Mar 2015 - 9:38

Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)


Vendredi 20 avril 1945


Allemagne, Kehl : Génie de la 1re armée, ouverture de la 2e voie du pont Bailey sur supports flottants.
Le 20 avril 1945, deux voies sont ouvertes sur le pont Bailey de classe 40.
Son rendement est et restera excellent, étant donné l’importance de Strasbourg comme nœud de communication. 5 000 véhicules au moins chaque jour empruntent ce point de passage. Son débit atteint parfois 7 000 et même 8 000 véhicules en une journée.

France, Alsace, Roppenheim : lancement du pont.
Le 20 avril 1945 un pont est lancé à Roppenheim.

Samedi 21 avril 1945


France, Beinheim : Génie de la 1re armée française, travaux de la compagnie du génie 101/3.
Samedi 21 avril 1945 : la compagnie est à Beinheim et assure l’entretien du pont, lance un filet contre les mines et les corps flottants (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Dimanche 22 avril 1945, 5h30

Allemagne, Berlin : l’Armée Rouge entre dans la zone urbaine de Berlin.

Dimanche 22 avril 1945, 5h30


France, Beinheim : Génie de la 1re armée française, nouvelle mission de franchissement d’assaut pour la compagnie du génie 101/3.
Dimanche 22 avril 1945. La compagnie est alertée à 5h30 et doit faire mouvement sur Mulhouse pour être rendue dans la soirée. Un lot de matériel d’assaut sera perçu au passage à Strasbourg à la compagnie 101/5 (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Dimanche 22 avril 1945, 20h00-22h30

France, Mulhouse : Génie de la 1re armée française, nouvelle mission de franchissement d’assaut pour la compagnie du génie 101/3.
A 20h00 la compagnie est à Mulhouse.
A 21h00, le commandant de compagnie prend contact avec le COL Darbier au PC du 80e RI.
A 22h30, le COL Douchy fixe la mission de la compagnie.
(Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Lundi 23 avril 1945, 1h00-2h00

France, Kembs : Génie de la 1re armée française, nouvelle mission de franchissement d’assaut pour la compagnie du génie 101/3.
Lundi 23 avril 1945.
A 1h00 la compagnie quitte Mulhouse.
A 1h50 arrivée à Bartenheim.
A 2h00 départ du matériel pour Blotzheim, l’approvisionnement est sur les plages ; transport et mise à l’eau d’une partie du matériel.
(Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Lundi 23 avril 1945, 6h00

France, Kembs : Génie de la 1re armée française, mission de franchissement d’assaut pour la compagnie du génie 101/3.
A 6h00, évacuation de la plage vue des bateaux dominant la rive ennemie, une équipe restée sur place pour achever le camouflage du matériel déclenchera sur le stockage du matériel un tir très nourri de mortiers, touchant quelques bateaux et deux moteurs.
(Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Lundi 23 avril 1945

Allemagne : Hitler démet Göring de toutes ses fonctions.
Hitler démet le Reichsmarchal Hermann Göring de toutes ses fonctions d’état et du parti parce qu’il a essayé d’engager des négociations avec les Alliés de l’Ouest en tant que représentant du Reich allemand.

Lundi 23 avril 1945, 18h00

France, Kembs : Génie de la 1re armée française, mission de franchissement d’assaut pour la compagnie du génie 101/3.
A 18h00 au cours d’une réunion au PC du COL Barbier à Blotzheim, La Chaussée, le commandant de compagnie est informé que l’opération aura lieu le 24 à 5h00.
(Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Mardi 24 avril 1945, 2h00-3h00

France, Kembs : Génie de la 1re armée française, mission de franchissement d’assaut pour la compagnie du génie 101/3.
Le 24 avril 1945 à 2h00 la compagnie arrive à la plage.
A 3h00, personnel, matériel, liaison radio sont en place.
(Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Mardi 24 avril 1945, 4h00-5h40


France, Kembs : Génie de la 1re armée française, mission de franchissement d’assaut pour la compagnie du génie 101/3.
A 4h00 la 1re vague du 80e RI se présente au point de dislocation.
A 4h45 début de la préparation d’artillerie, le personnel est embarqué, les bateaux quittent la rive et la vague se forme.
A 5h40, départ de la vague qui traverse, la réaction ennemie est insignifiante, tous les bateaux rentrent et repartent.
(Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Mardi 24 avril 1945, 7h00


France, Kembs : Génie de la 1re armée française, mission de franchissement d’assaut pour la compagnie du génie 101/3.
A 7h00 le bataillon de tête est passé, le franchissement continue, 2 bateaux seront perdus, ayant cassé les goupilles d’hélices et passent le barrage, l’un d’eux seulement était chargé de personnel. Le franchissement se poursuit normalement toute la journée.
Le franchissement, d’une ampleur moindre que les précédents, aura confirmé les observations faites précédemment et n’a pas donné lieu à des constatations particulières (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

France : Ire armée française : Ordre du Jour du général de Lattre de Tassigny

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Re: Chronique des franchissements du Rhin en mars et avril 1945

Message par MJR le Dim 5 Avr 2015 - 10:14

Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)


Dernière mise à jour : 5 AVRIL 2015


Mercredi 25 avril 1945

Allemagne, Torgau : première rencontre des troupes américaines et soviétiques sur l’Elbe.

Italie : échec des négociations entre Mussolini et les chefs des partisans.
A Milan, les négociations entre Benito Mussolini et les chefs des partisans, au sujet du transfert du pouvoir, échouent et Mussolini tente de fuir en Allemagne.

Allemagne : le génie de la 1re armée : début de construction du pont de Kembs.
Le pont est construit sur les ruines du barrage de Kembs. Commencé le 25, le pont est achevé le 28 à 18h00. C’est le 2e pont permanent de fort tonnage dont dispose l’armée française entre Ludwigshafen et Bâle.

France : rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin.
Sommaire :
1) Situation de la Cie dans les 8 jours qui ont précédés l’opération.
2) Opération de Mechtersheim.
3) Opération de Leimersheim.
4) Opération de Kembs.
Conclusion
La compagnie 101/3 a effectué 3 franchissements d’assaut dont un seul gêné par des réactions violentes de l’adversaire. La préparation, l’entraînement suivi par la compagnie ont permis à celle-ci de remplir avec succès les missions qui lui furent confiées. La réalité a été très voisines des exercices, et l’opération ne fût jamais une surprise.
Quelques points à retenir :
1) Pour une compagnie de Génie type AFN, équipée de 24 bateaux d’assaut est un maximum.
Les postes de propulsistes, radio, agent de liaison ne peuvent être tenus que par des Européens. Il est nécessaire d’avoir une réserve nombreuse de propulsistes : conduire un bateau est à la portée de tout le monde, mais le régler ne l’est pas, or, il a été prouvé que dans les premières minutes de l’opération des moteurs réglés la veille ont dû rapidement être révisés ; ce rôle incombe au conducteur.
2) Les propulseurs Johnson 22 CV Evinrude 55 CV ont  une tenue remarquable et sont parfaitement adapté à cet emploi.
3) Les embarcations utilisées ont parfaitement résistées malgré la durée de l’effort demandé. Les portières de transport, mises en œuvre ont donné satisfaction, placer un moteur par bateau ponté n’est pas un luxe, mais absolument nécessaire.
4) L’emploi du bateau d’assaut propulsé par 55 CV (Stormboat) ne se justifie qu’en 1re vague, les difficultés de départ de la rive rendent son emploi difficile pour des va-et-vient. C’est un excellent moyen de liaison rapide.
5) L’application des méthodes d’embarquement et de rotation des bateaux étudiées lors des exercices n’a pas été respectée lors des opérations. Il semble difficile de s’y tenir, toutefois, la question serait à revoir avec un personnel (Génie, Infanterie) ayant subi un entraînement plus poussé.
6) Pour les 3 franchissements, les plages de départ étaient situées dans les bras morts. Il semble que cette précaution soit à préconiser, car elle est à la base de la réussite de l’opération.
7) La participation de la compagnie du génie dans l’opération pourrait avoir plus d’importance, en particulier, il serait intéressant d’avoir des bateaux spécialisés transportant sur la rive ennemie, dès la 1re vague des équipes de plage plus étoffées, semblables à celles utilisées lors des opérations amphibies (Rapport du capitaine Perdu commandant la compagnie 101/3 du Génie sur les opérations de franchissement du Rhin).

Jeudi 26 avril 1945


Allemagne, troupes américaines : interdiction de fraternisation avec les Allemands.
La directive JCS 1067 de l’état-major général d’Eisenhower ordonne aux troupes américaines de considérer l’Allemagne comme un pays occupé. Toute fraternisation est interdite.

Vendredi 27 avril 1945, matin

Allemagne, Breisach : le génie de la 1re armée : début de construction du pont flottant.
Un puissant courant, une pénurie de moyens de propulsion, de matériel de pontage et de main d’œuvre spécialisée rendent sa construction difficile.
Il est construit par la 101/1 et 101/2 à partir du reliquat de matériel de Germersheim et de l’équipage de pont arrivé par voie ferrée. Entreprise le 27 au matin, la construction s’achève le 30 à 17h30. Le pont sur le Rhin lui-même ne mesure que 188 m, mais la traversée préliminaire du canal a nécessité un ouvrage d’une longueur totale de 246 m.

Samedi 28 avril 1945.

Italie, Mussolini est fait prisonnier et exécuté.
Après avoir été arrêté par les partisans, Mussolini est exécuté à Giuliano di Mezzegra près du lac de Come.

Samedi 28 avril 1945, 18h00


Allemagne : le génie de la 1re armée : fin de construction du pont de Kembs.
Le pont est construit sur les ruines du barrage de Kembs. Commencé le 25, le pont est achevé le 28 à 18h00. C’est le 2e pont permanent de fort tonnage dont dispose l’armée française entre Ludwigshafen et Bâle.

Dimanche 29 avril 1945


Allemagne : testament d’Hitler.
Hitler rédige son testament et nomme l’Amiral Karl Dönitz comme son successeur en tant que président du Reich.


Dernière édition par MJR le Sam 12 Sep 2015 - 10:54, édité 1 fois

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Chronique des franchissements du Rhin : avril 1945 (suite)

Message par MJR le Sam 9 Mai 2015 - 0:09

Chronique des franchissements du Rhin : avril - mai 1945 (suite)


Dernière mise à jour : 5 AVRIL 2015



Lundi 30 avril 1945


Allemagne, Berlin : suicide d’Hitler.
Hitler se suicide dans le bunker de la chancellerie. Son épouse Eva Braun avec qui il venait de se marier la veille, se suicide également.

Lundi 30 avril 1945, 17h30

Allemagne, Breisach : le génie de la 1re armée : achèvement de la construction du pont flottant.
Un puissant courant, une pénurie de moyens de propulsion, de matériel de pontage et de main d’œuvre spécialisée rendent sa construction difficile.
Le pont est construit par la 101/1 et 101/2 à partir du reliquat de matériel de Germersheim et de l’équipage de pont arrivé par voie ferrée. Entreprise le 27 avril 1945, sa construction s’achève le 30 à 17h30. Le pont sur le Rhin lui-même ne mesure que 188 m, mais la traversée préliminaire du canal a nécessité un ouvrage d’une longueur totale de 246 m.

Mercredi 1er mai 1945

France : le génie de la 1re armée et le franchissement du Rhin.
« Franchissant le Rhin de vive force, vous avez écrasé la résistance d’un ennemi désespérément accroché à son sol ». Général de Lattre.
Le Génie de la 1re armée.
Parfaitement rodé par la dure et glorieuse campagne d’Italie, le Génie du C.E.F. allait constituer, toujours sous le commandement du général Dromard, le gros du Génie de la 1re armée. Certes, celui-ci s’était augmenté d’un grand nombre d’unités nouvelles.
Tout d’abord, de nouvelles grandes unités avaient fourni à l’armée du général de Lattre des bataillons divisionnaires aux effectifs plus importants que ceux des premiers G.D. mis sur pied.
Le franchissement du Rhin est d’abord un acte de commandement magnifique de la part du général de Lattre. Sa volonté inflexible l’a fait exécuter malgré les difficultés.
Son résultat a été heureux cependant parce que le commandement du Génie a su faire face à toutes les difficultés grâce à ses prévisions lointaines, à son sens de l’organisation et à la souplesse qu’il a montrée dans l’exécution.
Mais le succès du franchissement, qui, comme celui de beaucoup d’opérations de guerre, n’a tenu qu’à un cheveu, n’a pu être obtenu que grâce à l’héroïsme des combattants.
C’est parce que les propulsistes du 101e Génie et du 17e R.C.G. ont continué à conduire leurs embarcations sous le feu, malgré les pertes sévères (40 d’entre eux ne devaient pas revenir), que le franchissement à la plage B., une fois entrepris, a pu être poursuivi jusqu’au succès.
C’est parce que les tirailleurs du 4e R.T.M. et les fantassins du 151e R.I. ont tenu dans de minuscules têtes de pont que l’ennemi a dû abandonner la partie. Les artilleurs eux aussi, passant en tête avec leur D.L.O., firent preuve de bravoure. Ainsi, le petit-fils du général de Castelneau, le lieutenant de la Croix, a été tué avant d’avoir pu toucher terre, lors du 2e essai de franchissement de la plage A.
Il ressort de ce récit, qui termine l’historique du Génie avant les dernières campagnes d’outre-mer, que, comme à l’origine de notre arme, le facteur humain à la guerre garde toute son importance. A l’époque où la technique paraît dominer non seulement l’armement, mais même l’établissement des plans, le succès dépendra encore, en fin de compte, du chef qui aura pris la décision et du combattant qui, au péril de sa vie, aura permis aux techniciens de mettre en œuvre leurs engins thermonucléaires. Ainsi à la fin d’avril, 7 passages continus, soit 3 de plus qu’en temps de paix, reliaient nos forces, profondément enfoncées en Allemagne. (Conclusions publiées dans Le Génie ; 1960).

France, Allemagne : bilan du génie de la 1re armée française par le général Perdu.
Avant de rappeler ce que furent les franchissements d’assauts conduits par les compagnies 1/101 et 3/101, l’attention doit être attirée sur l’énorme travail accompli par les unités du génie entre le 30 mars et le 30 avril 1945 :
- 6 franchissements de vive force suivis de passages discontinus dont 3 furent réalisés par la compagnie 3/101 ;
- 12 portières et bacs (M2 – Heavy Pont – US DBM2) ;
- 2 barrages de protections contre les corps flottants et les mines (Cie 3/101) ;
- 8 ponts flottants et fixes sur supports divers ;
- portières légères ;
- portières Heavy-Ponton ;
- portières USM2 ;
- matériel Français 44 ;
- pont Bailey sur supports de circonstance.

Allemagne, Mechtersheim & Germersheim : Honneur à nos Morts !
Pour les sapeurs les pertes furent lourdes : 34 morts et de nombreux blessés et disparus. Les sapeurs tués au combat furent inhumés aux cimetières de Mechtersheim et de Germersheim.

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22 mars 1945 :

COLLONGE Claude (Maître-ouvrier – 83e bataillon)
DUMOULIN Marcel (2ème Sergent – 71e bataillon)
PILLET Gérard (Sapeur – 71e bataillon)

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27 mars 1945 :

GRANDVAL Gilbert (Sergent-chef – 1er bataillon)
MASET Maximilien (Sapeur 1re Cl – 1er bataillon)

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31 mars 1945 :

ALENDA Joseph (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
AUCONTE Fernand (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
BELABDELMOUMENE (Sapeur 2e Cl – 96e Bataillon)
BEN Aouda (Sapeur 2e Cl – 96e Bataillon)
BEN AMEUR Mohamed (Sapeur 2e Cl – 96e Bataillon)
BENGOUHIMI Mohamed (Maître-ouvrier – 96e Bataillon)
BENTOUMI Abdelkader (Sapeur 2e Cl – 180e Bataillon)
BIRAH Salah (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
BOULETOUX Albert (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
BOUTET René (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
BOUZELFA Ahmed (Sergent-chef – 96e Bataillon)
CANO André (Caporal – 101e Régiment)
DELAGARDE François (Sergent-chef – 101e Régiment)
DU ROUSSEAU Antoine (Caporal – 96e Bataillon)
FAKKAT Amar (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
GENILEAU Gaston (Maître-ouvrier – 101e Régiment)
GROS Edmond (Sapeur 2e Cl – 96e Bataillon)
GROSSE Lucien (Sapeur 2e Cl – 17e Régiment)
GUERDER Roger (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
JURETTICH Guy (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
KADIX René (Sapeur 2e Cl – 96e Bataillon)
MARCO Alfred (Sapeur 2e Cl – 96e Bataillon)
MERIKLI Salah (Sapeur Caporal – 96e Bataillon)
METIDJI Chérif (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
NICOLAS Jean (Sapeur 2e Cl – 96e Bataillon)
NEGLIA Philippe (Sapeur 1re Cl – 101e Régiment)
ORIOL André (Sapeur – 101e Régiment)
PIERRON Jacques (Caporal-chef – 101e Régiment)
RAULION Max (Sapeur – 101e Régiment)
REINHARDT Jean-Pierre (Caporal – 101e Régiment)
RUFFENACH Siegfried (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
SANCHEZ Antoine (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
SICARD Jean (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
TIGRE Aomar (Sapeur 2e Cl – 101e Régiment)
TORRES Fernand

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6 mai 1945, 8h45


Allemagne – Tchécoslovaquie : la IIIe armée US de Patton franchit la frontière tchèque et prend Pilsen avec la 16e DB US.
Dans sa lancée, Patton avait franchi la frontière tchèque et s’était emparé de Pilsen. Moscou manifesta sa mauvaise humeur. La IIIe armée dut être détournée vers l’Autriche. Peu importaient les sentiments des populations : la Tchécoslovaquie resterait incluse dans la zone d’influence soviétique et la libération de Prague serait l’apanage de l’armée rouge. La capitale tchèque, tout comme Budapest, Vienne, et bientôt Berlin, serait occupée par les Russes.
En fait, c’était le destin de l’Europe de l’est qui était déjà scellé.


Sources

Collectif d’auteurs : Le Génie ; Editions GR, 1960.
Jean Jour : Le passage du Rhin en images ; Editions Libro-Sciences, Bruxelles, 1978.
Francis Lichtlé et Michèle Herzberg : Batailles d’Alsace 1939-1945; Editions G4J, 1999.


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carte des ponts bâtis sur le Rhin par le Génie Français durant la période

Message par KRAL DOMINIQUE le Ven 21 Aoû 2015 - 3:57

ce sujet fort intéressant ,m'avait échappé super comme d'habitude Richard ,pour amener ma petite pierre à cette édifice ;voici une carte des ponts bâtis sur le Rhin par le Génie Français durant la période des combats .
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KRAL DOMINIQUE
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Film 1ère Armée française et franchissement du Rhin

Message par MJR le Mar 24 Jan 2017 - 9:57

Bonjour,

voici un lien d'un film de l'ECPA sur la Première Armée française qui complète bien le sujet.

Il y a certes quelques images de reconstitution des combats mélangés aux images d'archive, comme d'habitude, mais c'est un bon montage. Bien sur les commentaires triomphants sont d'époque. On ne montre jamais les blessés et morts français, uniquement ceux de l'ennemi. Il y a de belles séquences de franchissement du Rhin.

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Franchissement du Rhin

Message par adrien le Ven 27 Jan 2017 - 6:42

                       Merci pour ce formidable travail de recherches, de collationnements et de mise en page.Pour moi, qui connait mal cette partie de la  mémoire de nos anciens  des régiments 101 et 17 R T S, c'est une piqûre de rappel. Quand j'ai fait mes premiers mois de service à Port-Lyautey au 31° Génie on chantait en marchant   : ILS ont traversé le Rhin ............. Honneur à eux  MERCI

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Re: Chronique des franchissements du Rhin en mars et avril 1945

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