France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

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France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

Message par MJR le Jeu 4 Avr 2013 - 8:12

France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney (1)


Système fortifié

Ceinture des forts détachés de Strasbourg – Rive gauche du Rhin – Secteur Nord.

Type

Fort détaché à fossé plein d’eau de type « Biehler ».

Construction (gros œuvre)

Eté 1873 - 1876

Façade de gorge - entrée du fort (photo MJR mai 2008). Les forts à fossés pleins d’eau non que très peu de locaux à l’entrée de l’ouvrage : juste le porche d’entrée avec porte blindée, grille et pont levis, quelques créneaux de défense de l’entrée, suivit d’une longue poterne sous traverse en capitale, quelques locaux du poste de garde, de part et d’autre les latrines du fort et au 1er étage un local de stockage des vivres. Tous les autres locaux du casernement et de l’artillerie sont répartis dans les deux ailes du front de tête. Il reste toutefois quelques locaux de stockage de part et d’autre de la poterne principale.

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Dénomination

Les forts détachés de Strasbourg ont été numéroté en partant du fort situé le plus au nord sur la rive gauche du Rhin, c’est-à-dire le fort Fransecky (fort Ney), en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en finissant par la rive droite du Rhin, au nord de Kehl, en face du fort Ney, avec le Fort XII qui est le fort Blumenthal. Néanmoins ont ajoutera deux forts complémentaires : le Podbielski (Fort Ducrot) et le fort Schwarzhof (Fort Hoche), qui prendront des numéros intermédiaires peut utilisés dans la dénomination des forts.

Entrée du fort Fransecky / fort Ney (Photo MJR 2010)

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Blockhaus de défense de l’entrée (Photo MJR 2008)

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Fort I - Fort Wantzenau : vers 1873

Fort Fransecky : 1er septembre 1873

Fort Ney : vers 1919

Fort Fransecky : 1940 – novembre 1944

Fort Ney : à partir de décembre 1945 à priori (date exacte du baptême est inconnue)

Entrée principale, pont-levis, porte et grille (photo MJR 2010)

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Poterne principale sous traverse en capitale (Photo MJR 2010)

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Courte biographie des noms de baptême du fort

Fransecky : général Eduard Friedrich von Fransecky (1807-1890), commandant du II° Corps d’armée prussien lors de la guerre de 1870. A l’issue du conflit, Fransecky prend le commandement du XV. Corps d’armée allemand crée pour tenir garnison en Alsace-Lorraine, dans les territoires annexés à l’empire.

Ney : maréchal d’Empire Michel Ney (1790-1815), duc d'Elchingen et prince de la Moskova, surnommé par Napoléon Ier le « brave des braves ».

Façade du casernement du flanc gauche du front de tête ; les grandes baies ont été ouvertes en 1943 pour l’installation du laboratoire secret ; auparavant nous avions deux fenêtres par baie (photo MJR 2008).

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Situation géographique

Situé sur le front Nord de la ceinture des forts détachés de Strasbourg, sur la limite nord du ban de la commune de Strasbourg, en limite nord de la forêt de la Robertsau, dans un coude de la rivière dénommé l’Ill.

Vue de la douve et de la caponnière de tête (Photo MJR 2010)

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Propriétaire

Ministère de la défense ; le site est classé « Terrain militaire ».

Utilisation : unités de la base de défense de Strasbourg-Haguenau et une association de pêche.

L’accès à ce site est strictement interdit : articles 413-5 et R644-1 du code pénal (peine maxi 1 an de prison et 50 000 € d’amende).

Caponnière de l’aile gauche (Photo MJR 2010)

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Rôle stratégique

Ce fort, avec son voisin de la rive droite, le fort Blumenthal, commande le cours inférieur du Rhin et sa vallée et plus particulièrement la vaste zone humide du Ried nord autour de la Wantzenau, la route de Lauterbourg et la voie ferrée vers Lauterbourg - Germersheim.

Caponnière de l’aile droite (Photo MJR 2010)

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Histoire succincte du fort

Décembre 1872 : adjudication des travaux de construction des trois forts à fossés plein d’eau : les forts près de la Wantzenau, d’Illkirch et au sud d’Ostwald.
La presse avait publié les conditions : « La prise en charge d’un fort nécessite un consortium comportant au moins trois maître maçon, mais les grandes entreprises de travaux étant une société solidement organisée peuvent soumissionner pour la construction de plusieurs forts dans le cas ou elles s’engage à mettre sur chaque fort, en permanence, un maître maçon expérimenté dans la conduite d’un tel chantier. Les consortiums qui participent à cette soumission doivent présenter les attestations de leurs membres pour le 10 décembre, documents à envoyer au service de la Fortification et doivent disposer en plus, d’un capital d’entreprise certifié d’au moins 50 000 thalers.
La caution a déposé pour la construction d’un fort est fixée à 20 000 thalers, de celle-ci 10 000 thalers doivent être déposés à la signature du contrat sous forme d’obligation d’Etat, et le reste sous forme de payement d’environ 5% des sommes successives à percevoir.
Chaque construction de fort nécessite :
environ 195 000 mètres cubes de terrassement,
environ   30 000 mètres cubes de maçonnerie.
La durée de construction d’un fort est fixée à 3 ans.
Les conditions particulières peuvent être consultées au bureau des fortifications ».

Printemps 1873-1876 : construction difficile du fort sur un terrain marécageux situé dans un coude de l’Ill ; ce terrain n’a pas été exproprié mais à fait l’objet d’un échange de terrain entre la ville de Strasbourg et l’administration militaire allemande. La préparation du chantier des zones d’action de l’artillerie du fort nécessite d’importants défrichement (le bois a été vendu aux enchères sur place) et la construction d’une route d’accès. Les matériaux sont acheminés par voie fluviale.
Un ouvrage français publié en 1875 et intitulé « Les Armées françaises et étrangères en 1874 » nous donne quelques renseignements sur les difficultés rencontrées pour construire le Fort Fransecky dans ce terrain inondable situé dans un coude de l’Ill : « Quand à Strasbourg, tous les travaux de la rive gauche sont les uns achevés, les autres sur le point de l’être. L’importance des forts élevés autour de cette grande place mérite qu’on s’occupe de chacun d’eux en particulier……Le Fort Fransecky, par lequel nous commencerons, s’élève dans la forêt de la Wantzenau. Il a fallut, pour le construire, raser une partie de ces bois qui appartenaient à la ville ; ce fort est l’un des moins avancés, parce qu’on a eu à surmonter des difficultés considérables pour parvenir à établir des fondations solides, dans un terrain qui en grande partie se trouvait inondé ».

Printemps 1876 : adjudication des travaux de pose de fascines pour consolider les fossés du fort.

Juillet 1876 : premier exercice de forteresse au Fort Fransecky par des unités de la garnison de Strasbourg.

Jeudi 3 mai 1877 : visite impériale au fort Fransecky : passage de l’empereur Guillaume 1er (Kaiser Wilhelm I).

1935 – 1940 : le fort sert d’abri et de casernement pour les troupes chargés d’occuper les casemates défendant les accès au Rhin dans le forêt de la Robertsau.

Insigne d’une unité de motocyclistes français trouvé dans le poste de garde à l’entrée du fort près des latrines (photo MJR 2010)

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Durant la Seconde Guerre mondiale : un important laboratoire secret nazi de recherches médicales chargé notamment d’élaborer et de tester des antidotes aux gaz de combat (phosgène) est installé en 1943 et reste en fonction jusqu’en septembre 1944 ; on procède notamment à des expériences animales sous la direction du Prof. Otto Bickenbach, prélude aux essais sur des cobayes humains à la chambre à gaz du camp du Struthof. L’ensemble du fort a été complètement remanié, et le laboratoire secret occupait 90% des locaux du fort ! Actuellement il reste toujours les locaux d’expérimentation des antidotes des gaz (chambres à gaz, tables de laboratoire, etc.).

La grande chambre à gaz (20 m3) du laboratoire de recherche nazi, volume identique à celle installée au camp de concentration de Natzwiller (Struthof), pour mettre au point le dosage (photo MJR 2010)

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Le 23 novembre 1944 : alors que vers 10h00 le sous-groupement Rouvillois de la 2° division blindée française entre dans Strasbourg en passant par Mundolsheim, le général Franz Vatterodt commandant les troupes allemandes à Strasbourg se retranche au Fort Ney. Le lendemain, le Groupement Tactique L (G.T.L.) renforcé par le sous-groupement Rouvillois reçoit l’ordre de tenir les lisières nord de Strasbourg et de réduire la résistance ennemie au fort Ney. Dans la matinée du 25 novembre 1944, le G.T.L. négocie dans le courant de la matinée la reddition du fort Ney ; à 13h00 la compagnie allemande défendant le pont de la Wantzenau est anéantie par une attaque blindée et le fort se rend livrant le général Vaterrodt et son état-major.

14 août 1946 : Robert Wagner ancien Gauleiter qui a instauré le service militaire obligatoire pour les Alsaciens et trois fonctionnaires de la Gauleitung sont fusillés au Fort Ney, dans une des cours, en présence de la presse.

1946 : le fort et le terrain attenant « Beckenwoerth » sont à priori utilisés en tant que terrain d’exercice.

Années 1950-1960 environ : le fort aurait été utilisé par l'Armée de l'air (information complété par "CPIO").

1970 à 1978 environ : le fort Ney est utilisé comme annexe du centre d’instruction commando de Kehl, le C.E.C. n°7 (information complétée par "CPIO").

Vers 1997 : les équipements du parcours d’évasion sont démantelés par le 1er RG.

2011 : le fort et le terrain d’exercice entre dans le giron de l’ECI n°4 et sont gérés par le 2e RH, certains obstacles et pistes ont été rénovés et réinstallé. La façade du casernement du front gauche est utilisée pour les descente en rappel.

A bientôt pour la suite de la visite….

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Re: France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

Message par Admin le Jeu 4 Avr 2013 - 8:43

Merci Richard, ce sujet est passionnant ! je connais un fort où je passais mais nuits pas très loin de là "Le Chalet Razz Very Happy "

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Re: France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

Message par CPIO le Ven 5 Avr 2013 - 5:06

Richard,

Sujet très intéressant que l'histoire de la ceinture des forts de Strasbourg, tu as de sacré archives photos et sans doute une belle documentation.

Comme je le disais précédemment, le fort Ney a été un des "terrains de jeu" de l'équipe SAF du 33/32RG, que ça soit avec nos amis du CEC7 ou après sa dissolution. Les ayants tellement fait j'ai encore quelques souvenirs des pistes, des parcours évasion et des lieux. Il a même un stage PSIS de l'EPAT (encadré par par l'Adj/C Michel G...) qui est passé entre ces murs.

Le CEC7 a du occuper les lieux au tout début des années 70 et ce jusqu'en 1978. Puisqu'ensuite, pour accéder au fort, nous allions chercher les clés au bureau de garnison de Strasbourg.
J'ai eu en son temps une autre info, par qui je ne sais plus, comme quoi le fort aurait été occupé par l'Armée de l'Air dans les années 50.
Le fort Ney était aussi à l'époque la réserve de pêche des Officiers.

J'ai également le souvenir d'une décoration particulière d'une des salles voutée qui se trouvait en extrémité de la grande circulation qui traversait le fort d'un bout à l'autre.
Déco "métro Parisien" des années 50. La déco de la salle correspondait à une station, et dans le couloir d'accès était peint une pub de l'époque que l'on voyait dans les tunnels: Dubo....Dubon....Dubonet c'était un apéro.

Comme tu es très documenté, peut être as-tu quelque chose sur le fort Ampère. Il est à un peu plus d'un kilomètre de la, de l'autre coté de la route qui mène à la Wantzenau. Nous y sommes rentrés en douce et nous sommes posés des questions sur son utilisation au regard de son état d'entretien apparent. Au bureau de garnison nous n'avons obtenu aucune réponse, si ce n'est que c'était la réserve de pêche des Sous Officiers.


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Re: France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

Message par MJR le Ven 5 Avr 2013 - 8:09

Bonsoir,

l'ouvrage Neuf-Empert appartient pour l'intérieur de l'ouvrage à l'éducation nationale et l'extérieur au Ministère de la Défense. Il y a toujours le club de pêche mais le chercheur qui avait installé des appareils sysmographique dans l'ouvrage a pris sa retraite et les appareils ont été retirés.

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Re: France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

Message par GUIHENEUF jean paul le Ven 5 Avr 2013 - 9:51

bonsoir richard ,
je me souviens de ce fort utilisé fin des années 60 par le CEC de Kehl ou en temps que stagiaire ( 23°cie du 11°RG ) nous devions nous évader pour rejoindre le rhin sur la Wantzenau ou un chaland nous permettait de rejoindre la RFA pour continuer vers la foret noire avec des treillis marqués KG à la peinture blanche . que de souvenirs !!!
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Re: France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

Message par carrere le Sam 6 Avr 2013 - 1:38

Que de souvenirs...le parcours d'évasion du fort Ney et le "chalet" Cool

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France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney (2)

Message par MJR le Sam 6 Avr 2013 - 8:21




Poterne transversale (se situe entre la porterne sous traverse en capitale (à droite) et le casernement du front de tête (à gauche sous les remparts), photos MJR 2010.

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Vue intérieure de la traverse-abri n°2 (pièce 156) – photo MJR 2010

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Traverse-abri n°4 :

Partie haute du monte-charge à munitions – photo MJR 2010

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Insigne des électromécaniciens du 1er RG (1935-1940) – Photo MJR 2010

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Re: France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

Message par GRADWOHL Jacques le Ven 12 Avr 2013 - 20:25

Bonjour,
Voici quelques photos du parcourt commando en novembre 1975 quand j'étais au régiment

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Message par MJR le Sam 14 Sep 2013 - 10:13




Merci Jacques pour ces belles photos du temps du CEC.

Douche de décontamination située au 1° étage de l’aile gauche : l’aile gauche de cet étage est réservé aux études des antidotes du phosgène ; deux sas de décontamination sont installés dans ces locaux, et une grande cheminée a été érigée sur les parapets situés au-dessus de ces casemates, lors de l’installation du laboratoire en 1943.

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Salle du laboratoire, encore équipé de tables avec becs à gaz pour les analyses. Au fond, cette pièce comportait initialement deux fenêtres car casemate comme tous les forts. Lors de l’installation du laboratoire, ces deux fenêtres ont été transformées en une grande baie vitrée.

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Au rez-de-chaussée de la même aile, les installations laissent à penser qu’il s’agissait peut-être de la zone où l’on stockait les animaux dans des cages. Certaines pièces sont munies de restes de supports muraux et de rigoles.

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Autre pièces avec table de laboratoire, et se faisceau électrique qui parcours l’ensemble des locaux aménagés en laboratoire nazi sur les deux étages.

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Sur les parapets de l’aile gauche, le reste de la grande cheminée, le restant est tombé à terre. Elle est située au-dessus de la pièce contenant les deux chambres à gaz, à proximité de la deuxième traverse-abri. .

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Petite chambre à gaz du deuxième étage.

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Porte de guerre : comme les autres forts détachés de Strasbourg, le fort Fransecky a été équipé de porte de guerre, avec sas, ce qui permettait de condamner les accès principaux en cas de siège. Ces travaux ont été réalisés vers 1914.

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Re: France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

Message par papepa le Sam 22 Nov 2014 - 2:28

Bonjour,

Sujet très intéressant , est ce que quelqu'un pourrait me dire si il est possible de visiter ce fort ?
Je fais partie de l'association du fort Ducrot , et visiter les autres fort sud de la ceinture pourrait être " éducatif " .

Merci

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Re: France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

Message par MJR le Sam 9 Avr 2016 - 8:04

CPIO a écrit:Richard,

Sujet très intéressant que l'histoire de la ceinture des forts de Strasbourg, tu as de sacré archives photos et sans doute une belle documentation.

Comme je le disais précédemment, le fort Ney a été un des "terrains de jeu" de l'équipe SAF du 33/32RG, que ça soit avec nos amis du CEC7 ou après sa dissolution. Les ayants tellement fait j'ai encore quelques souvenirs des pistes, des parcours évasion et des lieux. Il a même un stage PSIS de l'EPAT (encadré par par l'Adj/C Michel G...) qui est passé entre ces murs.

Le CEC7 a du occuper les lieux au tout début des années 70 et ce jusqu'en 1978. Puisqu'ensuite, pour accéder au fort, nous allions chercher les clés au bureau de garnison de Strasbourg.  
J'ai eu en son temps une autre info, par qui je ne sais plus, comme quoi le fort aurait été occupé par l'Armée de l'Air dans les années 50.
Le fort Ney était aussi à l'époque la réserve de pêche des Officiers.

J'ai également le souvenir d'une décoration particulière d'une des salles voutée qui se trouvait en extrémité de la grande circulation qui traversait le fort d'un bout à l'autre.
Déco "métro Parisien" des années 50. La déco de la salle correspondait à une station, et dans le couloir d'accès était peint une pub de l'époque que l'on voyait dans les tunnels: Dubo....Dubon....Dubonet c'était un apéro.  

Comme tu es très documenté, peut être as-tu quelque chose sur le fort Ampère. Il est à un peu plus d'un kilomètre de la, de l'autre coté de la route qui mène à la Wantzenau. Nous y sommes rentrés en douce et nous sommes posés des questions sur son utilisation au regard de son état d'entretien apparent. Au bureau de garnison nous n'avons obtenu aucune réponse, si ce n'est que c'était la réserve de pêche des Sous Officiers.

   


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Message par MJR le Sam 9 Avr 2016 - 8:11

Réponse à la question précédente : le fort Ney et le terrain d’exercice du « Beckenwoerth » sont situés sur un terrain militaire. L’accès est strictement interdit. Ce terrain est régulièrement utilisé par les unités de la région et par la police nationale. Par ailleurs, la douve est utilisée par une association de pêche et les terrains environnant par une association de chasse militaire.

Si vous souhaitez accéder à ce site, je vous conseille vivement de contacter le 2e régiment de hussards (Camp d’Oberhoffen, Haguenau) en charge de ce terrain.

Photographies prises en février 2014 par MJR.

Entrée de la poterne principale sous traverse en capitale

Cette entrée était initialement protégée par une grille, un pont-levis et une porte blindée à deux vantaux. Le cartouche du nom porte encore le nom du « General Fransecky », le nom allemand remis en place lors de l’installation du laboratoire nazi vers 1943. De part et d’autre on trouve le poste de garde et casemates permettant de défendre l’entrée à l’aide de créneau à fusil. Puis plus loin dans chaque aile, des latrines comportant initialement 4 box de 4 places et en face des urinoirs.

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Nous allons faire une petite balade sur les parapets d’artillerie, en partant du flanc gauche vers le flanc droit.


Parapets d’artillerie du flanc gauche



Traverse-abri n°1


Prévu initialement pour abriter les artilleurs servants les pièces de forteresse de 12 cm lisse, puis de 9 cm sur affût de forteresse, elle est finalement transformée en salle de piquet d’alerte après le retrait de la majorité des pièces d’artillerie suite à la crise dite de la « brisance » ou de « l’obus torpille » en 1887. L’entrée a été réduite et au niveau de la plate-forme on aperçoit encore une des niches à munitions d’artillerie. Ce type de niches étaient destinées à recevoir les obus et les gargousses pour la dotation d’alerte.

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Les IPN devant la traverse-abri sont les restes du parcours du risque installé vers les années 1960-1970.

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Parapets d’artillerie du front gauche



Traverse-abri n°2


Il s’agit d’une traverse-abri classique dotée d’un abri à l’épreuve des bombes, avec à gauche une niche à munitions et à droite, la partie supérieure du monte-charge à munitions, transformé en sortie d’un des parcours d’évasion. Sur le dessus, un autre vestige du parcours du risque, à priori un poste de départ de câbles qui traversaient la douve.
Devant la traverse-abri, un tronçon de l’ancienne cheminée du laboratoire nazi. Cette cheminée était reliée aux deux chambres à gaz où se déroulait les expérimentations relatives aux antidotes contre le gaz de combat phosgène. L’autre moitié de la cheminée est encore debout à droite de la traverse-abri.

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Ancien monte-charge à munitions transformé en parcours d’évasion

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A gauche de la traverse-abri, de nouveaux câbles ont été tendus avec une tyrolienne simple traversant la douve.

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Traverse-abri n°3



Traverse-abri avec une seule niche à munitions.

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Les garde-corps près de cette traverse-abri

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Traverse-abri n°4



Traverse-abri dotée de deux niches à munitions. Le rail incrusté dans la niche gauche est un reste du parcours du risque. La façade de la caserne située sous ce parapet était utilisée comme mur d’escalade ou de rappel. Elle est toujours utilisée à cette fin par les unités françaises et allemandes de la région.

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C’est dans cette traverse-abri que le 1er régiment du génie a installé vers 1935-39 une petite centrale électrique comportant deux groupes électrogènes. Sur le flanc de l’entrée l’insigne des électromécaniciens du 1er régiment du génie est toujours visible, mais il est malheureusement tagué.

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Emplacement des groupes électrogènes français installés dans la traverse-abri n°4. Entre les deux emplacements de groupes, un reste de tableau électrique.

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Dans la même traverse-abri, on trouve l’arrivée d’un monte-charge à munitions. Il ne reste plus que la poulie.

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Parapet du saillant du front de tête


Traverse-abri n°5



Nous sommes ici au centre de l’ouvrage, sur la capitale. Le rôle de cette traverse-abri était de permettre la sortie des troupes. Elle est reliée à un grand escalier qui descend jusqu’aux locaux du casernement. Ultérieurement, elle a été modernisée et protégé par une avancée à priori en béton. Le rail de voie de 60 est un reste d’un parcours du risque.

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A l’intérieur de la traverse-abri, ces impressionnants arcs en plein cintre successifs au-dessus de l’escalier menant au casernement.

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Emplacement des bancs d’un piquet d’alerte et dans la niche les entrées supérieures des conduits d’aération.

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Vue de l’accès latéral gauche

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La suite de la visite dans le prochain reportage.

A bientôt

Cordialement

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Dernière édition par MJR le Lun 9 Jan 2017 - 23:51, édité 1 fois

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France : Strasbourg : Fort Fransecky / Fort Ney (7)

Message par MJR le Mer 20 Avr 2016 - 7:37

Nous allons poursuivre notre visite en partant du centre de l’ouvrage, au saillant, en passant sur les parapets d’artillerie de la traverse-abri n°6 jusqu’à la traverse-abri n°8 sur le flanc droit de l’ouvrage.



Traverse-abri n°6



Traverse-abri enracinée avec deux niches à munitions.

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Intérieur de la traverse-abri et escalier reliant le casernement gauche.

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Traverse-abri n°8


Traverse-abri enracinée avec une niche à munitions.

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La traverse-abri n°8 et l’aile droite du casernement sous le front droit.

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Traverse-abri n°9



Traverse-abri du flanc gauche, transformée en salle de piquet d’alerte après 1887.

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Cour et casernement du front gauche



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Lors des travaux d’aménagement du laboratoire nazi en 1943, de grandes baies ont été aménagées sur chaque pièce en lieu et place des deux fenêtres d’origine. Cette aile abrite le laboratoire destiné aux essais en chambre à gaz, au niveau du 1er étage, et au rez-de-chaussée, une série de locaux pour les recherches et à priori, deux pièces destinées à recevoir les cages des animaux. La façade de ce casernement a été équipée pour les exercices d’escalade et de descentes en rappel.


Rez-de-chaussée du casernement du front gauche


Ces pièces comportent encore quelques restes de l’ancien laboratoire nazi.


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Les rainures installées sur les murs sont une énigme. Il s’agit peut-être d’un dispositif de fixation de cages. Les rigoles permettant de récupérer les déjections des animaux. D’après les témoignages ce sont des chats qui ont servis de cobaye avant les expérimentations humaines au camp du Struthof.

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Re: France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

Message par Clément le Ven 22 Avr 2016 - 4:47

Merci pour la visite. Vivement la suite!!

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France : Strasbourg : Fort Fransecky / Fort Ney (8)

Message par MJR le Sam 11 Fév 2017 - 7:39

Bonjour,

voici la suite, désolé j'ai mis un peu de temps pour rassembler ces informations, et il est fort probable que j'y apporte ultérieurement quelques corrections. Nous allons donc revenir à l'histoire du Fort Fransecky (actuel fort Ney), pendant la seconde guerre mondiale.

Le Fort Fransecky, actuel fort Ney, a joué un rôle peut connu pendant la seconde guerre mondiale. Nous avions déjà abordé succinctement son histoire particulière au début de ce sujet. J’ai pris le temps de revoir toutes les sources pour essayer de rédiger avec plus de détails, le rôle de ce fort en tant que laboratoire nazi au sein duquel on a mené des essais sur un antidote du gaz phosgène.


Le Fort Fransecky pendant l’occupation allemande (19 juin 1940 – 23 novembre 1944)


Abandon de l’ouvrage par les forces françaises et arrivée de l’armée allemande



Le 15 juin 1940 les troupes allemandes franchissent le Rhin et attaque dans le secteur de Schoenau, Marckolsheim et Neuf-Brisach. Dès le 16 juin 1940, le PC de la 103ème division d’infanterie de forteresse est à Mutzig et le LCL Le Mouel, commande à Strasbourg « la croûte » », c’est-à-dire les quelques équipages d’ouvrages restant à Strasbourg le long du Rhin, chargés de couvrir le repli de la division. La situation est relativement calme hormis quelques tirs sporadiques.

Le 17 juin 1944 les chefs de casemates sont priés de préparer le repli et le sabotage des matériels et des armes qu’ils ne peuvent emporter. Le 18 juin 1940, à 1h30 du matin, le LCL Le Mouel reçoit l’ordre de se replier immédiatement sur Mutzig. Les équipages des casemates et mes dernières troupes du 172e RIF et du 226e RI exécutent les ordres reçus la veille. A 5h30 le LCL Le Mouel et son état-major quittent le fort Ducrot. Au petit matin toutes les troupes françaises ont quitté Strasbourg.

L’armée allemande, qui ne s’en aperçoit pas immédiatement, entre à Strasbourg une journée après, sans combat, le matin du 19 juin 1940. A 12h30 le drapeau à croix gammée est hissé sur la cathédrale. Les forts détachés de la place reprennent leur dénomination d’origine. Le fort Ney est rebaptisé Fort Fransecky. Au cours des premières semaines, l’armée allemande fait revenir à Strasbourg un certain nombre de prisonniers français qui ont occupés les positions de défense face au Rhin. Ils les chargent de déminer et de retirer les pièges que les derniers défenseurs français avaient laissés sur place. Les nombreuses munitions abandonnées sont rassemblées dans certain forts et ouvrages de la place.

Nous n’avons que très peu de renseignements sur le devenir des ouvrages pendant cette période. Certains ouvrages deviennent des dépôts de munitions ou de carburant, d’autres grands forts serviront de camps de prisonniers provenant essentiellement du front Est et des Balkans.



Le laboratoire du Fort Fransecky (1943-1944) : généralités



Depuis que j’ai découvert les installations du laboratoire du fort Ney, j’ai toujours essayé de retrouver des informations à ce sujet ainsi que sur les activités des médecins nazis à Strasbourg, un sujet peu connu. Il y avait certes quelques ouvrages qui évoquent les activités des médecins nazi à Strasbourg et au camp de concentration du Struthof à Natzwiller, mais le laboratoire du fort Fransecky n’y est que rarement évoqué. J’ai consulté à la bibliothèque de garnison le volumineux ouvrage du Dr. François Bayle, Croix gammée contre caducée, publié en 1950, qui traite essentiellement du procès des médecins nazi à Nuremberg. Certes le procureur a essayé d’obtenir des informations sur le laboratoire du Fort Fransecky, et surtout il a essayé d’avoir des précisions pour savoir si les prisonniers russes avaient éventuellement servi de cobaye. Mais compte tenu que ces médecins risquaient la peine de mort, et que certains témoins avaient été menacés avant la libération, ils n’ont livré que très peu d’information. Par ailleurs, j’ai malheureusement constaté que la lecture de ce genre d’ouvrage relatant dans le détail les crimes des médecins nazis est relativement indigeste !

En juin 2008 j’ai visité la citadelle de Spandau près de Berlin où se trouvait dans la partie ouest, dans le bâtiment 6, les laboratoires de l’armée de terre allemande « Heeresgasschutzlaboratorium » pour la recherche sur la protection contre les gaz de combat et contre les armes chimiques. En effet, à partir de 1934, la citadelle de Spandau devient une zone protégée et fait l’objet de nombreux travaux de construction. Dans une centaine de pièces de laboratoire travaillaient environ 300 chercheurs et techniciens. On testait sur ce site les moyens de détection, de protection et de décontamination. Par ailleurs on y menait également des études concernant les nouveaux agents toxiques. On y a notamment développé les méthodes de fabrication des neurotoxiques comme le tabun et le sarin. Alors qu’à Charlottenburg on trouvait un centre d’études, c’est à la citadelle de Spandau que l’on procédait aux expériences. Cet organisme travaillait avec tous les centres de recherches nazi qui effectuaient des recherches dans ce domaine et avec l’industrie chimique comme IG Farben. Le laboratoire est finalement transféré à Munsterlager en 1944. Les alliées connaissaient les laboratoires de la citadelle et l’avait épargnée lors des bombardements. Lors de ma visite les locaux de cet ancien laboratoire du service de protection contre les gaz de combat n’étaient pas accessibles, mais quelques matériels sont exposés dans le musée.


Citadelle de Spandau, photos MJR juin 2008.

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Musée de la Citadelle de Spandau : quelques matériels de l’ancien laboratoire pour la recherche sur la protection contre les gaz de combat et contre les armes chimiques.

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Puis en octobre 2008, alors que j’étais affecté au 1er régiment du génie, on me demande d’accompagner le Dr. R. Toledano au fort Ney, dans le cadre de ses recherches. Lors de la visite des installations nous en profitons pour effectuer les mesures de la grande chambre à gaz, qui a un volume de 20 m3. Le Dr. Toledano m’a transmis quelques documents et quelques informations qu’il a recueilli sur le sujet, lors de ces travaux de recherche.

A l’époque, j’avais conclu un peu trop rapidement, que les expériences réalisées avec des animaux, soumis au gaz phosgène pour tester un antidote, qui ont été menés au laboratoire du Fort Fransecky, n’étaient qu’une petite phase préliminaire pour préparer les futures expériences réalisées dans la chambre à gaz du camp de concentration du Struthof. Toutefois, au fil des années, j’ai effectué un relevé des installations et j’ai constaté que se sont presque 90% des locaux du fort avaient été affectés à ce laboratoire. Réalisant l’ampleur des travaux qu’il a fallu faire au cours de l’année 1943, alors qu’il y avait déjà d’importantes pénuries, j’en conclu que le laboratoire ne devait vraisemblablement être disponible qu’à partir de la fin de l’année 1943 ou au début de 1944, ce que confirment certains auteurs.


Fort Fransecky – Fort Ney : caserne du front gauche, 1er étage : pièce n°108 : laboratoire de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photo MJR, janvier 2017.

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Même pièce, avec une vue détaillée de l’emplacement d’un système de ventilation, photo MJR, janvier 2017.

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Alors que désormais je dispose d’un peu plus de temps, je me suis replongé dans les différents ouvrages et documents, et notamment dans les dernières publications des historiens qui ont profité de l’ouverture des archives, notamment celles du procès des médecins qui s’est déroulé à Metz. Il s’avère qu’il fallait complètement revoir la chronologie de l’histoire du laboratoire du fort Ney. C’est surtout en relisant la publication « Nazisme, science et médecine », réalisée sous la direction de Christian Bonah aux éditions Glyphe, dont l’article de Florian Schmalz, « Otto Bickenbach et la recherche biomédicale sur les gaz de combat », qui m’a apporté un éclairage nouveau sur le sujet. Par ailleurs, l’ouvrage de Jean-Laurent Vonau « Profession bourreau », éditions La Nuée Bleue, 2013, qui détaille le déroulement des procès de Metz et de Lyon, apporte également un lot d’informations. J’ai complété cela avec quelques ouvrages allemands et américains et j’ai enfin pu faire une synthèse un peu plus concise, même si les informations concernant le fort Ney sont rares et doivent pour ainsi dire être extraites à la petite cuillère.

Voici une petite synthèse sur le laboratoire nazi du Fort Fransecky. Pour ceux qui souhaitent d’en connaître un peu plus, je vous invite à consulter les ouvrages que je viens de citer et de se rendre à l’ancien camp de concentration du Struthof, où une très intéressante exposition a été installée au sein du Centre européen du résistant déporté. Le site Internet du Struthof apporte également des informations intéressantes.


Le laboratoire du Fort Fransecky : essai de reconstitution de son histoire entre 1943 et 1944


L’histoire de ce laboratoire secret est complexe et peu connue. Après la seconde guerre mondiale, lors des procès des criminels nazis, les médecins mis en cause ont souvent niés les faits, ou minoré autant que possible leur responsabilité, ou même accusés les responsables qui ont échappés à la justice par le suicide, ou après les derniers procès, chargés ceux qui avaient déjà été condamnés et exécutés. Je vais essayer de reconstituer en quelques lignes les informations dont nous disposons grâce aux dernières publications sur le sujet et aux relevés effectués sur le site.


Caserne du front gauche, rez-de-chaussée : pièce n°10 : laboratoire de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photo MJR, janvier 2017.

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En 1943, (1942 pour certains auteurs) les autorités allemandes installent l’institut électrotechnique de l’armée de l’air « Elektrotechnisches-Institut der Luftwaffe » au Fort Fransecky.


Caserne du front gauche, rez-de-chaussée : pièce n°9 : laboratoire de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photo MJR, janvier 2017.

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Les travaux sont conséquents : sur la façade de chaque casemate des deux faces, les deux fenêtres sont agrandies en une grande baie vitrée. Par ailleurs, le mur de séparation intérieur de ces casemates est ouvert et doté de vaste lucarnes ou de vastes surfaces vitrées. C’est en suivant l’installation de chauffage central qui a été installé dans l’ouvrage, ainsi que les nombreuses gaines électriques parcourant l’ensemble des locaux, que l’on peut deviner l’ampleur des travaux. En prenant en compte ces aménagements, on peut en conclure que presque 90 % des locaux sont utilisés au profit de ce laboratoire. Je rappelle que ce fort à des ailes des faces longues de près de 120 m de chaque côté, avec un casernement réparti sur deux étages. Néanmoins on ne connaît pas beaucoup de détails au sujet de son fonctionnement.


Caserne du front gauche, rez-de-chaussée : pièce n°7 : laboratoire de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photo MJR, janvier 2017.

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En étudiant les installations, on peut déduire que l’aile gauche du casernement a été utilisé pour les expérimentations d’un antidote pour le gaz phosgène. Au niveau inférieur on trouve de nombreuses traces sur les murs des casemates et des rigoles bétonnées, vraisemblablement pour y fixer les cages des animaux servant aux expérimentations.


Caserne du front gauche, rez-de-chaussée : pièce n°8 : laboratoire de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photo MJR, janvier 2017.

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Caserne du front gauche, rez-de-chaussée : pièce n°6 : laboratoire de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photos MJR, janvier 2017.

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Au premier niveau, on trouve à chaque extrémité un sas de décontamination, et entre eux, des locaux équipés de tables de laboratoire et une pièce destinée aux expérimentations, munie de deux chambres à gaz, dont la plus grande a un volume de 20 m3, comme celle du camp de concentration du Struthof. Cette aile est surmontée d’une grande cheminée d'une hauteur de plus de 4 mètres permettant l’évacuation des gaz toxiques après les expériences. Au niveau de l’aile droite du casernement, le niveau supérieur est à nouveau équipé comme un laboratoire et le niveau inférieur est plutôt destiné à la logistique, puisqu’il comportait encore une cuisine d’époque.


Fort Fransecky – Fort Ney : caserne du front gauche, 1er étage : pièce n°105 : salle d’expérience de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photo MJR, janvier 2017 : les deux chambres à gaz, à gauche la petite et à droite la grande de 20 m3.

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Dans les locaux du 1er niveau de l’aile droite on trouve pas mal de traces d’équipement électrique, mais il est difficile de deviner à quel usage était destinée ces locaux. Les deux grands magasins à poudre situés sous les flancs ont également été utilisées, et celui de droite qui avait été aménagée en salle de spectacle et de cinéma par l’armée française en 1935-1940, servait d’après les témoignages à diffuser aux visiteurs du laboratoire, les films réalisés lors des expérimentations.

Enfin dans un local assez isolé du demi-bastion de gorge gauche, on trouve une grande table de dissection, et dans deux des locaux du couloir entre l’entrée et le casernement, on trouve les traces d’un poste de transformateur électrique.

Mais pour comprendre le rôle de ce laboratoire, il est nécessaire de jeter un bref coup d’œil à l’organisation de la recherche nazi à cette époque, et aux différents travaux des chercheurs issus de l’université allemande de Strasbourg.


Caserne du front gauche, rez-de-chaussée : pièce n°6 : laboratoire de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photos MJR, janvier 2017.

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Lors de l’évacuation de la population civile de Strasbourg en septembre 1939, l’université de Strasbourg a été transférée à Clermont-Ferrand.

Après la défaite française et l’annexion de fait de l’ancien territoire d’Alsace et de Lorraine, cette université refuse de revenir à Strasbourg. L’occupant installe alors la Reichsuniversität de Strasbourg, une université nazie.

Des chercheurs de la Reichsuniversität (j’utilise volontairement le terme allemand pour bien marquer la différence avec l’université française de Strasbourg restée à Clermont-Ferrand) vont développer des recherches qui aboutiront à des expérimentations sur des cobayes humains, au camp de concentration du Struthof, des crimes de guerre qui seront jugés après la seconde guerre mondiale.

Voici les trois principaux chercheurs :

Le SS-Hauptsturmführer Prof. Dr. August Hirt : il a effectué des recherches sur un antidote contre le gaz de combat ypérite. Il fera également assassiner de nombreux juifs, tsiganes et autres détenus pour réaliser des collections dans le cadre des études de Ahnenerbe (étude ayant pour but de démontrer la supériorité de la race aryenne), et effectuera des recherches sur la stérilisation ;

Professeur August Dr Hirt.

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Le Dr. Professeur Haagen, qui expérimente des vaccins contre le typhus sur des détenus du camp de concentration du Struthof et sur des prisonniers de guerre russes, dont une grande partie provient du camp de Mutzig ;

Le Dr. Prof. Otto Bickenbach : il réalisé des recherches concernant un antidote contre le gaz de combat phosgène ; après avoir effectué des recherches sur des animaux, il passe également aux expérimentations humaines et fera de nombreuses victimes ; il a notamment travaillé au laboratoire du Fort Fransecky.

Pr. Dr. Otto Bickenbach.

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Le 7 juillet 1942 Reichsführer SS, Heinrich Himmler donne l’ordre au directeur du SS Ahnenerbe Wolfram Sievers, de fonder l’Institut de recherches militaires appliquées « Institut für Wehrwissenschaftliche Zweckforschung » (I.w.Z). C’est dans le cadre de cet institut qu’est fondé à Strasbourg le département « H », nommé d’après son directeur le Dr. Prof. Hirt, directeur de l’institut d’anatomie de la Reichsuniversität de Strasbourg.

Wolfram Sievers

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En 1941 – 1942, Hirt mène des expériences sur l’effet des vitamines sur les blessures dues à l’ypérite. Ces expériences sur des cobayes humains au camp du Struthof feront de nombreuses victimes.

A priori, les travaux d’installation du laboratoire secret du Fort Fransecky auraient été réalisés en 1943 (1942 d’après un autre auteur). Florian Schmalz a publié une photographie des archives de la Luftwaffe où l’on aperçoit la façade de l’aile gauche du fort munie d’un échafaudage. A priori la photographie a été vraisemblablement prise en été, compte des feuillages présents sur les arbres. Les grandes baies de fenêtres sont déjà achevées mais les nouvelles fenêtres ne sont pas encore en place.

A bientôt pour la suite

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France : Strasbourg : Fort Fransecky / Fort Ney (9)

Message par MJR le Sam 11 Fév 2017 - 22:10

Le laboratoire du Fort Fransecky (1943-1944) : essai de reconstitution de son histoire (suite)


Le 17 mars 1943, I.w.Z invite des membres de la Reichsuniversität de Strasbourg à une conférence. Le Dr. Hirt fait une démonstration sur la microscopie à fluorescence et présente ses recherches. Le Dr. Bickenbach présente un film sur ses expériences avec le phosgène. Ce film permet à Otto Bickenbach d’obtenir le soutien du directeur du SS-Ahnenerbe, Wolfram Sievers, pour qu’il puisse continuer ses expériences en collaboration avec Hirt au camp du Struthof.

En avril 1943 Bickenbach reçoit un permis de travail pour accéder au camp de concentration du Struthof et apprend que la chambre à gaz du camp est en cours de construction. Il obtient une donnée essentielle pour préparer la concentration de gaz pour ces futures expérimentations, que la future chambre à gaz a un volume de 20 m3. Il est fort probable que c’est sur cette base qu’il fera ériger la grande chambre à gaz du Fort Fransecky avec une capacité identique de 20m3.

Natzwiller, camp de concentration du Struthof : le bâtiment dans lequel est installé la chambre à gaz du camp. Il s’agissait d’une ancienne dépendance de la ferme.

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Natzwiller, camp de concentration du Struthof : photos MJR, septembre 2015 : grande chambre à gaz de 20 m3.

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Fort Fransecky – Fort Ney : caserne du front gauche, 1er étage : pièce n°105 : salle d’expérience de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photo MJR, janvier 2017 : grande chambre à gaz de 20 m3.

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Bickenbach et Hirt mène trois séries d’expériences sur les gaz de combat sur des prisonniers du camp du Struthof. La première série commence en mai 1943. D’après les témoignages, il s’agirait d’une expérimentation qui consiste à étaler des gouttes d’ypérite sur les avant-bras de 15 prisonniers allemands. Trois prisonniers seraient décédés, d’autres après de terribles souffrance ont contracté des blessures invalidantes.

Une deuxième série d’expériences a été faite en juin 1943. Ce sont environ 90 à 150 prisonniers qui ont été exposés au gaz phosgène dans la chambre à gaz. Il y aurait eu entre 50 et 60 décès.

Suite à cette deuxième série d’expériences, Bickenbach obtient du Conseil de recherche du Reich dirigé par Richard Kuhn, un contrat de recherche intitulé « Etudes biologiques et physico-chimiques de protéines plasmatiques à propose des modes d’action des gaz de combat et des poisons bactériens ».


Fort Fransecky – Fort Ney : caserne du front gauche, 1er étage : pièce n°105 : extrémité du couloir près de la salle d’expérience de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photos MJR, janvier 2017.

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La troisième série d’expérimentation a été retardée suite à un différend entre Hirt et Bickenbach. De plus, Bickenbach réussi à intéresser à ses expériences Karl Brand, le commissaire du Reich pour le système de santé publique, ancien médecin d’Hitler. Hirt et Sievers interdisent alors l’accès au camp du Struthof à Bickenbach.

En février 1944, Bickenbach transfère une partie de son laboratoire de l’institut universitaire dans les installations secrètes du la Luftwaffe (armée de l’air) au Fort Fransecky. Ce site isolé dans la forêt de la Roberstau, dans une boucle de l’Ill, a pour avantage d’être plus discret et moins exposé aux attaques aériennes. En effet Strasbourg devient de plus en plus une cible occasionnelle pour les aviateurs alliés. Au court de ce transfert, il aurait également emmené le fameux microscope électronique, premier exemplaire de ce type construit par Siemens.


Fort Fransecky – Fort Ney : caserne du front gauche, 1er étage : pièce n°105 : salle d’expérience de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photos MJR, janvier 2017 : grande chambre à gaz de 20 m3. Le conduit en céramique orange que l’on aperçoit sur le mur du fond servait à l’évacuation du gaz en direction d’une grande cheminée installée juste au-dessus de cette salle d’expériences, sur l’ancien parapet d’artillerie.

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Le Dr. Bickenbach peut ainsi poursuivre ses recherches sur les gaz de combat avec le soutien de Karl Brandt. Il demande l’autorisation de pouvoir réaliser des expérimentions sur des cobayes humains au Fort Fransecky. Mais l’autorisation est refusée parce que le laboratoire militaire manque de discrétion et qu’il n’existe sur place aucun moyen médical. Il est vrai qu’au camp du Struthof, classé « Nuit et brouillard » la plupart des témoins directs sont appelés à disparaître, ce qui n’est pas le cas des personnels du laboratoire du Fort Fransecky. Le directeur de l’Ahnenerbe Wolfgang Sievers projetait de transférer également le centre de recherche de Hirt au Fort Fransecky.

Le 1er mars 1944 Bickenbach obtient un budget de 25 000 Reichsmark pour poursuivre ses recherches. Le même jour, Hitler nomme Karl Brandt au poste de commissaire général pour la guerre chimique.

Le 5 avril 1944 Karl Brandt et Bickenbach rencontre Hirt à Strasbourg pour qu’il mette fin à l’obstruction du SS-Ahnenerbe. Hirt demande donc la levée de l’interdiction d’accès au camp.

Dr Karl Brandt, commissaire du Reich pour le système de santé publique, ancien médecin d’Hitler, commissaire général pour la guerre chimique.

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France : Strasbourg : Fort Fransecky / Fort Ney (10)

Message par MJR le Sam 11 Fév 2017 - 22:25




Le laboratoire du Fort Fransecky (1943-1944) : essai de reconstitution de son histoire (suite)




En avril 1944, Bickenbach mène une expérience au phosgène sur lui-même au Fort Fransecky. Il se fait assister par ses assistants ; le Dr Helmuth Rühl qui mesure la concentration de phosgène et le Dr Fritz Letz, qui protégé par un masque à gaz, lui a fait plusieurs prises de sang pendant l’inhalation du phosgène.

Depuis janvier 1944, Helmuth Rühl est occupé à la construction des équipements de mesure. Il s’agissait de mesurer la concentration de phosgène dans l’atmosphère de la chambre à gaz ainsi que le taux d’humidité de l’air. Le calibrage des appareils réalisés au Fort Fransecky s’avère très compliqué. C’était un paramètre essentiel pour calculer la relation entre la dose létale, la concentration et le temps d’exposition.

C’est Wolfgang Wirth, chef du département de protection contre le gaz de l’inspection sanitaire de l’armée qui avait développé ce protocole de mesure. Il avait une acquis expérience pratique lors des travaux dans les chambres à gaz de la citadelle de Spandau.

Le Dr. Fritz Letz, est chargé d’examiner les différentes formes d’administration de l’urotropine et la vitesse d’absorptions du produit par le corps. D’après un témoignage du Dr. Rühl, le Dr. Bickenbach aurait réalisé toute une série de flexions, jusqu’à l’épuisement, dans la chambre à gaz et aurait poursuivi à l’extérieur par une course d’une demi-heure sur un terrain difficile.


Fort Fransecky – Fort Ney : caserne du front gauche, 1er étage : pièce n°105 : salle d’expérience de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photos MJR, janvier 2017 : grande chambre et petite à gaz. Les restes d’équipement électrique étaient vraisemblablement destinés à actionner les systèmes de ventilation.

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Le 1er mai 1944, Karl Brandt vient au Fort Fransecky. Bickenbach lui présente une expérience sur le phosgène menée sur des chats.

Puis Wolfgang Wirth vient également à Strasbourg pour voir le Dr. Rühl et mettre au point l’appareillage avant la dernière série d’essais qui sera réalisée au camp du Struthof.


Caserne du front gauche, rez-de-chaussée : pièce n°11 : entrée et cage d’escalier de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photos MJR, janvier 2017. Une table de laboratoire y a été déplacée après la seconde guerre mondiale.

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Dès le 14 juin 1944 les instruments de mesure sont installés dans la chambre à gaz du camp de concentration du Struthof. Le 15 juin 1944 débute la troisième et dernière série d’expériences au Struthof sur des détenus. Les Dr Rühl et Letz ont mis en place les équipements et Hirt et Bickenbach commencent les expérimentations qui se prolongent jusqu’au 8 août 1944, sur 40 prisonniers. Il s’agit de quelques prisonniers allemands et de tsiganes en provenant du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Les prisonniers arrivèrent 4 par 4, et le Dr Bickenbach augmente au fur et à mesure la dose de phosgène tout en diminuant la dose d’urotropine.

C’est Bickenbach lui-même qui emmène les détenus dans la chambre à gaz, et après avoir brisé les ampoules de gaz sur le sol, il ferme la porte et observe la scène. Cette procédure dure à chaque fois une demi-heure.

Willy Herzberg, un survivant de ces expérimentations a témoigné qu’il avait entendu un claquement sourd lorsqu’un poumon d’un détenu a éclaté, et il a vu une mousse rosâtre sortir par la bouche, le nez et les oreilles du prisonnier qui s’écroulait. Ce sont 4 prisonniers tsiganes qui meurent suite à ces expériences et de nombreux autres prisonniers soufrent d’œdèmes pulmonaires.


Caserne du front gauche, rez-de-chaussée : pièce n°12 : salle de laboratoire de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photo MJR, janvier 2017.

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Caserne du front gauche, rez-de-chaussée : pièce n°13 : salle de laboratoire de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photo MJR, janvier 2017.

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Dans un courrier adressé le 28 octobre 1944 à Sievers, le Dr Hirt demandait à Sievers de transférer également son institut de recherche au Fort Fransecky comme l’avait fait le Dr. Bickenbach, car sur place il y avait une aile de libre et le fort offrait une protection contre les bombardements. Bien que Himmler eût promis son appui à Hirt, et que Sievers se démenait pour trouver des moyens de transport, seul une partie des appareils de Hirt seront effectivement évacués à Tübingen.


Caserne du front gauche, rez-de-chaussée : pièce n°14 : salle de laboratoire de l’aile réservée aux essais d’un antidote du gaz phosgène, photo MJR, janvier 2017.

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A priori, le 23 novembre 1944, lors de la libération de Strasbourg, Bickenbach se trouvait encore au Fort Fransecky. C’est lors de la libération du camp du Struthof que les Américains commencent à découvrir l’ampleur des expérimentations réalisés par les médecins nazis et à collecter les pièces à charge pour un futur procès.


Fort Ney : demi-bastion de gorge gauche, destiné au flanquement de l’ouvrage. C’est dans cette aile un peu isolée du fort qu’est installée une grande table de dissection. Photos MJR février 2014.

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A bientôt pour la suite

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Re: France : Strasbourg 1872 – 1918 : Fort Fransecky / Fort Ney

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