moyens actuels de franchissement

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moyens actuels de franchissement

Message par Auvert le Sam 5 Mar 2011 - 0:51

Bonjour à tous,

Quelqu'un pourrait-il faire le point sur les moyens actuels et les possibilités de missions. Existe-t-il toujours des équipements permettant des franchissements de grande dimension, le pont motorisé n'équipant qu'un seul régiment si j'ai bien compris. La disparition des ponts flottants d'ancienne génération est-elle définitive? Bien des points qui ont leur place ici!

Merci

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Re: moyens actuels de franchissement

Message par Admin le Sam 5 Mar 2011 - 1:42

Bonjour,
alors j'ai la nette impression que l'équipement de notre armée est fonction des conflits du moment!
A savoir qu'avec la guerre froide et l'ennemi potentiel venant de l'est, les moyens de franchissement ont vécus leur age d'or!
Puis ce fut le conflits des Balkans et quelques problèmes humanitaires en Afrique, et là, la mode est passée à l'aide au déploiement (construction de camps de réfugiés, développement des métiers du bâtiment de la production d'eau de l'électricité) là ça commence à sentir le roussi pour les moyens de franchissement (plus de GILLOIS, achat de quelques EFA, rénovation de quelques PAA)
Depuis quelques années nous sommes confronté à la guerre sournoise des IED (engin explosif improvisé) avec le conflit en Afghanistan.
Donc là nous avons mis le paquet la dessus et c'est bien normal!
Mais le volume de personnel disponible avec le format de l'armée de métier n'est pas suffisant pour maintenir des vrais spécialistes à temps presque complet( de toutes façons avec les missions, vigipirate, les opex, les services, les manoeuvres et les congés,il n'y a plus de temps pour faire de vrai spécialistes nous faisons un peu de tout mais le faisons nous bien?) les moyens financiers sont prioritairement investit ailleurs (là où il semble y en avoir le plus besoin)

De mémoire il me semble qu'il y avait 34 EFA commandés (la moitié est stockée ou va l'être chez le constructeur et dans certains régiments ceux qui restent ne tournes presque plus et les équipages perdent les compétences!)
Pour le PFM même constat, il reste qu'une quinzaine de modules disponibles, les PAA stockés ou reversés, les vedettes reversées dans certains endroits faute d'équipage compétant! les 10 SPRAT arrivent (vieux projet) mais déjà leur déploiement pour moitié à Mourmelon n'est plus qu'histoire ancienne, et de toute façon il ne sont pas encore vraiment opérationnel et il n'est pas sur qu'il y ait des équipages en nombre suffisant !

Voila à chaud ce que je voulais dire (je m'emporte un peu, mais quelque part ça me fait mal!) j’espère qu'il n'y aura pas de guerre dans les temps à venir où les moyens de franchissement (voir même d'autres spécialités qui sont dans le même état) seraient utiles! (parce que là nous sommes mal)

Dans la semaine je vous dirais exactement combien il reste exactement de moyens franch!
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Re: moyens actuels de franchissement

Message par Le Bègue le Sam 5 Mar 2011 - 5:21

Bonjour à tous,
Bonjour Auvert,

Le point de situation que François nous a dressé est un tableau assez juste de la dérive actuelle.
Mais au-delà, le problème principal de notre armée reste la visibilité à 30 ans, éventuellement, pour les myopes, à 20 ans.

Quand est-il, puisque, paraît-il, le monde a changé ?
Il n'y a pas eu, pour la France, de guerre stricto sensu depuis la chute de Dien-Bien-Phû.
Il y eu bien, ici ou là, des opérations type Tacots et autres Epervier, mais depuis 1981, plus rien.
Du moins, et c'est la que le bat blesse, nous sommes devenus des "soldats de la Paix", ce qui me faisait dire que la France était la seule nation au monde à fournir à la fois l'armement et le plastron...
Les missions traditionnelles de l'Armée (protection du sanctuaire et des intérêts à travers le monde) n'existent plus.
A cela, il convient d'ajouter les guerres larvées qui désormais se substituent aux guerres ouvertes.

Quelles sont donc les nouvelles missions : s'interposer au titre de l'ONU entre des belligérants jusqu'à ce que des forces de l'ordre plus conventionnelles (Police ou Gendarmerie), relèvent les militaires.

A cet éclairage, il est plus facile de comprendre l'organisation actuelle : un réservoir d'environ 100 000 hommes dont environ 5% sont projetables sur des points "chauds" et 5% sur des points moins exposés, froids.
Dans ces conditions, deux questions se posent :
- Quid de l'instruction ?
- Quid du matériel ?
On ne fait plus d'instruction(1). On apprend à marcher au pas, à utiliser ses armes, et d'autres rudiments de la FETTA... mais guère plus.
On ne gère plus les unités. On constitue, à la demande, un détachement de marche réalisé à partir du réservoir.
Résultat, le spécialiste du Génie va faire du maintien de l'ordre au Kosovo sans ses engins.
Faut pas pleurer. Soit l'engin n'est pas réalisé, soit il est en attente de pièces...

Conduite de l'Etat-major :
On programme un stage de 3 mois (15 jours pendant 6 mois) pour les heureux élus.
On achète sur étagères (à l'étranger) le matériel jugé nécessaire.

Quid des missions traditionnelles des armes ? Les temps changent, les missions aussi. Plus de guerre traditionnelles implique plus de missions traditionnelles. C.Q.F.D. Limpide non ?
Et mêmes les fondamentaux sont passés par dessus bords. Deux exemples.
Pourquoi apprendre à déminer, puisque la France a signé l'abandon des mines ?
Pourquoi apprendre à faire des ponts, puisqu'ils ne sont plus détruits ?
Et la liste est longue.

Et in fine, pourquoi apprendre à manœuvrer, puisqu'on ne manœuvre plus ?
Et puis de toute façon, les budgets de fonctionnement cette année ont été réduits de 25% en moyenne, et réduit de 45% sur le chapitre "Instruction".

Cordialement,
B.G.

(1) : Véridique. Depuis 2007, à l'Ecole du Génie, les jeunes sergents issus de St-Maixent apprennent l'abattis en salle, en 3 heures et avec diapos... Pas de terrain, trop cher, et de toute façon, pourquoi faire un abattis ? C'est pas au programme O.N.U


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Re: moyens actuels de franchissement

Message par Auvert le Sam 5 Mar 2011 - 21:52

Bonjour à tous,
Merci pour ces précisions, et , hélas, ces confirmations qui laissent perplexes. Du fond de ma vie civile je ne suis qu'un humble spectateur, mais j'ai quelques appréhensions sur le devenir du sapeur !
Amitiés, et merci encore pour toutes les informations qui alimentent ce blog.

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